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Un océan de projets pour l’économie bleue

Vendredi 2 Août 2019

Plus de 170 personnes ont assisté à la 3e Journée de la mer organisée par le cluster maritime de Nouvelle-Calédonie (CMNC). Une fréquentation croissante, à l’image du nombre de projets initiés par ce secteur et de l’intérêt que portent les Calédoniens au domaine maritime.





Longtemps considérée par la Nouvelle-Calédonie comme un facteur d’isolement, la mer s’appréhende aujourd’hui comme un outil de croissance, « un nouvel avenir pour la Nouvelle-Calédonie », selon la présidente de la province Sud, Sonia Backès. Une prise de conscience à laquelle a largement contribué le CMNC qui, depuis cinq ans, fait figure de porte-voix pour les acteurs de la mer. « Nos idées ont fait leur chemin. Aujourd’hui, nous sommes écoutés et reconnus », se félicite Lionel Loubersac, manager au sein du cluster depuis sa création.
La structure réunit aujourd’hui 80 membres issus de plus d’une vingtaine de secteurs d’activité liés à la mer. Elle est organisée en six commissions thématiques, travaillant chacune sur trois à cinq thèmes et en « groupes synergie » qui instruisent des projets précis. Ces sujets alimentent notamment les débats du rendez-vous annuel du CMNC, la Journée de la mer. Pour la troisième édition de cet événement, l’actualité est venue bousculer la table-ronde prévue sur l’un des sujets de la commission dédiée aux activités touristiques et nautiques : les superyachts.

Médiateur et accompagnateur de projets

À la question "Comment accompagner le développement de cette niche à fortes retombées économiques ?", de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer l’absence de cartographie des zones coutumières et d’interlocuteurs clairement identifiés, ainsi que le péril que ces dysfonctionnements font planer sur le fragile tourisme calédonien. Un débat animé à l’issue duquel le CMNC s’est proposé de se saisir du dossier. « Favoriser le dialogue et accompagner les projets économiques en lien avec la mer sont au cœur des missions du CMNC, explique son président Philippe Darrason. À ce titre, nous allons élaborer un plan d’actions qui proposera de cartographier les zones progressivement, en commençant par celles qui sont les plus fréquentées et les plus propices aux tensions. »
À titre de comparaison, l’accueil de superyachts a généré l’an dernier un chiffre d’affaires de 400 millions de francs en Nouvelle-Calédonie, contre 1,2 milliard en Polynésie française. « Un développement raisonné de cette activité est donc possible, mais il ne pourra se faire que dans la concertation », résume Philippe Darrason.

Indispensables infrastructures

Autre sujet phare du cluster : le développement des infrastructures portuaires, domaine dans lequel la Nouvelle-Calédonie affiche un réel retard. « Alors que la Papouasie-Nouvelle-Guinée et Fidji se sont équipées, la Calédonie est toujours dépourvue. Le Betico et les navires de la Marine doivent se rendre en Australie ou en Nouvelle-Zélande pour effectuer leurs carénages », regrette Emma Colombin, manager du cluster. Une manne financière qui échappe à la Calédonie, et que le CMNC aimerait rediriger vers l’économie locale, « à Numbo, par exemple, où une zone dédiée aux infrastructures d’entretien des grands navires pourrait être créée », poursuit Emma Colombin.
La création d’un terminal de GNL (gaz naturel liquéfié) pour alimenter la future centrale de Doniambo inspire aussi au cluster des idées de développement plus respectueuses de l’environnement. « Pourquoi ne pas brancher sur la centrale nos navires à quai, puis promouvoir des navires qui fonctionneraient au gaz, bien moins polluant que le fuel ? », lance Lionel Loubersac.

Le Port autonome, un atout majeur

« Si la Nouvelle-Calédonie est en retard en matière maritime, elle dispose néanmoins d’atouts, nuance Philippe Darrason. Notamment son Port autonome. Il est déjà le premier de l’outre-mer français et parmi les dix premiers de France en termes de volume, grâce à l’exportation de minerai. Mais il pourrait aisément progresser vers le haut de ce classement en devenant un port de redirection vers les autres pays du Pacifique. » Une idée partagée par le membre du gouvernement en charge de l’économie bleue, Christopher Gygès, qui a évoqué le statut de « port franc » lors de l’ouverture de la Journée de la mer. Au bénéfice de sa balance commerciale, la Calédonie pourrait alors exporter autre chose que du minerai et faire rimer le développement de son économie maritime avec celui de sa coopération régionale.

Le projet Territoire d’Innovation (TI)
La 3e Journée de la mer s’est refermée avec un point d’étape sur le programme TI* pour lequel le gouvernement a déposé son dossier de candidature le 26 avril 2019. Intitulé  "Comment faire de la préservation de la biodiversité calédonienne un moteur de croissance dans le Pacifique avec le Parc naturel de la mer de Corail comme vitrine", ce dossier réunit 18 projets portés par 15 acteurs, dont 11 privés et 8 membres du CMNC, pour une dotation d’un montant global de 8 milliards de francs.
Le dossier calédonien a été retenu pour un grand oral début juillet, à l’issue d’une première sélection des réponses écrites. Les lauréats seront annoncés par le Premier ministre en septembre. À noter que le dossier calédonien est le seul qui porte sur la mer et la biodiversité et aussi l’un des seuls émanant de l’outre-mer.

* Anciennement projet TIGA (Territoire innovant de grandes ambitions).
De nouveaux États généraux de la mer en 2020
Fortes de leur succès, les Journées de la mer prendront un nouvel essor l’année prochaine. « Nous organiserons des États généraux de la mer qui se tiendront sur deux jours avec une dimension régionale », indique le président du CMNC.

Source gouvernement



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