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Un maillot signé Minh Dack

Mercredi 5 Juin 2019

À la demande du Comité territorial, olympique et sportif (CTOS), le champion de karaté Minh Dack a dessiné le maillot que portera la délégation calédonienne lors des XVIes Jeux du Pacifique, à Apia (Samoa), du 7 au 20 juillet prochain. Un rêve qui se concrétise pour ce graphiste passionné de design, qui espère bien dans un an embrasser un autre rêve : le graal olympique.





Dessiner le nouveau plumage des Cagous pour les Jeux du Pacifique 2019 : la commande du CTOS est tombée en fin d’année dernière. « En 2016, j’avais fait le tee-shirt de l’équipe de karaté de Nouvelle-Calédonie avec des motifs de tatouages polynésiens. Il avait bien plu au comité. Certains athlètes le portaient aux mini-Jeux du Vanuatu en 2017. » Alors Minh Dack, passionné de design, s’y est collé, dix ans après une formation à l’école parisienne MJM Graphic Design où il apprit la maîtrise du logiciel Illustrator. « Ensuite, je me suis spécialisé dans l’impression sur supports textiles, mugs, casquettes… »
Depuis qu’il est rentré vivre à Nouméa, en 2017, Minh a pris une patente d’infographiste et s’est remis à la réalisation de tee-shirts, de casquettes, et même d’un short de surf. « J’aime bien créer, mais je ne suis pas un bon commercial ! » Désormais, il travaille à l’imprimerie administrative de la Nouvelle-Calédonie. Met en page des affiches, des livrets et autres rapports d’activité, esquisse des maquettes d’enveloppes ou de cartes de visite. « J’ai d’excellents collègues qui me forment et ça me plaît beaucoup. »

Les “guerriers du Pacifique”

Pour la conception de la tenue calédonienne, le cahier des charges ne présentait aucune contrainte spéciale. Sinon le logo du CTOS sur le cœur et l’inscription “NCL” au milieu du dos – Minh en a profité pour modifier la police de caractères au profit d’une typo style équipe universitaire américaine de basket. Côté innovations, il a changé le modèle et l’emplacement de la flèche faîtière. Il y a quatre ans à Port Moresby, le symbole kanak de la force et de la protection séparait au centre du maillot le gris et le rouge. Aujourd’hui, la flèche recouvre tout le côté droit du maillot, à cheval sur le devant et le derrière. « Et pour mieux faire ressortir les deux couleurs, j’ai suggéré de mettre du blanc en haut à gauche. Le CTOS a validé l’idée. Ça m’a vraiment fait plaisir. » Autre touche personnelle, les effets de peinture à l’intérieur du rouge et du gris. « Ils donnent un mouvement qui représente bien l’esprit du sport. »
Minh a toujours adoré les tatouages, mais sa famille – une maman wallisienne-kanak et un papa vietnamien-tongien – ne l’imaginait même pas ! Alors, à défaut de se décorer les bras, le dos ou l’épaule, il s’est “vengé” plus tard sur les tee-shirts et les casquettes. À Apia, les Cagous arboreront une flèche faîtière ornée de motifs de tatouages polynésiens : des pointes, qui symbolisent les dents de requin, et des lances. Un hommage à la communauté polynésienne du Caillou et un tee-shirt océanien tout à fait dans l’air du temps. « L’idée, c’est qu’on est des guerriers du Pacifique ! » Prêts à bousculer toute adversité.

Un parcours du combattant avant Tokyo 2020

Minh s’est enfin permis d’ajouter une petite île à l’arrière du maillot au-dessus de “NCL”. Il a proposé au CTOS deux concepts légèrement différents et les deux parties se sont vite entendues sur un modèle. « Lorsque j’avais vu le maillot de la délégation aux Jeux de 2015, je l’avais trouvé vraiment beau. Mon rêve, alors, était de voir un jour mon design porté par tous les sportifs calédoniens, mais je me demandais si je pourrais faire aussi bien ! J’ai beaucoup de chance d’avoir été choisi par le CTOS, alors qu’il existe de très bons artistes en Nouvelle-Calédonie. Je suis content d’avoir pu m’exprimer. »
Aux Jeux d’Apia, Minh ne s’exprimera pas sur un tatami, mais officiera au sein de l’équipe des encadrants du comité olympique et sportif. En attendant d’assouvir une autre ambition, le rêve olympique, à Tokyo l’année prochaine. Sa discipline y est accueillie pour la toute première fois. Comme la consécration d’une carrière bien remplie depuis sa première médaille de bronze aux championnats d’Europe juniors et cadets en 2002 en Allemagne. Il aura alors 37 ans. À l’imprimerie administrative, il bénéficie d’horaires aménagés – 25 heures par semaine – pour continuer à s’entraîner fort. La qualification passe par plusieurs tournois – Shanghai (ces jours-ci), Tokyo, Moscou, Paris… – et une ultime compétition, à Paris au mois de mai, offrant les trois dernières places pour Tokyo 2020. Un parcours du combattant, loin d’effrayer ce guerrier du Pacifique…

Liste des 322 athlètes calédoniens sélectionnés pour Samoa 2019 

Ses principaux titres

- Vice-champion du monde de kata en 2012 (Paris)
- Vice-champion d’Europe en 2013 (Budapest) et 2016 (Montpellier)
- 3e par équipe aux Championnats du monde et d’Europe 2014
- 8 fois champion de France entre 2001 et 2016
- 4 fois champion d’Océanie de 2016 à 2019
- 1er aux Jeux du Pacifique 2003, 2011 et 2015, 1er par équipe en 2015

Source gouvernement



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