Connectez-vous

Sonia Lagarde répond aux "Nouvelles" sur sa page facebook

Lundi 1 Décembre 2014

Je n'ai jamais donné d'exclusivité aux Nouvelles concernant ma démission de l'Assemblée nationale. Interrogée hier depuis Paris, voici, ci-dessous,le texte que je leur ai adressé en réponse à leurs questions. Cette décision m'appartient et j'en ferai part aux Calédoniens le moment venu, et certainement pas par le biais des Nouvelles contrairement à ce qui a pu être écrit.



Texte adressé aux Nouvelles calédoniennes :





"D’évidence, la question de ma démission de l’Assemblée nationale agite beaucoup le microcosme mais aussi au-delà, si j’en juge par le grand nombre de Nouméens qui connaissent mon engagement pour que la Nouvelle-Calédonie demeure une terre française, et qui me pressent de conserver ce mandat à l’heure où se pose la question de notre avenir institutionnel.
J’ai pris des engagements lors des élections municipales, j’en ai pris aussi, et non des moindres, lors des élections législatives. Lorsque vos concitoyens vous font l’honneur de vous désigner pour les représenter, il y a une seule ligne de conduite qui tienne, se montrer à la hauteur des attentes placées en vous et c’est dans cet esprit que j’ai depuis 2 ans et demi, exercé mon mandat de députée.
La réalité quelle est-elle ? A mon arrivée à l’Assemblée nationale, j’ai découvert combien la voix de la Nouvelle-Calédonie avait peu ou mal été portée à Paris lors de la précédente législature, j’ai été surprise de voir à quel point nombre de mes collègues députés, toutes tendances confondues, ignoraient de bonne foi la réalité des enjeux auxquels nous faisons face.
Un seul exemple, il est à la fois révélateur et symbolique, là où mon prédécesseur n’a posé en tout et pour tout que 6 questions au gouvernement en 5 ans, j’en ai posé près du double en seulement une demi-mandature. Mais il ne s’agit pas simplement d’interpeller le gouvernement dans l’hémicycle, il faut aussi savoir mettre le pied dans la porte des ministères et des administrations parisiennes pour contourner les points de blocages et faire changer les choses.
C’est précisément ce travail qui m’a récemment permis d’obtenir satisfaction sur la question des flash-ball dont je pourrai prochainement équiper les policiers municipaux de Nouméa, un dossier qui était jusque-là bloqué depuis des années, mais il y a aussi l’ouverture d’un centre éducatif fermé pour sortir les jeunes délinquants des spirales de la récidive, pour laquelle les discussions avancent, celle de l’encadrement des tarifs bancaires pour laquelle nous nous sommes battus avec Philippe Gomès, l’attitude de l’Etat lors de la polémique sur la révision de la liste électorale spéciale, ou encore l’égalité entre hommes et femmes, pour laquelle je me suis exprimée à de nombreuses reprises, et hier encore dans l’hémicycle à l’occasion du débat sur les 40 ans de la loi Veil, conformément en cela aux engagements que j’avais pris devant les Calédoniennes.
Française, la Nouvelle-Calédonie n’en est pas moins loin de la métropole, abolir la distance qui sépare les bureaux parisiens de la réalité du terrain n’est parfois pas une chose facile, mais c’est là que se situe la véritable mission du député. Désormais, nous sommes entrés dans une période qui est, chacun le sait, déterminante pour l’avenir du pays et la voix de la Nouvelle-Calédonie doit rester entendue à Paris, c’est indispensable, et là est aujourd’hui ma première préoccupation."

Florence Dhie



Archives du web