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Sécurité routière : la réflexion en action

Lundi 13 Août 2018

Un cycle de « Rencontres-Actions » de la sécurité routière a été lancé, jeudi 9 août, à la Communauté du Pacifique à Nouméa. Jusqu’au 13 septembre, tous les acteurs concernés mutualiseront leurs réflexions afin de définir le prochain plan triennal de sécurité routière, qui sera présenté aux élus du Congrès en fin d’année.



« C’est toute la communauté calédonienne de la sécurité routière qui se retrouve ici pour partager les expériences. » Dans la grande salle de conférence de la CPS, Cynthia Ligeard, membre du gouvernement chargée de la sécurité routière, a accueilli les nombreux participants à la première « Rencontre-Action » qui lance le travail d’élaboration du prochain plan de sécurité routière. Pouvoirs publics, associations, forces de l’ordre, experts internationaux… « Nous avons beaucoup à partager et à apprendre les uns des autres pendant cette journée. » Une journée qui se déclinera ensuite à Lifou, Dumbéa et Koné, pour une restitution en septembre, au centre culturel du Mont-Dore.

Une action partenariale

Cameron Diver, directeur général adjoint de la CPS, l’a rappelé en introduction : « La route est la cause principale de décès dans le Pacifique insulaire. » Et la Nouvelle-Calédonie en détient le triste record avec 21 décès pour 100 000 habitants en 2016. Matthieu Doligez, directeur de cabinet du haut-commissaire de la République, a relevé un taux plus frappant encore, pour la tranche d’âge des 18-24 ans, de 47 morts pour 100 000 habitants, contre 11 en France. « Je salue l’engagement pris par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie pour travailler à un nouveau plan d’actions », a déclaré Matthieu Doligez. « L’Etat est pleinement engagé » mais « seule une action partenariale permettra d’obtenir des résultats probants » pour « inverser la tendance mortifère ».
« Eliminer toutes les morts évitables »

Un des messages exprimés par chacun : la mortalité routière n’est pas une fatalité. « C’est bien sur la route que, chaque année, 50 de nos concitoyens trouvent la mort, a rappelé Cynthia Ligeard. Mais la principale cause est la consommation excessive d’alcool, avec deux facteurs aggravants, le non-port de la ceinture de sécurité et la vitesse excessive. Il s’agit de comportements inadaptés. Notre rôle est de chercher et mettre en œuvre des solutions en matière d’éducation, de prévention, de communication, de répression et de sanctions. » C’est tout l’objet de ces rencontres-actions, qui doivent aider à définir, de manière concertée, « des actions concrètes, réalisables, utiles et mesurables ». « Mon objectif est d’éliminer toutes les morts évitables », a résumé Cynthia Ligeard.

Une vision partagée

Trois experts internationaux sont venus partager leur expérience. « Je ne suis pas venue vous dire ‘voilà ce qu’il faut faire’, mais ‘voilà ce qui a marché et pas marché chez nous’ », a prévenu Lisa Rossiter, qui a participé en tant que conseillère principale à la rédaction de la stratégie nationale néo-zélandaise de sécurité routière et de son plan d’actions. « Le point de départ, c’est la volonté politique, et se doter d’une vision claire », a-t-elle insisté, comme ses deux confrères. Pour Robert Trottein, expert français qui a longtemps collaboré aux politiques de sécurité routière au niveau national, européen et international, président de la Fondation Laser international, « la vision, c’est une prise de position exprimée clairement par les autorités publiques, mais aussi coutumières, religieuses, économiques, médiatiques. C’est une vision partagée par l’ensemble de la communauté. » Et cette vision doit « sous-tendre toutes les activités mises en œuvre », a appuyé Eric Howard, expert australien en évaluation et renforcement des politiques publiques de sécurité routière. « Des outils existent pour faire évoluer les comportements. C’est une tâche colossale, mais on peut y arriver. Le nerf de la guerre, ce sont les gens, les approches sociétales. »

Un chemin tracé

Des ateliers de travail ont suivi, avec trois groupes-actions, devant réfléchir à dix mesures concrètes. A l’issue de la journée, la satisfaction était palpable. Les animateurs de chaque groupe ont fait état d’« énormément d’engagement » de la part des participants, d’« attentes fortes », d’une « envie de travailler ensemble », d’« émulation »… La restitution a mêlé de manière informelle les propositions de chaque groupe, dont une synthèse sera tirée pour servir de « chemin ».

Au terme de cette longue journée, où chacun a « mouillé sa chemise », les experts ont tous trois souligné « l’implication de tous ». « Gardez cette ambition ! », a encouragé Lisa Rossiter, conseillant de « se concentrer sur un petit nombre de priorités », pour plus d’efficacité.

Les prochaines Rencontres-Actions de la sécurité routière se tiendront à Lifou le 23 août, à Dumbéa le 30 août, à Koné le 6 septembre, pour une restitution des travaux au Mont-Dore le 13 septembre.

Source gouvernement



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