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S’engager dans les deux nouveaux référendums : Une impasse politique doublée d’une impasse économique

Vendredi 3 Mai 2019

Sonia BACKES a rappelé dans une conférence de presse ce matin son « projet » politique pour l’avenir du pays : « Il faut organiser les 2è et 3è référendums le plus rapidement possible (...) On aura les 18 élus pour déclencher le référendum ».
 Les deuxième et troisième référendums ne peuvent techniquement être organisés « vite, vite, vite »




Les deuxième et troisième référendums sont susceptibles d’être organisés dans des conditions précises, fixées par l’Accord de NOUMEA :
- Ils peuvent être demandés dans les six mois qui suivent le précédent référendum et pas avant.
- Ils doivent être organisés par l’Etat dans un délai maximum de 18 mois dès lors que la demande
lui en a été faite.
En conséquence, la demande pour un deuxième référendum ne pourra pas être effectuée tant que les institutions ne sont pas en place à la suite des élections du 12 mai. On peut légitimement considérer que quelques mois seront nécessaires au vu de l’expérience de la mandature écoulée (il n’y a pas eu de gouvernement durant 6 mois, du 31 décembre 2014 au 1er avril 2015, et du 31 aout 2017 au 1er décembre 2017).
Ensuite, les élections municipales se tiennent en mars 2020. On voit difficilement une campagne référendaire chevaucher une campagne municipale...
Enfin, un référendum ne s’organise pas comme un diner en ville : une procédure longue et rigoureuse de révision des listes électorales est nécessaire. Pas moins de trois listes doivent y être soumises : la liste électorale générale, la liste électorale provinciale, et enfin la liste électorale référendaire. Sans compter le temps requis pour l’établissement des listes des bureaux de vote délocalisés. Ce n’est que deux mois après cette procédure –au minimum- que le référendum peut se tenir.
Lors du référendum du 4 novembre 2018, cette procédure de révision avait nécessité neuf mois.
En conséquence, il résulte de ces rappels de base, que le deuxième référendum ne pourra être
organisé avant le dernier trimestre de l’année 2020.
Il en est de même en ce qui concerne le troisième référendum, qui ne pourra être demandé par le congrès que six mois après le précédent (fin du premier semestre 2021), et qui devra également permettre préalablement la révision des listes électorales.
Là aussi, il est peu probable que l’Etat considère opportun l’organisation d’un référendum en Nouvelle- Calédonie en même temps que les élections présidentielles et législatives...
En conséquence, le troisième référendum n’aura pas lieu avant... le second semestre 2022.
On notera d’ailleurs que l’Avenir en confiance dit un référendum « vite, vite, vite », mais se garde bien de faire le moindre pronostic en matière de date.
 Le deuxième et troisième référendums constituent une impasse politique
L’Accord de NOUMEA prévoit que les partis engagent le dialogue après le troisième « non » à
l’indépendance.
Inutile d’engager deux référendums supplémentaires en 2020 et 2022 pour avoir 2 « non » supplémentaires, qui n’apporteront rien et qui seront générateurs d’oppositions entre Calédoniens, et de tensions sociales et ethniques.
Au lieu d’entrer dans ce tunnel de confrontations entre nous, prenons l’initiative de renouer le dialogue avec les indépendantistes dès le lendemain des élections du 12 mai. C’est dans cette perspective que nous proposons de substituer aux deux référendums d’avenir opposé prévus par l’Accord de NOUMEA un seul référendum sur un avenir partagé par tous les Calédoniens, comme nous avons su le faire lors des Accords de Matignon et de NOUMEA.
C’est le chemin de la conciliation que nous proposons, au lieu du tunnel de la confrontation.
 Le deuxième et troisième référendums constituent une impasse économique
Par le climat de rapports de force entre Calédoniens qu’ils engendrent, par l’inquiétude qu’ils créent, par les incertitudes qu’ils font peser, ces deux référendums supplémentaires seraient désastreux pour notre activité économique. En pareilles circonstances, la réaction du corps social est toujours la même : la fuite des capitaux s’accélérera, les investissements des entreprises seront différés et la consommation des ménages sera en berne. Cette situation impactera lourdement à la fois la croissance économique et la création d’emplois.
***
Calédonie Ensemble est le seul mouvement politique non indépendantiste capable d’ouvrir les discussions avec les indépendantistes pour négocier une sortie de l’Accord dans la France et dans la paix. Notre capacité de dialogue, nous en avons déjà fait la preuve, hier, en signant la « Charte des valeurs calédoniennes » et le « Bilan politique partagé de l’Accord ». Nous en ferons la preuve demain en écrivant une nouvelle page de l’histoire de notre pays, comme ont su le faire en leur temps nos grands anciens.

Source Calédonie Ensemble



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