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Rétrospective Henri Crocq à la maison Higginson

Lundi 4 Mars 2019

"Itinéraire d’un peintre voyageur : du figuratif à l’abstraction"

La ville de Nouméa organise une rétrospective de l’œuvre de Henri CROCQ, pour mettre à l’honneur cet artiste du Pacifique, qui a peint l’Océanie durant plus de soixante ans et qui a fait de la recherche artistique une quête vers la liberté d’expression, de toutes les expressions.
Cette exposition est proposée en parallèle de la parution du livre consacré à Henri Crocq, Paysages intérieurs, édité sous la direction de Dominique Deberge.
L’exposition se déroule à la Maison Higginson du 22 février au 29 mai, du mercredi au samedi (vernissage le 21 février), avec des animations tout au long de cette période, illustrant le parcours d’Henri Crocq.



Itinéraire d’un peintre voyageur : la rétrospective d’un peintre en constante exploration

Henri Crocq, Paysages intérieurs :  livre de 96 pages en format 24x26 cm a entièrement été réalisé en Nouvelle Calédonie : il contient une centaine de clichés des oeuvres d’HC photographiées par David BECKER, la maquettiste est Cillia Darmizin , la mise en forme des textes est Anne Marie CALMY et l’impression  a été réalisée par ARTYPO. Ce livre est publié à compte d’auteur ….
Henri Crocq, Paysages intérieurs : livre de 96 pages en format 24x26 cm a entièrement été réalisé en Nouvelle Calédonie : il contient une centaine de clichés des oeuvres d’HC photographiées par David BECKER, la maquettiste est Cillia Darmizin , la mise en forme des textes est Anne Marie CALMY et l’impression a été réalisée par ARTYPO. Ce livre est publié à compte d’auteur ….
Après un travail de recherche et de collecte avec Dominique DEBERGE, l’objectif de cette exposition est de faire découvrir non seulement les œuvres de Henri CROCQ, mais aussi son parcours artistique et son évolution picturale, fortement liée à son parcours de vie. 

Henri CROCQ est en effet un peintre qui a voyagé à la fois géographiquement, mais aussi artistiquement.  Il est passé du figuratif à l’abstraction. De la Nouvelle-Calédonie au Lubéron. 

Comme il aime le dire, il ne s’est rien refusé. Au fil de ses pérégrinations, en Nouvelle-Calédonie, en Amérique latine, en Polynésie, il a essayé tous les techniques, les supports et les styles de peinture pour arriver à l’abstraction ou plus exactement à l’abstractisation* et à la liberté. Henri CROCQ est aussi un peintre "libre" qui ne s’est pas enfermé dans des carcans artistiques ni commerciaux, d’où l’importance dans son œuvre de ses toiles dites libres (sans cadre), puisant à l’image de l’artiste, leur force dans leur perpétuel mouvement. Pour Henri Crocq : "sans liberté, pas d’amour, pas d’art". 

Le propos de cette exposition et des animations présentées durant trois mois est donc de retracer ces parcours géographique et artistique et toutes les techniques utilisées par l’artiste : 
-    La Nouvelle-Calédonie, de 1957 à 1970, avec une peinture figurative faite de portraits et de paysages, qu’ils croquent au gré de ses pérégrinations. De cette période, on peut dire que de l’exploration d’une terre, naît l’art
-    L’Amérique Latine de 1970-1980 avec une peinture qui s’oriente vers les grands formats et l’abstraction. De son ennui en Amérique latine jaillit en effet l’abstraction.
-    Tahiti de 1980-1988 où il retrouve avec plaisir l’Océanie, plaisir qui fait foisonner son art et son style. C’est une période où se mêlent le figuratif et l’abstraction, avec de nouvelles techniques (toile libre ou toile froissée, inspirée des tapas) et les grands formats si caractéristiques des œuvres d’Henri CROCQ
-    La France (Henri CROCQ vit aujourd’hui dans le Lubéron) depuis 1988, avec la synthèse de toutes les styles et de tous les supports, avec la liberté et une aventure naît du geste.

Cette exposition comprend :
-    120 œuvres de Henri CROCQ représentant toutes ces périodes et tous les styles, œuvres prêtées par plusieurs collectionneurs et une œuvre du fonds d’art de la Ville de Nouméa. 
-    Des panneaux explicatifs : biographie, périodes, styles et techniques de peinture et les écrits et réflexions d’Henri CROCQ
-    Des vitrines avec des croquis, des écrits de CROCQ et des documents.
-    Film (interview de CROCQ)

Un programme d’animations pour comprendre ses parcours géographiques et artistiques
Durant toute la période d’exposition, plusieurs animations et médiations sont organisées pour faire découvrir les parcours artistiques et géographiques de Henri Crocq avec trois thèmes : Nouvelle-Calédonie, Amérique latine, Tahiti. Ces animations sont proposées avec le concours de Dominique Deberge et certains de ses amis comme Robert Casola (Henri Crocq âge de 93 ans ne pouvant pas se déplacer jusqu’en Nouvelle-Calédonie).

En s’appuyant sur les concepts qui ont été proposés en 2018 à la Maison Higginson et qui ont connu un vif succès, le programme des animations pour cette exposition reprend :
-    Les soirées Artpé à la Maison Higginson, à partir de 18 heures (1 par mois), rencontre avec Dominique Deberge, directeur de la publication de l’ouvrage consacré à Henri Crocq, autour de trois thèmes.  Ces rencontres sont traduites en langues des signes pour le public Sourd et malentendant.
-    Deux soirées à thème : poésie, musique et peinture
-    Les après-midis à la Maison Higginson de 14h à 18h : reprise du concept qui a très bien fonctionné pour l’exposition Femmes en or (une centaine de personnes par après-midi). Un après-midi par mois qui reprend le parcours géographie et artistique d’Henri Crocq

1er après-midi : la période en Nouvelle-Calédonie : le figuratif et l’aquarelle
    Atelier enfants : le portrait 
    Atelier adultes : le paysage et l’aquarelle 
    Ambiance assurée par un groupe de musique calédonienne
    Coin lecture (ouvrages concernant les thèmes évoqués)
    Rencontres avec Dominique DEBERGE

2ème après-midi : la période en Amérique Latine : l’abstraction et l’acrylique
    Atelier enfants : l’abstraction 
    Atelier adultes : les grands formats et l’acrylique 
    Ambiance assurée par Stéphane Fernandez et Gustavo autour de la musique d’Amérique latine
    Coin lecture (ouvrages concernant les thèmes)
    Rencontre avec Dominique DEBERGE

3ème après-midi : la période Tahiti : toiles libres et monotypes
    Atelier enfants : le papier froissé ou la toile froissée
    Atelier adultes : les monotypes 
    Ambiance assurée par un groupe tahitien
    Coin lecture (ouvrages concernant les thèmes)
    Rencontre avec Dominique DEBERGE

-    Des visites assurées par Dominique Deberge, dont des visites en Langues des signes
-    Des visites scolaires

 

​Biographie et chemin artistique

Henri Crocq un peintre libre, un besoin vital 

Si son grand désir est de demeurer « un amateur », il se défend d’être tombé dans l’amateurisme et s’en explique. Etre amateur, pour lui, c’est avant tout rester libre de ses créations, œuvrer selon le goût du moment et, accessoirement, refuser d’entrer dans une démarche « commerciale » qui bride la liberté de l’artiste. Seuls lui importent la découverte et, dans une certaine mesure, l’art pour l’art, l’art pour le plaisir, l’art pour le besoin de créer. Nullement carriériste, il a toujours peint par passion personnelle, ne se souciant ni de sa postérité, ni d’entrer dans le « monde de l’art professionnel ». 

Durant cette exposition ou à travers les lignes de l’ouvrage qui lui est consacré, comme le souligne Dominique Deberge : « Les amoureux de peinture et d’art en général, connaisseurs, collectionneurs ou non, mesureront l’authenticité de ce regard qu’il porte sur lui-même. Sa quête intime et les manifestations de son besoin de liberté seront une découverte, pour les uns, et un éclairage nouveau ou inédit sur l’homme qu’ils ont connu et l’artiste qu’ils ont côtoyé, pour d’autres. »

Né à Levallois-Perret en 1925, Henri CROCQ grandit en Bretagne, d’où son père est originaire. Dès sa prime jeunesse, à cinq ans, il dessine, peint, exécute des portraits. Pourtant, malgré cette passion, il ne choisit pas la voie des études artistiques. Il est auditeur libre des cours d’art à Rennes, mais poursuit des études littéraires qui le mènent au professorat. Henri Crocq précise que, autodidacte, il s’est toujours refusé à devenir un « professionnel » de la peinture. Quelles qu’aient été les étapes de son travail, de son inspiration, de ses gestes d’artiste, il a toujours, et c’est encore le cas aujourd’hui, fermement tenu à peindre pour le plaisir et par besoin vital et viscéral. Pour lui peindre, c’est « exprimer ce qui n’est pas dans l’aspect des choses. Il faut l’exprimer coûte que coûte, rêver en traversant un univers intérieur et inviter au rêve. Le bonheur est l’accès de la réalité au rêve. »

Observateur, sensible, curieux, sa vie est liée à la création, il est comme possédé par elle. Aujourd’hui à plus de 90 ans dans le Lubéron, seul le froid d’un atelier non chauffé pondère ses élans…  L’art : un besoin vital, une quête, que rien ne soulage. Point de trêve dans ses recherches, il avance, il trébuche, il repart, prend de nouveaux chemins. Authentique créateur contemporain dès ses premiers pas, il veut se frotter à ses pairs pour s’enrichir encore et encore, ou se perdre parfois. Il côtoie Soulages, se lie d’amitié avec Tatin d’Avesnières, Michon, Fay, Michoutouckine. Dans le cadre de l’Atelier des tropiques du musée Gauguin de Tahiti, il rencontre Yankel, Wirbel, Saint-Front, Hudertwasser, Kijno, etc. 

Tout au long de sa vie et de ses voyages, il a travaillé sans relâche pour explorer sans cesse les contours de l’art de son art. Il a essayé sans crainte en toute liberté. Jeune, il portraitisait : grand succès dont il n’a eu que faire. Le portrait l’intéressera toujours, toutefois il ne se contente pas de son incontestable talent. Il doit tout explorer, techniques, supports, textures, palettes…  Il travaillera gouache, huile, encre, sérigraphie, monotype, mosaïque et fresques murales ; peindra sur la toile, le jute, le bois, l’isorel et la toile froissée. Il est curieux de tout. Il veut tout essayer. Il s’essaye à tout, mais avec une rigueur d’artiste. C’est là, pour lui, le vrai «amateurisme». Et c’est ce qui fait sa particularité.

Henri Crocq, peintre du Pacifique 
De l’exploration géographique à l’exploration artistique 
En 1957, Crocq découvre le Pacifique. Professeur de lettres au lycée technique de Nouméa, il consacre son temps libre à la fois à l’exploration de cette terre, mais aussi à l’exploration de son art. La lumière et les couleurs l’enchantent. Ses œuvres calédoniennes sont tout d’abord inspirées par les paysages et les gens qu’il rencontre lors de ses nombreuses pérégrinations en brousse et dans le Sud. Il fait de nombreuses aquarelles et croquis représentant des paysages et des portraits. Ses toiles dépeignent alors l’exaltation qu’il éprouve à la découverte de cette terre nouvelle : paysages, végétation, plus particulièrement celle du Sud calédonien, chênes gomme, flore colorée, puissante. Pour lui, "l’âme d’un pays qu’on a regardé sincèrement répond un jour à votre approche. C’est le commencement de ce que l’on appelle : comprendre".

C’est le début de son exploration artistique fortement liée à la découverte de la Nouvelle-Calédonie, qui reste pour lui un souvenir intarissable. Il aime cette terre et aujourd’hui encore il s’inspire de ses nombreuses images de brousse et du sud calédonien. Les sentiers artistiques de son âme sont liés à ceux de la Nouvelle-Calédonie. C’est aussi là qu’il découvre au bout de ses pinceaux l’abstraction et la liberté, qu’il créé l’abstractisation*. Il se défait des détails pour que l’essentiel demeure, le rythme et la composition. Il n’hésite d’ailleurs pas à présenter lors des expositions à Nouméa, des œuvres qui ne sont pas entièrement achevées, car elles montrent le sens de ses recherches picturales. 
Si son art se fait plus synthétique, moins soucieux du détail, il n’abandonne pas pour autant les paysages calédoniens qu’il aime tant et qui le suivront durant tout son parcours artistique. Tout comme d’ailleurs ses amis peintres rencontrés en Nouvelle-Calédonie comme Robert Tatin d’Avesnières, Franck Fay…

Le passage à l’abstraction a permis à Henri CROCQ d’être aussi le «peintre aux grands formats» et à la toile libre. Influencé par l’art populaire des peintres d’Amérique latine qui s’exprime par de larges panneaux muraux dans les rues du Brésil et de l’Argentine, Henri Crocq, s’oriente vers les grandes réalisations murales avec un intérêt nettement décoratif. À Tahiti, ses tableaux en toile libre, de grandes dimensions, inspirés par les tapas polynésiens, lui donnent une satisfaction d’ordre gestuel. Le fait de peindre ses toiles à terre lui donne une impression de liberté et une rythmique qu’il ne peut avoir sur chevalet. Ce nouveau support et la dimension des toiles allant de 4 m2 carrées à 68 m2conditionnent sa technique de composition et d’application des couleurs, sa palette change, les gris et les noirs apparaissent, les couleurs sont franches, le rouge, le jaune subliment le noir. Comme il le souligne : « Le noir est aussi une couleur que je me dois de marier avec une couleur primaire forte. Un rouge à côté d’un aplat noir se met à vibrer, c’est magique ».

À Tahiti, il réalise en 1986 la plus grande toile jamais réalisée en Polynésie. L’oeuvre (6,5 m de haut et 10,5 m de large) sert de rideau de scène à l’Office territorial de l’action culturelle, l’OTAC. Pour réaliser ce tableau de 68m2, Henri Crocq a dû inventer un système d’enroulement de la toile, mais l’exploit réside dans le temps de réalisation, puisqu’il n’a fallu qu’un mois et demi de travail pour peindre cette toile. Lors des Vespérales au domaine Souviou dans le Var, en 1997, Henri Crocq peint d’immenses rouleaux de tissu, décorant soixante mètres de cimaise, en accompagnant les mouvements de la musique. 
La toile pour Henri Crocq devient plus qu’un support, mais elle-même l’objet décoratif. La perception du support pour Henri CROCQ fait ainsi partie intégrante de l’œuvre. Henri Crocq travaille ce matériau dans tous les sens et dans toutes les directions, il se met à froisser les toiles dans le but de lui donner un aspect de tapa, tout en préservant son identité picturale "la toile froissée comme support," précise Henri CROCQ, "rappelle le tapa, sur lequel j’aime à incorporer une nouvelle palette, mais surtout mes propres signes qui diffèrent, bien entendu, de ceux de l’art polynésien." De nombreuses toiles libres et toiles froissées sont exposées à la Maison Higginson.

Autre caractéristique artistique d’Henri Crocq, les monotypes. Il s’inspire de cette technique pratiquée par Gauguin, mais aussi par Picasso, Degas, Toulouse-Lautrec, Klee, Miró qui est un procédé d’impression sans gravure (en estampe) et qui produit un tirage unique. Henri Crocq a réalisé peu de monotypes, chaque réalisation ne donnant qu’un seul exemplaire. Les sujets de ces monotypes sont essentiellement des portraits de femmes et hommes tahitiens et mélanésiens. On peut aussi en découvrir lors de cette exposition.

INFOS PRATIQUES 
Maison Higginson
7 rue Sébastopol, Nouméa
Du 22 février au 29 mai Entrée libre et gratuite 
Du mercredi au vendredi de 12h à 18 h Le samedi de 14h à 18 h




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