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Réaction de Virginie Ruffenach du RUMP à la déclaration de Daniel Goa sur Océane FM

Jeudi 22 Août 2013

Extrait du Journal de la mi-journée ce Mercredi 14 Août sur Océane FM.
Journaliste : Nous avons le plaisir de recevoir Virginie Ruffenach, secrétaire générale adjointe du Rassemblement UMP. Bonjour.

Virginie Ruffenach : Bonjour.



Réaction de Virginie Ruffenach du RUMP à la déclaration de Daniel Goa sur Océane FM
Journaliste : Merci d'avoir accepté notre invitation. L'élection de Rock Wamytan à la présidence du Congrès, qu'en pensez-vous, c'est un échec pour le Rassemblement ?
 
Virginie Ruffenach : En tout cas, c'est l'irresponsabilité et le jusqu'au-boutisme de Calédonie Ensemble qui font que Rock Wamytan est aujourd'hui président du Congrès. Philippe Gomès porte la responsabilité de cette élection. Pourquoi ? Simon Loueckhote avait souhaité une réunion en invitant tous les partis non-indépendantistes du Congrès pour essayer de discuter, au moins discuter, d'une éventuelle candidature unique pour la présidence du Congrès pour les non-indépendantistes, candidature unique à laquelle nous aspirions au-delà de tout. Nous espérions vraiment cette candidature unique. Tous les partis loyalistes viennent à cette réunion, l'Avenir ensemble, le Rassemblement, le LMD, le MPC, enfin, je ne vais pas tous les citer, sauf Calédonie ensemble. Ils ne viennent pas à la réunion. Et nous, à cette réunion, on détermine un candidat unique, qui était Simon Loueckhote. Pourquoi Simon Loueckhote ? Ça n'est pas un candidat du Rassemblement, et nous, nous ne souhaitions pas qu'il y ait un candidat du Rassemblement parce que nous voulions donner toutes ses chances justement à cette candidature unique. Ça ne pouvait pas non plus être un candidat de Calédonie ensemble, avantage que présentait Simon Loueckhote. Ils ne viennent pas, ils maintiennent la candidature de Gérard Poadja. Nous arrivons à l'élection du Congrès, jeudi dernier, ils arrivent derrière en termes de voix, ils obtiennent 13 voix sur leur candidature. Nous, avec cette nouvelle union, cet "Engagement pour une Calédonie dans la France", qui regroupe les différents partis politiques non-indépendantistes du Congrès, nous arrivons à 17 voix, c'est-à-dire bien devant. Et là, que se passe-t-il ? Calédonie Ensemble renie la base-même du minimum vital en termes d'usage républicain en refusant de se désister alors qu'ils sont derrière, au profit du non-indépendantiste qui est placé devant, et de ce fait, que se passe-t-il au troisième tour ? Eh bien, Rock Wamytan est élu à la tête du Congrès. Moi, je pense qu'ils mettent à mal le camp non-indépendantiste avec de telles pratiques et de tels comportements, en voulant imposer leur candidat, celui de Calédonie ensemble. La finalité par rapport à votre question, qui est le bilan de cette élection. Est-ce que c'est une catastrophe ? Non, c'est pas une catastrophe, mais ça va au-delà et pose une question fondamentale : comment imaginer demain, quand nous serons dans des situations plus graves, qui nécessiteront de la responsabilité, parce que les enjeux seront plus grands face à notre avenir ? Comment imaginer composer avec de telles personnes qui feront toujours passer leur intérêt particulier avant l'intérêt des Calédoniens ? Et je vais élargir parce que vous savez, dans le passé, Calédonie ensemble, à plusieurs reprises, on n'a pas pu compter sur eux. Et il y a un exemple, dans le passé, qui est assez récent, qui est celui du corps électoral. Je vous le rappelle : en 2006, les indépendantistes souhaitent geler le corps électoral provincial calédonien. Contrairement à ce qui était prévu par l'Accord de Nouméa, ils ont le soutien de l'État pour le faire. Que faisons-nous, nous, le Rassemblement en Calédonie ? On se bat, on organise une manifestation. Notre président, qui à l'époque était député à l'Assemblée nationale, se bat contre sa propre majorité UMP pour que le gel du corps électoral ne passe pas. Ici, en Calédonie, on se retourne vers nos institutions et on demande à corps et à cri des débats au sein des institutions calédoniennes sur le corps électoral. Et là, on se retourne vers Philippe Gomès qui, à l'époque, était président de la province Sud. Il refuse le débat sur le corps électoral à la province Sud. On se retourne vers le gouvernement, c'était Marie-Noëlle Thémereau, la présidente du gouvernement, même parti que Philippe Gomès, et là, à nouveau, elle refuse le débat. Et donc, sans signal fort envoyé de la Nouvelle-Calédonie à Paris, en disant qu'on ne voulait pas du corps électoral, eh bien, en février 2007, le corps électoral est gelé avec toutes les conséquences que l'on sait, c'est-à-dire que les personnes arrivées après 98, c'est fini, elles ne feront jamais partie de ce corps électoral tant qu'on ne changera pas la donne, d'ailleurs c'est ce que nous souhaitons à la sortie de l'Accord de Nouméa. Tout ça pour vous dire que, quand la Nouvelle-Calédonie est dans un moment crucial, comme ce fut le cas par exemple pour le corps électoral, eh bien, Calédonie ensemble, son leader Philippe Gomès, ne sont pas à la hauteur et on ne peut pas compter sur eux. Aujourd'hui, ils divisent le camp non-indépendantiste, ils ne veulent pas être à la table avec les autres. Et finalement, comment va-t-on faire demain, divisés tels que nous le sommes, pour pouvoir engager, avec modération et responsabilité, des discussions qui sont indispensables sur l'avenir, pour pouvoir trouver avec nos adversaires, les indépendantistes, une solution acceptable pour tous les Calédoniens, c'est-à-dire une solution dans la France, puisque c'est ce que souhaite la majorité des Calédoniens, comment va-t-on faire ? Nous, cette solution, c'est évident qu'elle doit être dans la France, mais donc, ça nécessite de vraies discussions et notre président, à plusieurs reprises, Pierre Frogier, a dit que de toute façon, il n'y aurait pas de destin commun en dehors de la France. Donc, c'est une évidence. Finalement, Calédonie Ensemble porte toute la responsabilité de l'élection de Rock Wamytan. Mais le pire, c'est qu'ils essayent en plus de nous faire porter le chapeau. Et moi, je vais vous dire, ça va aller plus loin parce que Calédonie ensemble aujourd'hui a négocié la place de Philippe Gomès à la tête de la commission des affaires extérieures du Congrès, il a demandé à en être président. Ils sont en train, dans le dos des Calédoniens, avec les indépendantistes, de négocier la commission permanente et la présidence de la commission permanente, et vous verrez, ils (CE) vont faire en sorte, dans le dos des Calédoniens, d'essayer de négocier dans l'ombre avec les indépendantistes leur place à la commission permanente alors que, de manière démocratique, ils sont derrière en termes de voix, et donc, vous verrez, ça ira plus loin.
 
Journaliste : Une fois élu, Rock Wamytan a fait une déclaration consensuelle. Êtes-vous satisfaite ?
 
Virginie Ruffenach : En tous les cas, il est certain que ça change, de manière radicale, de la déclaration incendiaire qu'a faite Gérard Poadja à la même époque l'année dernière, lorsqu'il a été élu avec nos voix, puisque je vous rappelle que l'an passé, nous étions à nouveau devant, avec la candidature de Simon Loueckhote, et que pour remettre de la stabilité et de la sérénité dans les institutions, nous nous sommes désistés, donc Gérard Poadja a été élu. Et là, Gérard Poadja élu, ba-boum, on se prend tout de suite un discours extrêmement diviseur à nouveau, alors qu'on sortait d'une campagne extrêmement violente. Je vous rappelle, les mensonges proférés par Calédonie ensemble qui n'a eu de cesse, pendant toute la campagne des législatives, d'essayer faire croire aux Calédoniens que le Rassemblement préparait l'indépendance-association. D'ailleurs, si vous me permettez une petite parenthèse, je fais une dédicace particulière à Philippe Gomès : Philippe Gomès, arrêtez de jouer en permanence cette très mauvaise pièce de boulevard ringarde à laquelle on assiste. Plus personne en Calédonie, aujourd'hui, ne peut croire, même si vous le rabâchez, que le Rassemblement prépare une quelconque indépendance-association, parce que le Rassemblement, c'est le parti historique du combat contre toute forme d'indépendance. Et demain encore, nous serons le parti de la Calédonie dans la France. Philippe Gomès et Philippe Michel auront beau radoter mille fois ce mensonge, le disque est rayé, et je crois qu'il n'y a plus de Calédoniens aujourd'hui pour croire que le Rassemblement est pour une quelconque indépendance-association, ce n'est pas le cas. Je ferme ma dédicace. Pour revenir à votre question concernant la déclaration du nouveau président du Congrès, il a fait une déclaration qui était fédératrice, vous voyez, comme quoi, les indépendantistes peuvent le faire aussi, en appuyant, et moi, c'est ce que j'ai retenu de cette déclaration, sur l'importance de la démocratie en Nouvelle-Calédonie, en disant qu'il était là par le fait démocratique. Et vous savez, c'est très important, parce que dans les déclarations qui ont suivi, autant de Rock Wamytan, que d'autres leaders indépendantistes, on a bien compris qu'ils avaient accepté le fait démocratique en Nouvelle-Calédonie, en lieu et place du combat qu'ils ont mené, 25-30 ans en arrière. Et finalement, qu'est-ce qu'ils acceptent à travers cette démocratie ? Ils acceptent la réalité de la majorité électorale en Nouvelle-Calédonie. Or, cette majorité, ils acceptent qu'elle s'impose à tous. Or, cette majorité électorale, elle ne leur est pas favorable, puisqu'une majorité de Calédoniens veut rester dans la France. Tout ça, c'est très important pour nous, et il y a eu quand même beaucoup de chemin de parcouru, de ce point de vue-là, il faut vraiment l'avoir en tête. À notre avis, c'est vraiment fondamental pour l'avenir de nos enfants que les indépendantistes soient engagés sur ce chemin de la démocratie, sur le respect aussi de ce poids électoral des non-indépendantistes en Nouvelle-Calédonie.
 
Journaliste : Samedi dernier, le Rassemblement a proposé une convention économie pour muscler son programme qui doit être proposé aux Calédoniens. Quels en ont été les temps forts ?
 
Virginie Ruffenach : Ces conventions, c'est vraiment l'occasion, pour nous, d'un véritable travail avec la société civile, et notamment un certain nombre d'experts. Alors, sur la convention économique que vous venez de mentionner, il y avait évidemment des syndicats, le patronat, des chefs d'entreprise, des responsables de la formation, bref, tout le monde économique, et nous pensons, au Rassemblement, et c'est la démarche que nous engageons actuellement, qu'il y a une vraie nécessité en Nouvelle-Calédonie à mettre en œuvre une concertation pour que la société calédonienne avance en même temps, et que les choses se passent bien. Et c'est ce que nous faisons avec nos conventions, et d'ailleurs, sur le sujet de l'économie, nous, on pense que cette économie, c'est vraiment un pilier de l'avenir de la Nouvelle-Calédonie, et Pierre Frogier va solliciter, très prochainement, le ministre des outre-mer pour faire la proposition, qu'en marge du comité des signataires, il puisse se tenir une réunion spécifique, technique sur le sujet de l'économie, une réunion qui associe l'ensemble des partenaires sociaux, chefs d'entreprise et autres, évidemment, tous les acteurs du monde économique. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, la Nouvelle-Calédonie vit une période de ralentissement économique, après de nombreuses années de forte croissance, on a une crise internationale, on a un excédent d'offre du nickel sur le marché mondial, ce qui n'est pas très bon, forcément, pour nous. On a un contexte local qui est un peu morose, entre autres, dû à la fin de grands chantiers publics, l'aéroport, les jeux du Pacifique, et puis bien sûr…
 
Journaliste : Il reste le Médipôle
 
Virginie Ruffenach : Il reste le Médipôle à venir, et puis, il y a bien sûr les échéances électorales de 2014 qui crispent un petit peu toute notre économie. Pour la première fois, chose inédite, depuis très peu de temps, le secteur du BTP a vu son nombre de salariés diminuer. Or, c'est un secteur très porteur en termes d'emplois. Donc, plus particulièrement aujourd'hui, les politiques doivent être très à l'écoute de l'économie, ce sont les emplois des Calédoniens, le secteur privé, c'est 80 % des emplois des Calédoniens, et donc, nous devons absolument soutenir cette économie. Alors, si vous voulez, je peux peut-être rentrer dans le détail, un peu, des propositions qui ont émergé et des grandes lignes qu'on a retenues pour cette convention. On pense qu'il faut une économie forte et moderne, mais c'est pas si simple, dans un pays dans lequel aussi on a de fortes traditions. Ça s'oppose un peu, tout ça. Et pour cela, alors, évidemment, nous, on est favorables, notamment à la concurrence, mais on pense qu'il faut surtout pas administrer l'économie, en imposant des règles intenables et très rigides aux entreprises. Et c'est ce qui vient, pour nous, d'être fait, avec la loi antitrust de Calédonie ensemble, votée avec les voix des indépendantistes, qui met des freins très forts aux entreprises. Nous, on avait proposé une loi antitrust beaucoup plus modérée, beaucoup plus souple. Nous, ce qu'on souhaite, c'est une Silicone Valley, en Calédonie, on souhaite des entreprises novatrices, dans de nouvelles technologies, des pôles de compétitivité, et nous sommes aussi pour la préférence locale. Par exemple, on trouve inacceptable que le chantier du Médipôle ne fasse appel à quasiment aucune entreprise calédonienne. C'est pas possible ! C'est pas normal ! Les Calédoniens, pour pouvoir avoir des entreprises compétitives, ils doivent aussi être les acteurs de ces entreprises, donc, ils doivent être formés efficacement. Quel est le constat qui a été fait, lors de cette convention ? C'est que, actuellement…
 
Journaliste : Il y a un déficit de formation.
 
Virginie Ruffenach : Un très fort déficit, exactement. Quatre milliards par an sont consacrés à la formation, en Nouvelle-Calédonie. On a, tenez-vous bien, 296 organismes de formation pour 270 mille habitants. Je pense que là, on bat tous les records.
 
Journaliste : Il faut peut-être faire le ménage, non ?
 
Virginie Ruffenach : Exactement. Alors, nous, on pense vraiment proposer un programme révolutionnaire dans ce domaine, parce qu'on ne peut pas dire à nos jeunes Calédoniens : ben non, vous êtes formés, mais finalement, vos compétences, elles sont pas en adéquation avec les besoins du marché. Il faut que nos jeunes Calédoniens trouvent des emplois dans les entreprises qui participent à cette performance. Il y a un autre point qui a été souligné et qui est fondamental, dans cette convention économie, c'est qu'il y a une impérieuse nécessité, aujourd'hui, de gérer avec responsabilité les fonds publics. Certains politiques ne peuvent plus utiliser les caisses publiques comme s'il s'agissait de leur propre magot qu'ils dilapident à foison. Entre 2004 et 2009, sous la présidence de Philippe Gomès, la province Sud a vu ses dépenses, tenez-vous bien, passer de 31 à 51 milliards, 64 % d'augmentation des dépenses. Pierre Frogier, puis Cynthia Ligeard, ont mis trois ans pour pouvoir remettre les caisses à l'équilibre, à la tête de la province. C'est pas possible ! On peut plus gérer ça comme ça, même si on a des périodes fastes en Calédonie, il nous faut être extrêmement rigoureux de ce point de vue-là. Et, dernier point, en dehors du fait que pour avoir une prospérité économique, demain, il faut investir aujourd'hui dans des filières d'avenir, ça, c'est fondamental, évidemment les sujets de la sylviculture, de l'aquaculture, avec la crevette qui doit être l'image de marque aussi de la Nouvelle-Calédonie et qui a des points de force, en termes d'exportation. D'ailleurs, il y a un fort plan de relance sur l'aquaculture et la crevette en particulier, aujourd'hui, donc, on espère que ça aboutira. Au-delà de ça, une des questions majeures de cette convention économie a aussi été la question de la clé de répartition. Et je finirai là-dessus. Aujourd'hui, il y a une redistribution des recettes fiscales de la Nouvelle-Calédonie en direction des trois provinces. Cette redistribution, elle est particulière, elle a été voulue par les Accords, dans un esprit de rééquilibrage entre le Sud et le Nord, d'une part, et entre le Sud et les îles. Qu'est-ce qui se passe aujourd'hui concrètement, pour les auditeurs qui nous écoutent ? 50 % des recettes fiscales vont à la province Sud qui accueille pourtant 75 % de la population. 32 % des recettes fiscales vont à la province Nord qui accueille pourtant uniquement 18 % de notre population calédonienne, et puis enfin, 18 % des recettes fiscales vont à la province des Îles qui n'accueille que 7 % de la population calédonienne. Or, après 25 ans de rééquilibrage, que constate-t-on ? En 2012, il y a 17 milliards d'excédent dans les caisses de la province Nord, il y a 5 milliards d'excédent dans les caisses de la province des Îles, alors que la province Sud peine à boucler ses budgets. Ces excédents, rapportés par habitant, ça fait 377 mille francs par habitant, en province Nord, 287 mille francs par habitant, en province des Îles, et vous savez combien, en province Sud ? 11 mille francs par habitant, en province Sud. C'est plus tenable. Ces nouvelles populations qui sont installées en province Sud, puisque ça a augmenté, cette population du Sud, eh bien, il y a de nouveaux besoins en termes de santé, d'enseignement et, en plus, j'attire votre attention sur le fait que c'est au Sud qu'on a la population mélanésienne la plus importante. C'est le Sud qui l'accueille. Donc, ces populations, elles ne peuvent plus être pénalisées plus longtemps. Nous, on souhaite, dans le cadre de la sortie de l'Accord de Nouméa, rouvrir cette question et réactualiser l'outil clé de répartition, en fonction de nos besoins, parce que si on répartit différemment ces excédents budgétaires, il n'y a pas besoin de créer de nouveaux impôts pour les Calédoniens, et nous, on est contre la création de tout nouvel impôt pour les Calédoniens. Il suffit de faire une réactualisation et de mieux répartir les choses. Voilà, un petit peu pour cette convention économie.
 
Journaliste : Rappelez-nous les autres conventions à venir ?
 
Virginie Ruffenach : Très prochainement, le 24 août, samedi, à la maison de la jeunesse de Dumbéa, nous allons tenir notre convention sur "la citoyenneté et le destin commun des Calédoniens". Avec des interventions de professeurs de droits extérieurs, de différentes personnalités et il y aura vraiment un travail pédagogique qui sera fait sur la citoyenneté et puis, bien sûr, des échanges avec le public. Et j'invite vraiment le public à venir, ils sont ouverts à tous, quelles que soient les tendances politiques, c'est un moment de partage et d'échange sur ces sujets qui sont importants pour notre avenir. Donc, maison de la jeunesse, à 8 h 30, le 24 août. Et puis, vous savez, il y a notre grande consultation sur l'avenir que nous tenons toujours, le 20 août, mardi prochain, nous serons donc à Paita, au centre culturel de Paita, à 18 h. Et puis le mercredi 21, nous serons à l'Endroit, à la baie des Citrons, à 18 h aussi pour cette grande consultation, où, là aussi, nous associons les gens sur l'avenir, sur un questionnement qui amène à les faire réfléchir sur ce qu'ils souhaitent pour l'avenir de la Nouvelle-Calédonie.
 
Journaliste : Daniel Goa souhaite la création d'une assemblée constituante pour sortir de l'Accord de Nouméa, qu'en pensez-vous ?
 
Virginie Ruffenach : Alors, d'abord, qu'est-ce qu'une assemblée constituante ? Une assemblée constituante, c'est une institution collégiale qui a pour tâche la rédaction, ou l'adoption, d'une constitution, c'est-à-dire le texte fondamental d'organisation d'un pays. Premier constat, par rapport à cette définition de ce qui est une assemblée constituante, tout d'abord, nous ne sommes pas un pays, et nous, au Rassemblement, nous ne souhaitons pas le devenir, puisque nous souhaitons que la Calédonie reste dans la France. Mais, aujourd'hui, au-delà de ça, force est de constater que la Nouvelle-Calédonie, elle a des règles de fonctionnements qui sont bien spécifiques, avec des institutions particulières, les provinces, le Congrès, le gouvernement, et finalement qu'on a une loi organique qui régit le fonctionnement de ces institutions. Or, cette loi organique, elle a une valeur constitutionnelle. Pourquoi ? Parce qu'elle est garantie par la Constitution française. Ça, c'est un premier point par rapport au questionnement que vous me posez. Que faut-il, pour moi, retenir de la proposition de Daniel Goa ? Eh bien, je pense que, c'est que le président de l'UC souhaite que toutes les forces vives de la société civile et politique puissent se mettre autour d'une table pour aborder ensemble l'avenir et trouver une solution à proposer aux Calédoniens.
 
Journaliste : Ce qui est une première de la part du FLNKS, parce que, jusqu'à présent, ils (?) dans l'idée : indépendance, point.
 
Virginie Ruffenach : Absolument, et vous savez, c'est quand même une bonne avancée, parce que l'Accord de Nouméa, tel qu'il est prévu aujourd'hui, si on en reste à un référendum couperet, une fois qu'on aura trois fois dit non, eh bien, l'Accord de Nouméa, il prévoit qu'on revienne à la solution au départ, et quelle est la solution du départ, proposée ? Le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, c'est-à-dire, l'indépendance. Ça veut dire que si on n'arrive pas à se mettre d'accord, et je pense qu'il faut que les Calédoniens comprennent cela aussi, si on n'arrive pas à se mettre d'accord pour une solution commune, eh bien, nous, les non-indépendantistes, on sera peut-être lésés de cette affaire-là. Donc, pour nous, c'est important que les indépendantistes soient dans cette démarche de dialogue avec les autres. Ils ont reconnu le poids électoral que nous avions, ils savent qu'ils doivent composer avec cette réalité électorale, et donc, c'est très important. Moi, je retiens ça, le fait que finalement ils veuillent que tout le monde se mette autour de la table pour arriver à trouver une solution. Rien ne se fera, de tout façon, sans la validation, ou non, des Calédoniens, puisque c'est eux qui, au final, décideront. Ça, il faut que ce soit vraiment très clair. Pour nous, je vous rappelle que la solution, elle peut être que dans la France, je crois que les indépendantistes, eux, ils veulent que ce soit avec la France, bon, ben, voilà, il faut trouver des positions communes. Et puis il y a autre chose que je voudrais préciser, parce qu'aujourd'hui on est très attaqués, nous, le Rassemblement. Certains disent, oui, ils font la coalition avec certains indépendantistes, c'est presque un gros mot dans la bouche des gens, cette coalition. Or, aujourd'hui, que veulent les Calédoniens ? Je pense que les Calédoniens veulent de la part de leurs responsables politiques, qu'ils arrivent à trouver une solution de paix dans la France, parce que c'est ce que souhaite la majorité des Calédoniens. Et qu'ensuite, ils viennent devant les Calédoniens leur proposer comment faire pour trouver cette solution avec les indépendantistes, sans parler avec eux. Donc, on nous reproche de parler avec les indépendantistes, il faut surtout pas parler avec les indépendantistes, il faudrait rester à distance, comme s'ils étaient un peu des pestiférés. Alors, je sais pas qu'est-ce qu'on pourrait faire, le langage de morse, le langage de fumée ? Donc, moi, ce que je dois vous dire, c'est qu'évidemment, le Rassemblement a une culture de la discussion avec les indépendantistes, une culture de la discussion depuis plus de 30 ans, et qui ont conduit aux différents Accords, qui nous permettent, aujourd'hui, de vivre en paix dans la France. Et que cette culture de la discussion, il faut surtout pas la mettre de côté et il est pas question de discuter dans le dos des Calédoniens, il ne s'agit pas de cela…
 
Journaliste : Donc, discussions publiques, ouvertes et franches ?
 
Virginie Ruffenach : Absolument ! Discussions publiques, la modération, l'apaisement, parce que, finalement, il nous faut de la fraternité pour arriver à trouver cette solution en commun. Le geste de notre président, Pierre Frogier, c'est hisser les deux drapeaux, c'est un geste de fraternité pour montrer que ces deux légitimités, elles ne s'opposent plus, mais, elles cohabitent, et je pense que ce geste, il était, là, justement, pour pouvoir engager ces discussions sur l'avenir. Ça n'a rien changé dans la vie quotidienne des Calédoniens ces deux drapeaux, rien n'a changé dans la vie quotidienne, on n'est pas moins Français, aujourd'hui, que nous ne l'étions en 2010, avant la levées des deux drapeaux. Par contre, ce qui a, peut-être changé, c'est le regard, d'une part, des indépendantistes sur le drapeau bleu, blanc, rouge. Et certains indépendantistes l'ont dit, le maire d'Ouvéa a dit que lui, le drapeau bleu, blanc, rouge, il ne le voyait plus de la même façon. Et, d'ailleurs, ce drapeau, il est hissé sur sa commune à côté du drapeau kanak, comme sur de nombreuses communes indépendantistes, où il n'était pas hissé avant. Et puis, moi, pour finir, je dois vous dire qu'à titre personnel, je n'ai pas non plus le même regard sur le drapeau kanak aujourd'hui. Je ne vois plus en lui le symbole des événements et de la violence. Et peut-être que cette reconnaissance, ce regard que nous portons, les uns sur les autres, eh bien, c'était peut-être essentiel pour construire ce que l'on veut faire. Ces deux drapeaux, pour moi, ils sont la garantie l'un de l'autre, et est-ce qu'ils ne nous permettront pas, demain, c'est une question que je vous pose, et que je pose à vos auditeurs, est-ce qu'ils ne nous permettront pas, demain, de trouver cette solution de paix dans la France, à laquelle aspire la majorité de nos concitoyens ? Eh bien, moi, je crois que, finalement, dans leur grande sagesse, les Calédoniens souhaitent cette solution et que tous ces gestes symboliques-là, ils n'ont uniquement pour objectif que d'arriver à cela.
 
Journaliste : On va se quitter sur ces mots, merci Virginie Ruffenach.

Source Oceane FM



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