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Priorité à l’agriculture bio

Vendredi 29 Mars 2019

Organisé par la Chambre d’agriculture de Nouvelle-Calédonie avec le partenariat du gouvernement, le forum Agrinnov a réuni institutions, agriculteurs et consommateurs, le 21 mars à Nouméa, puis du 25 au 27 mars à La Foa. Premières conclusions, la plupart des agriculteurs calédoniens sont prêts à grimper dans le wagon du bio.





Agrinnov a débuté par une phase de diagnostic, à Nouméa, destinée à dresser un état des lieux de la protection durable des cultures et du développement du bio. « L’agriculture calédonienne a démontré qu’elle avait su évoluer en prenant en compte les besoins des consommateurs et la protection de l’environnement, notamment en divisant par quatre les quantités de produits phytosanitaires importés sur les quinze dernières années », s’est réjoui Nicolas Metzdorf, en charge du secteur au gouvernement.

Quatre jours plus tard, le forum s’installait au centre socio-culturel de La Foa. Au menu, des ateliers de concertation portant sur dix thématiques, qui ont rassemblé les 25 et 26 mars une large diversité d’acteurs : professionnels, représentants des institutions – dont la Davar pour le gouvernement –, du secteur de la santé, de l’environnement, des consommateurs… et experts en provenance d’Europe et de Polynésie française. Les organisateurs attendaient quelque 300 personnes. Ils en ont accueilli près de 800 !

Vers la transition agro-écologique

 « Ce qui ressort de ces deux journées de réflexion, c’est en premier lieu que les agriculteurs se sont vraiment approprié le sujet, poursuit Nicolas Metzdorf. Une telle mobilisation reflète aussi une prise de conscience, l’amorce d’un virage vers la transition agro-écologique, avec une agriculture plus raisonnée, plus regardante vis-à-vis de l’impact environnemental, qui essaie de mettre en place des mesures alternatives au tout-chimique ».

Qu’ils soient bio, responsables ou conventionnels, les agriculteurs ont tous les mêmes contraintes de terrain. Le forum aura permis d’afficher une volonté commune d’identifier ensemble les solutions les plus appropriées, mais aussi de bénéficier de plus de conseils techniques et d’accompagnement, et d’être davantage associés aux programmes de recherche, parfois déconnectés des réalités de terrain et des préoccupations.

Si le bio traduit une éthique, il répond également à des techniques et nécessite des moyens qu’il faudra lui accorder si demain la Calédonie entend faire du volume et développer une filière rentable et viable. Cela passe par la mise en place d’outils : un centre de production de semences biologiques, des filières de production d’intrants (engrais, fertilisants, amendements) afin de ne pas dépendre des importations et de règles de biosécurité représentant une forte contrainte, ou encore une quarantaine végétale.

Commercialisation, aides et gouvernance

Le forum a aussi permis de confirmer le gros potentiel de la filière “bovins” bio et de poursuivre la réflexion au niveau de la commercialisation – vers une sorte d’Ocef pour produits bio ? En matière d’aides, les acteurs s’accordent à privilégier celles en faveur de la transition (aides indirectes en conseils techniques, formation des professionnels et techniciens, aides à la recherche expérimentale…) et conditionnées à la mise en place de bonnes pratiques, plutôt que les traditionnelles aides directes à la production.

Enfin, Agrinnov a pointé les compétences éclatées et l’absence de réelle gouvernance pour assurer aujourd’hui le développement d’une filière. Rédigé par les experts, avec les élus et les techniciens consulaires, un Livre blanc doit conduire à une feuille de route qui pourrait être coordonnée par la Chambre d’agriculture, en étroite collaboration avec le gouvernement. Pour que les agriculteurs calédoniens tracent côte à côte leur chemin le long du sillon bio.

La Calédonie en retard

Le marché du bio est apparu dans les années 1980 en Nouvelle-Zélande. Aujourd’hui, l’Australie constitue le leader mondial des surfaces cultivées en agriculture biologique, avec une croissance annuelle du bio de plus de 15 %. En Métropole, le secteur a enregistré une progression de 82 % entre 2011 et 2016, et 9 Français sur 10 en consomment régulièrement. En Nouvelle-Calédonie en revanche, la production bio plafonne à moins d’1 % de la production locale marchande. « Je suis préoccupé par le retard considérable que nous avons pris, a indiqué Nicolas Metzdorf en ouverture du forum. Que ce soit clair, le développement de l’agriculture biologique n’est pas une option, mais une impérieuse nécessité qui s’impose à la Nouvelle-Calédonie comme au reste du monde. Le marché calédonien est prêt, les consommateurs attendent, et nous n’avons presque rien fait. […] Comment notre pays, l’un des plus grands hot spots mondiaux en termes de biodiversité, qui possède des récifs inscrits au patrimoine mondial de l’humanité, qui couvre déjà plus de 50 % de ses besoins énergétiques en énergies renouvelables […], peut-il accumuler tant de retard en matière d’agriculture biologique ? ». La mobilisation générale entrevue à La Foa l’aura un peu rassuré…

Source gouvernement



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