Connectez-vous

Philippe Germain Président : Le Billet Amer de Pierre Maresca

Jeudi 2 Avril 2015

Plus de 100 jours de crise gouvernementale et à la sortie, une solution qui génère plus de problèmes qu’elle n’en résout.

Vouloir remettre en marche l’Exécutif pouvait sembler un objectif louable mais à quel prix ? Car au-delà du fonctionnement des institutions, gêné mais non bloqué par l’absence de Président, les conséquences politiques de cet accord improbable risquent d’être, dans les deux camps, incalculables.



Philippe Germain Président : Le Billet Amer de Pierre Maresca


La fracture entre Palika et UC et à l’intérieur même de l’Union Calédonienne, latente depuis des années, s’étale au grand jour, ceux du Nord, proches de Neaoutyine, ayant en la circonstance mystifié ceux du Sud. Les luttes internes qui opposent dans cette province, les responsables de l’UC, Daniel Goa, le Président d’une part et Gilbert Tyuienon, maire de Canala et membre du gouvernement d’autre part, sont connues. Elles constituent une des clés de ce coup, organisé sans concertation entre les tendances et sans l’aval du bureau politique. La suite risque d’être agitée au sein de la mouvance indépendantiste.

Côté loyaliste, les dégâts sont encore plus considérables. Cette issue marque sans doute et jusqu’à la fin de la mandature en 2019, la rupture irrémédiable de ce que les électeurs des trois mouvements anti-indépendantistes majoritaires appelaient de leurs vœux unanimes : cette fameuse union sacrée, qui a semblé prendre corps avec la signature de Contrat de Gouvernance Solidaire (CGS) tout de suite après le scrutin de mai 2014, partageant les responsabilités institutionnelles entre les trois formations. La déception sera d’autant plus grande que malgré les aléas de la conjoncture, un espoir s’était fait jour avec le front commun constitué contre les radiations d’électeurs loyalistes initiées par le FLNKS et contre le gouvernement socialiste sur les dispositions tendancieuses des modifications de la loi organique et sur les modalités du décret relatif à la vente et à la détention d’armes. Tout cela a littéralement volé en éclat, avec l’élection de Philippe Germain à la présidence par les voix du FLNKS.

Cet événement qui marque un tournant radical certain dans la vie politique calédonienne soulève de nombreuses questions qui s’éclaireront au fil du temps. L’implication du pouvoir socialiste dans le processus ne fait de doute pour personne d’où cette interrogation essentielle : quelle est aujourd’hui la vision de l’Etat, partenaire des Accords, sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie ? S’agissant d’un territoire de la République, il ne pourra longtemps se dérober derrière un rôle d’arbitre qu’il exerce de manière chaque jour un peu plus partisane.

Ce règlement bancal précipité coïncide trop par ailleurs avec la situation désastreuse que connait la province Nord dans la gestion de sa politique industrielle. Ceci peut-il expliquer cela ? Les options prises dans les prochains jours le révéleront rapidement.

L’Aigre Doux

FLG/PM



Archives du web