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Pass pour la réussite, un soutien 100 % province Sud

Vendredi 7 Août 2015

Avec 130 accompagnateurs sur le terrain de Bourail à l’île des Pins, ce sont près de 1 000 élèves qui, du primaire au secondaire, sont individuellement poussés vers la réussite scolaire une heure chaque jour après les cours. Financée par la province Sud depuis 2006, l’association Pass pour la réussite soutient la scolarité de plus de 3 000 enfants par le biais de ses différentes missions.



Pass pour la réussite, un soutien 100 % province Sud

C’est sur proposition des parents ou des enseignants que l’association Pass pour la réussite inscrit l’élève pour une heure de travail chaque jour à la sortie des cours. A Nouméa et dans l’agglomération, c’est dans l’établissement scolaire (primaire public) que l’accompagnateur intervient. Mais dans l’Intérieur, de Bourail jusqu’à l’île des Pins, les enfants sont suivis au plus près de leur domicile, qu’ils soient inscrits en primaire ou au collège, dans le privé comme dans le public. C’est souvent la Maison commune du quartier ou de la tribu qui permet la tenue de ses rendez-vous éducatifs, parfois même le domicile de l’accompagnateur. C’est inclut dans son contrat, un CDI intermittent valable de mars à novembre chaque année.

De meilleures conditions de suivi en Brousse
Ils sont 130 à mailler tout le territoire provincial (sauf à Poya). Ils sont encadrés par une quinzaine d’agents, qu’on appelle les « permanents » pour les distinguer des « intermittents », qui assurent le contrôle et le suivi des séances. Les agents sont des PPIC mis à disposition par la province Sud, en contrat pour 3 ans. « Les agents ne chôment pas, et je leur tire mon chapeau. Ils ont chacun en charge un secteur géographique sur lequel ils interviennent chaque après-midi pour s’assurer du bon déroulement des interventions des accompagnateurs, précise Jean-Pierre Dennemond, le directeur de l’association, en marge de la journée de rassemblement de la centaine d’intervenants de l’association, le 5 août au centre culturel de Boulouparis. Ils font un travail formidable et souvent, après cette expérience très complète qui les rend largement autonomes, ils trouvent facilement un emploi pérenne. »

Des nouveautés depuis l’an dernier
Démarrée sur sa propre initiative à Bourail en 2003, Jean-Pierre Dennemond crée l’association Pass pour la réussite en 2006. Mi 2014, à l’occasion du renouvellement du bureau, c’est André Martin qui prend la présidence du conseil d’administration, avec un nouveau mot d’ordre : « L’accompagnement scolaire permettait de suivre plus de 1 000 élèves chaque année, mais avec des groupes de près de 15 enfants chaque après-midi. Depuis cette année, nous privilégions la qualité en limitant le groupe d’élèves à 10. A ce jour, nous sommes à 850 élèves accompagnés, avec des retours très positifs de la part des accompagnateurs », précise André Martin.

Pour former ces derniers, une journée de rassemblement a été instaurée l’an dernier. Une journée pour mettre une tête sur tous les intervenants éparpillés à longueur d’année aux quatre coins de la province, une occasion d’échanger entre collègues mais également un moment pour se former à la pédagogie. Une formation de haut vol,  théorique le matin, et pratique l’après-midi, assurée ce 5 août par Wapon Cawidrone, formateur à l’ESPE (ex IUFM).

« Rien n’est fixé d’avance, l’intelligence scolaire s’inculque à tout moment »
Ce pédagogue est revenu sur les fondements de l’accompagnement à la scolarité. « Comment mieux accompagner l’élève est le but de l’accompagnement scolaire. Accompagner veut dire comment faire avec lui, l’apprentissage n’est valable que si l’élève a envie. Il faut travailler sur le cadre de l’apprentissage  pour lui donner l’appétit ; un cadre affectif, dynamique, sécurisant, encourageant, explique Wapon Cawidrone en introduction. Le maître-formateur donnera ainsi quelques pistes pour comprendre l’enfant en situation d’apprentissage, en rappelant ce premier postulat : l’enfant océanien n’est pas différents des autres, il lui faut comme tous les enfants du monde des parents aidants et aimants qui tiennent compte de ses prédispositions pour développer ses 4 potentialités : biologiques, affectives, intellectuelles et socio-culturelles.

« Les activités d’aide ne doivent pas privilégier les savoirs mais doivent dépasser le cadre des disciplines scolaires, voilà l’apport de l’accompagnateur », a répété Wapon Cawidrone en concluant sa présentation face à son auditoire de 100 accompagnateurs scolaires. Outre 4 jeunes hommes et un enseignant retraité, ce public attentif était constitué de jeunes femmes qu’on imagine déjà mamans et directement concernées par les conseils du jour.

De jeunes intervenants pleinement engagés
« La mission de l’accompagnateur pallie au rôle non assumé des parents à la maison, explique Peva Papara le coordonnateur général de l’association, qui assure la direction opérationnelle de tous les intervenants de Pass pour la réussite. Lui-même accompagnateur en 2010, il est recruté comme agent PPIC en 2011 et comme permanent depuis 2012. « Déjà impliqué dans le tutorat d’élèves à Tahiti, je me suis manifesté auprès de Pass pour la réussite dès que j’en ai entendu parler en arrivant ici. Un tel dispositif d’aide, et gratuit en plus !, cela n’existe pas chez moi, moi qui petit, sans aucune aide à la maison, en aurait tant eu besoin. Alors je mets mon expérience de vie au service des autres aujourd’hui, » témoigne-t-il pour expliquer son engagement.




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