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"On ne peut pas continuer comme ça à la SLN "indique la PDG d'Eramet

Vendredi 22 Février 2019

Le Conseil d’administration d’Eramet, réuni le 20 février 2019 sous la présidence de Christel BORIES, a arrêté les comptes de l’exercice 2018 qui seront soumis à l’Assemblée Générale du 23 mai 2019.

PARIS (Reuters) - Eramet a publié mercredi des résultats 2018 freinés par des difficultés de production dans le nickel et par sa branche alliages et a souligné que la nécessité de mettre en oeuvre un “plan de sauvetage” pour sa filiale calédonienne, en proie à des pertes récurrentes, devenait pressante.

Le groupe minier et métallurgique a fait valoir dans un communiqué que ce plan pour la Société Le Nickel (SLN) nécessitait “l’implication de toutes les parties prenantes sur les premiers mois de 2019, dans un calendrier serré”.

“Sa mise en place est indispensable sans quoi les prêts accordés par Eramet et l’Etat seraient épuisés en 2020, dans les conditions actuelles de marché. Pour y parvenir, la SLN est en dialogue permanent avec l’ensemble des acteurs concernés, notamment les autorités locales et les partenaires sociaux”, a ajouté Eramet.

Le plan, défini fin 2018, prévoit la mise en place d’un nouveau modèle économique incluant une augmentation des volumes de minerai exporté, des progrès dans l’amélioration de la performance interne - avec une augmentation du temps de travail sur mine et une réorganisation -, ainsi que la réduction à court terme du prix de l’énergie.

Il vise à réduire le coût “cash” de production de la SLN, dont le résultat opérationnel courant s’est établi à -64 millions d’euros l’an passé, à hauteur de 1,30 dollar la livre en 2021 par rapport aux 5,8 dollars enregistrés de 2018.

L’année 2018 a ainsi été “particulièrement difficile en termes de productivité (...) compte tenu d’un contexte social et sociétal perturbé en Nouvelle-Calédonie”, a souligné Eramet.

“Si on ne met pas en place le plan (...) et que les conditions économiques restent celles d’aujourd’hui, on a un problème de trésorerie en 2020 (...), donc on ne peut pas continuer comme ça”, a également déclaré lors d’une conférence téléphonique la PDG du groupe, Christel Bories.

“On ne peut pas avoir une crise de trésorerie tous les cinq ans, il faut bâtir un modèle robuste pour le moyen-long terme. Nous avons ce plan, la voie est étroite (...) mais nous avons un plan crédible (...).”



Christel BORIES, Président-Directeur Général du Groupe :

Christel Bories PDG d'Eramet (photo©lesEchos) “On ne peut pas avoir une crise de trésorerie tous les cinq ans, il faut bâtir un modèle robuste pour le moyen-long terme. Nous avons ce plan, la voie est étroite (...) mais nous avons un plan crédible (...).”
Christel Bories PDG d'Eramet (photo©lesEchos) “On ne peut pas avoir une crise de trésorerie tous les cinq ans, il faut bâtir un modèle robuste pour le moyen-long terme. Nous avons ce plan, la voie est étroite (...) mais nous avons un plan crédible (...).”

"En 2018, Eramet a réalisé pour la deuxième année consécutive des résultats élevés, avec un EBITDA de 843 M€ et un résultat opérationnel courant de 581 M€, notamment grâce à un environnement de prix favorable. Nous avons atteint de nouveaux records de production dans nos activités minières, pris le contrôle à 100 % de TiZir, réduit le nombre d’accidents du travail et avons lancé de nombreuses initiatives afin d’améliorer notre performance opérationnelle et notre engagement d’entreprise responsable.

Ces succès ne se sont néanmoins pas traduits par des résultats à la hauteur de nos ambitions. En effet, certaines de nos activités ont affiché des performances en-dessous de nos attentes : c’est notamment le cas de la SLN en Nouvelle Calédonie, de l’usine de Sandouville et de notre division Alliages Haute Performance. Nous mettons tout en œuvre pour que dans les prochains mois se concrétisent le plan de sauvetage de la SLN, la mise à niveau de Sandouville, ainsi que les bases d’une meilleure performance de la division Alliages Haute Performance.

2018 aura surtout été l’année de la mise en mouvement avec le déploiement de notre plan stratégique et de notre profonde transformation managériale. Nous avons bâti notre vision pour le futur : être les meilleurs dans les activités que nous avons choisies et être une entreprise reconnue pour son modèle stratégique, managérial et sociétal. Un nouvel Eramet se dessine, incarné par l’élan et l’engagement de nos 13 000 collaborateurs et de nos partenaires.
2019 sera aussi l’année de l’accélération de notre transformation et de la prise de décision pour nos deux grands projets stratégiques : accroissement de 50 % des volumes de minerai de manganèse au Gabon, et production de lithium en Argentine. Ces projets sont majeurs dans la stratégie d’Eramet afin de rendre notre modèle pérenne, plus robuste, rentable et porteur de croissance."CB

BU Nickel

     
L’année 2018 a été particulièrement difficile, en termes de productivité, pour l’activité Nickel compte tenu d’un contexte social et sociétal perturbé en Nouvelle-Calédonie, et des mauvaises performances de l’usine de Sandouville.
Le chiffre d’affaires s’établit à 738 M€ en progression de 15 % par rapport à 2017 et le ROC de la BU s’établit à -111 M€. La SLN affiche un ROC à -64 M€, en nette amélioration (+31 M€), tiré principalement par la progression des cours du nickel et la croissance des volumes de minerai exportés. L’usine de Sandouville pèse de nouveau fortement sur les résultats avec une perte de 57 M€.
La production mondiale d’acier inoxydable a augmenté de 4,8 %14 en 2018 par rapport à 2017. Elle est restée globalement dynamique sur l’année, avec toutefois une forte progression au S1 (+9,7 %14 à période comparable de 2017) et une stabilité au S2 (+ 0,4 %14). La production en Chine s’est en effet contractée de - 0,5 %14 au S2 compte tenu d’un ralentissement dans les secteurs de l’automobile et de la construction, compensée par la forte croissance des producteurs intégrés en Indonésie dont les volumes ont été multipliés par 314 entre 2017 et 2018.
La demande de nickel primaire a ainsi progressé de 3,4 %14 sur la période, soutenue à la fois par l’acier inoxydable, et par les bonnes perspectives offertes par le développement du secteur des batteries pour véhicules électriques qui progresse de 62 %14 en 2018 (à 135 kt de nickel primaire).
La production mondiale de nickel primaire est également en hausse de 5,3 %14 en 2018 par rapport à 2017, portée par le développement continu de la production de NPI (« nickel pig iron »15) notamment en Indonésie.
Cette hausse de la production n’a néanmoins pas suffi à répondre à l’évolution de la demande, et le bilan offre/demande du nickel reste déficitaire en 2018, tout comme en 2017, avec un déficit de plus de 100 kt14 de nickel. Les stocks de nickel au LME16 et SHFE16 ont ainsi baissé de façon continue et significative durant toute l’année et s’él vent à 222 kt à fin décembre 2018 (- 46 % par rapport à fin décembre 2017).
La moyenne des cours au LME a progressé de 26 % en 2018 à 5,95 USD/lb (13 118 USD/t), en comparaison avec une moyenne de 4,72 USD/lb (10 407 USD/t) en 2017. Après une forte progression au S1, les menaces de tensions dans les échanges internationaux ont pesé au S2 sur les perspectives de croissance, notamment en Chine, impactant défavorablement les cours. Ces derniers ont par ailleurs été soutenus par l’affaiblissement du cours du dollar sur l’année.
En Nouvelle-Calédonie, le blocage du centre minier de Kouaoua entre août et octobre a généré un impact sur le résultat opérationnel courant du Groupe de 11 M€ pour l’exercice 2018.
Grâce à une bonne production minière (hors Kouaoua), la SLN a néanmoins atteint un niveau record de 1,2 Mt de minerai exporté en 2018, soit une hausse de 36 % par rapport à 2017. Le minerai exporté est de moindre teneur en nickel et ne peut servir à alimenter la production métallurgique locale.
La production métallurgique de nickel à Doniambo est en retrait de 4 % en 2018 par rapport à 2017, tandis que les volumes de ventes de ferronickel restent stables s’élevant à 55,3 kt.
14 International Stainless Steel forum (ISSF) et estimations Eramet
15 Ferroalliage de nickel basse teneur
16 LME : London Metal Exchange ; SHFE : Shanghai Futures Exchange
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              Le cash cost17 aux conditions économiques réelles de la SLN s’établit à 5,7 USD/lb18 au S2 2018 et à 5,8 USD/lb18 en 2018, pénalisé principalement par l’évolution de la parité euro/dollar, le renchérissement du prix du fioul et les difficultés dans les opérations minières. Le break-even cost17 s’él ve à 6,5 USD/lb en 2018.
Face à ces défis internes et externes, un plan de sauvetage de la SLN a été défini fin 2018. Son succès nécessite l’implication de toutes les parties prenantes sur les premiers mois de 2019, dans un calendrier serré. Ce plan repose sur la mise en place effective du nouveau modèle économique incluant une augmentation des volumes de minerai exporté, des progrès dans l’amélioration de la performance interne et la réduction à court terme du prix de l’énergie.
Le nouveau modèle économique, rééquilibré sur deux métiers, la mine et la métallurgie, permettra d’accroître les revenus de la société par une meilleure valorisation du domaine minier actuel et de diminuer corrélativement le cash cost. La réussite de ce modèle repose sur un objectif de volume de 4 Mt de minerai exportées par an, avec l’atteinte de ce rythme d s le second semestre 2020. Ceci est conditionné à l’obtention d’autorisations de nouvelles demandes d’exporter, qui seront déposées dans le courant du 1er trimestre 2019. SLN vise un objectif de 1,5 Mt d’exports de minerai dès 2019.
Le plan de sauvetage a pour objectif une amélioration intrinsèque du cash cost de 1,30 USD/lb en 2021.
Sa mise en place est indispensable sans quoi les prêts accordés par Eramet et l’Etat seraient épuisés en 2020, dans les conditions actuelles de marché. Pour y parvenir, la SLN est en dialogue permanent avec l’ensemble des acteurs concernés, notamment les autorités locales, et les partenaires sociaux.
Apr s l’arrêt annuel à mi- année pour travaux de grande maintenance, le redémarrage de l’activité de l’usine de Sandouville a été lent, passant d’un taux de marche de 20 à 60 % en 2018. Les performances opérationnelles n’ont toutefois pas permis d’atteindre le break-even cash à date, et l’usine a donc creusé ses pertes. Des renforts techniques ont été affectés à Sandouville et le Groupe met tout en œuvre afin de délivrer des progrès significatifs et vise un taux de marche de 80 % pour atteindre le break-even.
En Indonésie, la mise en œuvre du projet Weda Bay Nickel s’est traduite par le lancement des travaux de construction de l’usine de production de NPI (fonte au nickel). Les 1ères tonnes produites sont attendues fin 2020 avec une capacité de production à terme de 30 kt de NPI, et un off-take de 43 % pour Eramet.




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