Connectez-vous

« Mettre en adéquation l’offre institutionnelle et le besoin de l’entrepreneur »

Jeudi 7 Août 2014

Rencontre avec Martine Lagneau, 1ère vice-présidente de la province Sud, en charge du développement économique, de l’emploi et de l’insertion professionnelle, de la culture et de la condition féminine.
Vous étiez à la tête de la FINC, qu’est-ce qui vous a décidé à rentrer de plain-pied dans l’arène politique ?



©Fabrice Wenger
©Fabrice Wenger
 
Cet engagement arrive dans la continuité de mon implication dans la vie civile. D’abord chef d’entreprise, puis membre de la Chambre de Commerce et d’Industrie au début des années 2000, membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE) et présidente de la Fédération de l’Industrie de Nouvelle-Calédonie (FINC), je me suis forgée une vision économique et sociale. Cet investissement de tous les jours m’a logiquement menée à m’intéresser à la politique, à la vie de la cité, pour en faire encore plus.
 
Au titre de première vice-présidente, un mot sur l’effort budgétaire à fournir, priorité du président de la province Sud ?
 
Il nous faut adopter une posture de rationalisation pour faire des économies, notamment d’échelle. La question est : comment faire pour répondre aux attentes avec un budget prédéterminé ? Et cela me paraît logique. En tant que chef d’entreprise, j’y suis habituée.
 
Aux chapitres du développement économique, de l’emploi et de l’insertion professionnelle, dont vous avez la charge, quels sont les leviers de la province Sud ?
 
Il nous faut optimiser les dispositifs, les simplifier. Parce que les lourdeurs administratives sont telles que l’on a parfois du mal parfois à proposer la bonne structure, la bonne réponse, à l’entreprise. Je veux mettre en adéquation l’offre institutionnelle, c’est à dire les outils d’aides, et le besoin concret de l’entrepreneur. Un très grand nombre d’emplois ne sont pas pourvus faute d’avoir trouvé le CV adéquat ! Il nous faut donc proposer des programmes d’insertion qui puissent valider, concrétiser, l’emploi. Il faut être en contact permanent avec l’entreprise, mettre en  place un maillon aujourd’hui manquant entre l’institution et l’entreprise.
 
Un dossier me tient à cœur, celui de faire connaître le monde de l’entreprise et ses exigences aux scolaires, tout au long de l’année. Les lycéens (les 15-20 ans) pourraient travailler en entreprise quelques heures par semaine, sur le modèle du Job Étudiant qui existe déjà en Australie. C’est un exemple de maillon qui manque aujourd’hui pour une insertion professionnelle efficace. Il nous faut mettre en place un réseau de compréhension du monde de l’entreprise vis-à-vis des élèves et de leurs enseignants. La province Sud peut s’intégrer dans les programmes par le biais de la découverte de l’entreprise.
 
Il nous faut également une gestion pragmatique des programmes de formation. Le chef d’entreprise se perd dans le millefeuille actuel de dispositifs d’embauche d’un jeune. Nous devons travailler à la mise en œuvre d’un guichet unique dédié à l’insertion professionnelle. Je ne dissocie pas le développement économique de l’insertion professionnelle et de l’emploi, ces trois thématiques sont intrinsèquement liées.
 
Vous avez également la responsabilité de la Culture. Quelle sera votre feuille de route ?
 
Une de mes priorités sera le soutien à la production audiovisuelle. Aujourd’hui, le monde est d’images. Il faut, en soutenant la production de films, de clips, de courts-métrages, etc., que la Nouvelle-Calédonie soit vue à l’extérieur. C’est notamment bénéfique pour le développement touristique et donc économique. Notre territoire est multi-facettes, nous pouvons aller chercher une plus grande visibilité, en misant par exemple sur notre participation à tous ces festivals qui existent de par le monde !
 
Comment donnerez-vous un nouveau souffle à la Condition féminine, votre troisième secteur-clé ?
 
Avec notamment ma participation à la commission de la Condition féminine du CESE, je me suis forgée la conviction que les associations, nombreuses en la matière, avaient leur rôle à jouer dans l’accompagnement social. Grâce à la Maison de la femme, qui est aussi un lieu d’écoute, la province Sud doit compléter l’offre de soutien en se forgeant une spécialité : celle de promouvoir les entreprises féminines dans le monde économique. Le concours Femmes d’Initiative en est un très bel exemple.

FLG/Sophie Vallès /Province Sud



Les communiqués "Société" | Les archives Société | Communiqués Entreprises | Les videos | Les archives | Interview Découverte