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Les travaux d’extension de Roland-Garros sur le Jardin des serres d’Auteuil suspendus

Dimanche 27 Mars 2016

NCPresse vous en avait déjà parlé : Concernant les travaux d'extension de Roland Garros à Paris, la FFT a proposé d'abattre les Serres d'Auteuil, qui sont composées en grande partie de plantes endémiques calédoniennes ! La bataille des associations qui proposent une solution alternative au même prix et plus agréable pour les riverains et les parisiens est en passe d'aboutir...mais la bataille du pot de terre contre le pot de fer continue en cassation car la FFT ne veut pas lâcher l'affaire...à suivre donc ! bravo la Mairie de Paris qui après la COP21 donne une belle image de la Capitale avant la remise du projet JO2024 !





Les associations de protection de l’environnement et du patrimoine, FNE IDF (France Nature Environnement Ile-de-France), SOS Paris, la SPPEF (Société pour la Protection des Paysages et de l'Esthétique de la France) et les VMF (Vieilles Maisons Françaises) ont eu gain de cause en obtenant la suspension des travaux du complexe sportif de Roland-Garros sur le jardin des Serres d’Auteuil.
Aujourd’hui, le tribunal administratif de Paris, dans sa formation de référé, a confirmé les demandes des associations en jugeant que le projet d’un court de tennis de 5 000 places au cœur de ce jardin botanique unique n’est pas compatible avec le lieu, de sorte que les travaux doivent être suspendus en attendant un jugement définitif sur le fond.

 

L’exigence d’un déclassement partiel préalable du Bois de Boulogne : 

Le Jardin botanique des Serres d’Auteuil est un lieu unique bénéficiant d’une double protection (au titre des sites comme élément constitutif du Bois de Boulogne, et au titre des Monuments historiques, pour la majeure partie de ses bâtiments et l’intégralité de son sol dans sa composition). La privatisation d’une partie de ce jardin, bien commun dédié à la promenade publique selon la vocation du bois de Boulogne, nécessitait un déclassement partiel préalable par décret en Conseil d’Etat. 

 

Le combat des associations continue :

Confortées dans l’action qu’elles mènent depuis plus de 5 ans, les associations rappellent qu’elles ont proposé des solutions alternatives, respectant le cahier des charges de la FFT et préservant le Jardin des serres d’Auteuil, notamment par la couverture partielle de l’autoroute A13 qui borde le complexe actuel sur toute sa longueur. Celle-ci a pour double avantage, sans surcoût majeur, de doter la FFT d’un nouvel espace et d’effectuer une réparation écologique en offrant une nouvelle liaison du Bois à la ville.

Regrettant les dernières communications de la FFT, dénigrant voire ignorant le talent de Jean-Camille Formigé, les associations rappellent que Formigé est un des architectes les plus connus de son époque, au même titre que Eiffel ou Baltard. Nombre de ses créations participent aujourd’hui de la beauté de la France et, notamment de Paris, avec le square d’Anvers, la place de la Nation ou encore la décoration du pont de Bir-Hakeim. La protection d’une de ses œuvres les plus abouties est un devoir pour tous. 

Egalement, l’artificialisation du jardin botanique est contraire aux engagements pris par l’Etat et la Ville de Paris pour lutter contre le réchauffement climatique lors des accords de Paris de décembre 2015.

Enfin l’obstination de la FFT sur ce projet risque de jeter le discrédit sur la candidature de Paris aux JO de 2024, en opposant au sport la protection de l’environnement et du patrimoine.

 

Contacts

Agnès Popelin – Vice-présidente de FNE-IDF | 06 79 68 41 90 | agnes.popelin@fne-idf.fr 

Christine Nedelec – Secrétaire Générale Adj SOS Paris | 01 45 44 63 26 | sos.paris@orange.fr 

Alexandre Gady – Président SPPEF | 06 62 60 74 55 | president@sppef.org 

Philippe Toussaint – Président VMF | 06 18 41 59 30 | president@vmfpatrimoine.org 

Isabelle Cassin – Genesis avocats I 01 56 59 42 53 I Isabelle.CASSIN@genesis-avocats.com

 

Communiqué de la FFT sur Roland-Garros : la propagande contre les faits

 
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Les Serres d’Auteuil
Photo : Liné1 (CC BY-SA 3.0)
Après la dernière décision du tribunal administratif suspendant les travaux sur les Serres d’Auteuil (voir la brève du 24/3/16), si la Ville de Paris, toujours prompte à dégainer un communiqué, semble s’être abstenue, la Fédération Française de Tennis (FFT) a au contraire rapidement publié un texte. Celui-ci est un petit chef-d’œuvre de propagande, que nous nous faisons un plaisir de décrypter ici.
- Quand la FFT affirme avoir « l’accord unanime de toutes les instances officielles consultées dans le cadre de l’instruction du permis de construire, dans lesquelles siégeaient nombre de personnes qualifiées et d’experts en matière d’environnement », elle raconte n’importe quoi. Elle tend à faire croire ainsi que les spécialistes de l’environnement s’accordent tous à accepter ce projet. C’est évidemment faux :
* la Commission supérieure des sites n’y est pas favorable, notamment ses personnes qualifiées, mais on ne lui demande pas son avis (voir notre brève du 10/3/15),
* la Commission nationale des monuments historiques n’y est pas favorable, notamment ses « personnes qualifiées », mais on ne lui demande pas son avis (voir notre brève du 15/6/15),
* la Commission du Vieux Paris, où siègent nombre de « personnes qualifiées », n’y est pas favorable, mais on ne lui demande pas son avis (voir notamment notre brève du 27/1/11),
* l’ICOMOS Paysage, plus haute instance internationale de protection du patrimoine et du paysage, qui dépend de l’UNESCO, y est opposée, mais on ne lui demande pas son avis (voir notre brève du 2/1/12).
- Quand la FFT affirme que « les Serres historiques de Jean-Camille Formigé ne seront pas détruites mais entièrement préservées », elle raconte n’importe quoi. Car d’une part, personne n’a jamais prétendu que ce qu’elle appelle les « Serres historiques » (c’est-à-dire les grandes serres) seraient détruites ; ensuite parce que dire qu’elles seront entièrement préservées, alors qu’on construira à quelques dizaines de mètres une enceinte sportive de la même taille, est une vue de l’esprit ; enfin parce qu’au sens strict, les serres chaudes qui vont être démolies pour faire face à ce gigantesque court de tennis sont « historiques » et sont « de Jean-Camille Formigé » qui les dessine dans son plan et qui étaient là à l’origine, même si elle ont été en grande partie rénovées depuis.
- Quand la FFT affirme que « le jardin qui jouxte le périphérique sera embelli par ce nouvel équipement conçu par Marc Mimram », elle raconte n’importe quoi. Car d’une part le jardin des Serres d’Auteuil ne « jouxte » pas le périphérique. « Jouxter » signifie être contigu. Or, ce qui est contigu au périphérique, c’est Roland-Garros, ce n’est pas le jardin des Serres d’Auteuil qui est seulement contigu à Roland-Garros. Ce qu’écrit la FFT n’est pas neutre : si le jardin était contigu au périphérique, il serait victime de ses nuisances notamment du bruit, ce qui n’est pas le cas. En le dépréciant, et en affirmant qu’il sera « embelli » par le nouvel aménagement (ce qui fait rire tous les amoureux des Serres d’Auteuil), elle arrange la réalité à double titre.
- Quand la FFT affirme que « ces nouvelles serres participeront de l’indispensable rénovation du Jardin botanique de Paris. », elle raconte n’importe quoi. Car le Jardin botanique de Paris n’a pas besoin d’une soi-disant « indispensable rénovation », ce que tous ceux qui le connaissaient avant le début des travaux savent parfaitement. Et encore moins de « nouvelles serres » qui seraient accolées à un grand court de tennis.
- Quand la FFT affirme que « dans un contexte ou l’argent public se fait rare, elle finance à 95 % la rénovation du stade Roland-Garros, grâce aux revenus du tournoi », elle raconte n’importe quoi. Et c’est la FFT elle même qui le dit ailleurs, sur son site consacré à la « concertation » où on lit que que « 88% de l’investissement est supporté par la FFT ». Celle-ci est vraiment fâchée avec les chiffres, puisque dans le même paragraphe du communiqué de presse elle explique qu’elle financera « 233 des 273 millions d’euros prévus ». Ce qui représente exactement 85,3%. Pas 88%. Encore moins 95%. Ajoutons que le coût global de 273 millions (qu’elle date de 2015) est en réalité beaucoup plus élevé : en décembre 2012, L’Équipe , peut suspect d’hostilité envers la FFT, parle de 340 millions d’euros, et en mai 2015 Les Échos évoquent 350 à 400 millions d’euros), on comprend que se fier aux chiffres donnés par la FFT, c’est un peu comme croire au Père Noël.
Ajoutons qu’on peut, inversement, rappeler - ce sont les chiffres que la FFT donne sur son propre site dédié à la « concertation » - que ce projet va coûter 40 millions d’euros au contribuable. Et que ce chiffre se base sur celui d’un coût total de 273 M€, dont nous venons de voir qu’il est faux, et qu’il faut ajouter par ailleurs que l’emprunt de la FFT (148 M€) est garanti pour 74 M€ par la Mairie de Paris. Compte-tenu de la faiblesse en calcul de la FFT, c’est un peu inquiétant…
- Quand la FFT affirme que Roland-Garros « génère chaque année près de 300 M€ de retombées économiques (Source Etude BIPE 2013) », elle raconte n’importe quoi, ou plutôt elle fait un amalgame. Pas uniquement parce qu’elle ne retient de cette étude BIPE que ce qui l’arrange - dans cette même étude, on lit que le coût du projet est de 340 millions, pas de 273 millions - mais aussi parce qu’elle les interprète à sa sauce. Ce rapport du BIPE explique effectivement que le PIB généré par Roland-Garros serait de 277 millions d’euros (« près de 300 M€ ») par an pour la région parisienne. Mais il s’agit bien du tournoi. Pas du résultat de l’agrandissement, lequel n’est d’ailleurs pas contesté par les associations qui ont proposé une alternative. Cet amalgame permet de faire croire que l’opposition des associations au projet menacerait « près de 300 M€ » de retombée financière pour Paris. Même si chiffre était vrai1 , cela n’a rien à voir avec l’agrandissement sur les Serres d’Auteuil.
- Quand la FFT « déplore profondément que les opposants au projet s’entêtent à proposer des alternatives qui se sont avérées de fausses bonnes idées d’un point de vue opérationnel, juridique, environnemental, lesquelles sont de toutes façons disqualifiées en raison de surcoûts exorbitants impossible à financer », elle raconte n’importe quoi. Nous renvoyons à nos articles qui démontrent que cette alternative (il n’y en a qu’une, en réalité, avec des variantes) est à la fois opérationnelle, sûre juridiquement et bien davantage protectrice de l’environnement, et que le rapport commandé par la FFT pour analyser ces alternatives était discrédité par des conflits d’intérêts et partial.
- Quand la FFT ajoute que « tous les débats d’experts et toutes les études ont démontré que la création d’une continuité nouvelle entre le site de Roland-Garros et le Bois de Boulogne serait inacceptable pour tous les défenseurs du Bois et en particulier pour les services de l’État en charge de sa préservation », elle raconte n’importe quoi, comme nos articles déjà cités le démontrent. Surtout, on s’amusera de voir que la FFT craint que ce contre-projet soit inacceptable pour les associations qui le proposent et qui s’opposent à son projet, et qu’elle craint aussi que les services de l’État en charge de la préservation du patrimoine et des sites puissent s’opposer à un tel projet lorsqu’ils n’ont absolument rien à lui refuser, même pas le bétonnage du site classé du jardin des Serres d’Auteuil.
- Quand la FFT met en balance la candidature aux Jeux Olympiques, sous-entendant que l’annulation du projet de Roland-Garros la mettrait en péril, elle raconte n’importe quoi. Aucune des trois autres villes candidates ne dispose d’installations capable d’accueillir un tournoi du grand chelem et Roland-Garros dans sa configuration actuelle dépasse les exigences demandées par le Comité International Olympique pour l’épreuve de tennis.
- Quand la FFT prétend que « depuis plus de 10 ans, [elle] s’est attachée à étudier toutes les options possibles pour la modernisation de son stade et ce dans un esprit de concertation souligné comme exemplaire par l’enquête publique », elle raconte n’importe quoi comme l’historique de ce projet le prouve amplement. Quant au sérieux qu’il faut accorder à l’enquête publique, menée - c’est le principe - par un enquêteur unique - nous l’avons analysé dans cet article auquel nous renvoyons le lecteur.
- Quand la FFT proclame que son projet a pu « franchir toutes les étapes politiques et administratives préalables à sa réalisation », elle raconte n’importe quoi. Sauf pour l’aspect politique, puisque c’est bien des décisions politiques successives, la dernière étant l’intervention de Manuel Valls en lieu et place de la ministre de l’Écologie Ségolène Royal, qui a permis au projet d’obtenir les permis de construire.
Bref, du début à la fin de ce communiqué, la FFT raconte n’importe quoi. Seul point avéré : « la FFT vient évidemment de se pourvoir en cassation à l’encontre de cette décision ». Là, rien à dire, c’est un fait. La FFT s’obstine, encore et toujours. Qu’elle change d’avis nous aurait étonné. Il faut toujours croire les vieux adages.
 
Didier Rykner , samedi 26 mars 2016    




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