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Le dernier hommage rendu à Charles Pidjot

Vendredi 14 Septembre 2012

Après la veillée au centre culturel du Mont Dore et une journée de cérémonies coutumières, la Nouvelle-Calédonie portait aujourd'hui en terre Charles Pidjot, le Président défunt de l'Union Calédonienne, plus ancien parti de Nouvelle-Calédonie. L'hommage rendu fut à la hauteur du charisme de cet homme politique, négociateur des accords de Matignon-Oudinot et signataire de l'accord de Nouméa, mû par un engagement sans concession, une ténacité et une capacité d'ouverture, hors du commun.



Le dernier hommage rendu à Charles Pidjot



Après le service religieux, sous les frondaisons de la maison familiale de la tribu de la Conception, devant les responsables des institutions et une assistance très nombreuse, le cortège a pris la direction du cimetière tribal. Derrière les trois drapeaux, tricolore, UC et FLNKS, portés en tête du cortège, par trois jeunes kanak les deux couleurs mélangées formaient réellement à cet instant un seul peuple.

Devant le caveau ouvert, les éloges se sont alors succèdés pour retracer le combat politique de Charly Pidjot et surtout pour s'assurer que les avancées qu'il avait contribuées à porter ne ne s'éteindraient pas avec sa disparition.

Le Haut Commissaire de la République a entamé cette longue série de prise de paroles en rendant hommage à Charles Pidjot, homme politique aux fortes convictions, attachant, convaincu toujours passionné.
Harold Martin, Président du Gouvernement, visiblement touché par cette disparition brutale, s'est adressé à Charles Pidjot en tant que caldoche et a rappelé les positions soutenues par le Président de l'UC. Il a fortement réaffirmé l'importance des accords réalisés au Gouvernement et au Congrès et a indiqué "ce que nous avons fait, nous continuerons, cette vision nous l'avons partagé".
Pierre Frogier, lui aussi ému, a rappellé le symbole de la montée des deux drapeaux, geste dans la droite ligne de la poignée de mains entre Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou. En s'adressant au Président de l'UC, évoquant leur première rencontre datant des barrages au Mont-Dore lors des évements de 84 et en se rapportant à leurs nombreux échanges qui ont suivis cette période, le sénateur lui a dit qu'"il se trouvait désormais bien seul". "Ton départ m'engage, j'assumerai pour deux" a-t-il ajouté.
Aloisio Sako Président du RDO et porte-parole du FLNKS a lui aussi stigmatisé l'importance de la montée des deux drapeaux et a tenu à s'excuser auprès de sa femme, de sa mère, de ses enfants, pour leur avoir trop souvent soustrait leur mari, fils ou père, si impliqué dans la conduite de l'UC.
Eric Gay, maire du Mont-Dore où se trouve la tribu de la Conception a voulu rappeler qu'ils s'étaient rencontrés dans la confrontation, avant d'évoquer les discussions, en tête à tête, qu'il avait depuis régulièrement avec Charly Pidjot, son caractère bien trempé mais aussi son écoute et sa vision politique.
Néko Hnepeune, vice président de l'Union Calédonienne a lui voulu se remémorer que c'était  la deuxième fois que le parti indépendantiste enterrait un président en exercice après le décès de Jean-Marie Tjibaou à Ouvéa le 4 mai 1989.

La dernière prise de parole fut pour Ronald Frère qui a lu à l'assistance un texte d'hommage dont la chute, citation de Jean-Marie Tjibaou du 20 août 1988, "Le futur de notre pays n'a jamais été aussi présent" est aujourd'hui plus que jamais au cœur de l'actualité calédonienne que tous, ce matin, ont souhaité apaisée.


Le dernier hommage rendu à Charles Pidjot

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