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Le billet "Nickel" de Didier Leroux

ÉLÉMENTS DE REFLEXION POUR UNE POLITIQUE D’EXPLOITATION RATIONNELLE DU NICKEL

Mardi 11 Novembre 2014

Didier Leroux, nous a fait parvenir le texte suivant "Éléments de réflexion pour une politique d'exploitation rationnelle du nickel" que nous retranscrivons dans son intégralité.



Archives NCPresse
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"Il existe trois modèles d’exploitation pour le nickel calédonien :
    •    La transformation locale : Le minerai extrait est traité dans une usine en NC. (SLN, VALE, KNS)
    •    La transformation à l’extérieur dans une usine à participation calédonienne (Corée-POSCO)
    •    La vente et l’exportation de minerai pour un traitement à l’étranger (Japon, Australie, Chine)
C’est la transformation en NC dans une usine locale qui génère les retombées économiques les plus grandes pour le pays (salaires, impôts, dividendes, investissements, sous-traitance…), cinq fois plus que la vente de minerai brut et deux fois plus que la transformation dans une usine à participation calédonienne. 
Cela reste le modèle à privilégier.
En revanche, l’arrêt de l’exportation de minerai par l’Indonésie (45 millions de tonnes en 2013) a provoqué une remontée et une stabilisation des prix en même temps qu’une pénurie relative de minerai qui ouvrent la voie à l’exportation à bon prix, en quantité limitée, de minerai à faible teneur (1,5% de nickel en moyenne) qu’il n’était pas économiquement possible de vendre jusqu’alors ni de transformer sur place et qui était stocké en verse dans le meilleur des cas.
Bien sûr, il faut éviter que les pays à bas coûts (salaires bas, énergie bon marché) ne puissent faire baisser les cours du nickel avec des prix de revient contre lesquels nous ne pourrions pas lutter. En revanche, pour que ces pays à bas coûts ne viennent pas concurrencer les usines installées chez nous, on peut envisager de leur vendre des minerais à faible teneur (1.5% en moyenne) en quantité limitée, et cela sans porter préjudice aux usines installées en Calédonie, ni à l’usine coréenne de la SMSP qui, de toutes les façons vend toute sa production à POSCO.
Pour la Nouvelle-Calédonie, à la recherche de recettes fiscales, c’est l’opportunité d’accroître les bénéfices des exploitants miniers et donc les recettes fiscales correspondantes.
Quels peuvent être dans ces conditions les principes directeurs d’une politique d’exploitation rationnelle du nickel calédonien basée sur le pilotage de la teneur ? 
    •    La transformation locale (VALE, KNS, SLN) doit rester prioritaire. Les minerais à forte teneur doivent être transformés localement et non exportés. 
    •    Eviter que les pays acheteurs de minerai calédonien brut ne fassent concurrence aux usines calédoniennes. A la faveur de l’arrêt des exportations indonésiennes, augmenter les prix et abaisser les teneurs du minerai exporté pour les empêcher de produire à des coûts inférieurs. En conséquence, développer une politique d’exportation de minerai basée sur la teneur, en mettant en place un marché spot qui permette de tirer avantage des tensions du marché et d’améliorer les recettes fiscales du pays.
    •    Augmenter de façon contrôlée les volumes exportés vers nos clients traditionnels (Australie, Japon) qui perdent leur source d’approvisionnement indonésienne". 

Didier LEROUX

Didier Leroux



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