Connectez-vous

Le billet Amer de Piere Maresca

Vendredi 15 Mai 2015

"Le vote de l’Assemblée de la Province Sud, mercredi dernier, mettant en minorité l’Exécutif, dirigé par Calédonie Ensemble, au-delà du texte en cause, la nomination des membres du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE), constitue un rappel, peut-être salutaire, qui semble avoir échappé depuis quelques semaines à l’ensemble du monde politique.
Les élections provinciales de mai 2014 ont surtout et avant tout révélé une réalité qui devrait servir de fil rouge à tous les responsables. A savoir, à travers l’atomisation des deux principales mouvances, loyalistes et indépendantistes, l’incapacité d’un côté comme de l’autre, de détenir une majorité ou à défaut de la constituer. Ce constat avait certes été fait au lendemain du scrutin, amenant l’accord sur le Contrat de Gouvernance solidaire (CGS) et la répartition des responsabilités entre les trois groupes anti-indépendantistes. Nul n’aurait dû pouvoir s’en exonérer. Au lieu de quoi, la rupture de l’alliance majoritaire permet aux indépendantistes, eux-mêmes fortement divisés, de jouer les faiseurs de roi chaque tendance étant en situation de peser sur l’un ou l’autre plateau de la balance.



Le billet Amer de Piere Maresca

C’est ainsi que Philippe Germain a pu être élu Président du Gouvernement avec l’appui du Palika et d’une partie de l’Union Calédonienne. C’est également de la même façon que Calédonie Ensemble s’est retrouvée en minorité à la Province Sud, l’abstention des indépendantistes permettant aux 2 autres partis loyalistes, Rassemblement-FPU et UCF, de faire la démonstration qu’unis ils représentent plus de voix (17) que la « majorité présidentielle » (16). Il en est de même au Congrès et les débats qui vont s’y tenir dans les jours à venir, au vu de l’ambiance apocalyptique qui règne au Gouvernement, illustreront cette situation rendue ubuesque par la perte de lucidité générée par la violence des affrontements.
Le fameux microcosme que l’on évoque souvent à tort et à travers joue en l’occurrence à plein son rôle d’enfermement. A l’extérieur, « les vrais gens », 90% de la population, peu informés des subtilités de la vie politique et ignorants la complexité de la mécanique institutionnelle, sont largués. Ils observent, sans comprendre mais en pressentant que tout cela en définitive, n’est pas bon pour eux. Leur ressentiment envers les élus s’alimente de cette confiance qu’ils leur ont octroyée par leurs votes, une délégation démocratique donnée à ceux qui sont censés être plus en capacité qu’eux-mêmes pour prendre, en leurs noms, les décisions qui préparent l’avenir de tous.
Quelle que soit l’option choisie par les uns et par les autres en mai de l’année dernière, c’est peu de dire qu’en l’état actuel des choses, bien peu d’entre eux s’y retrouvent.
L’Aigre Doux

FLG/PM



Archives du web