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Le MUZ : Extension et réaménagement du musée de Nouvelle-Calédonie

Vendredi 13 Juillet 2018

Le musée de Nouvelle-Calédonie a officiellement dévoilé, vendredi 13 juillet, le lauréat du concours d’extension et de réaménagement de ses murs. C’est le groupement calédonien Gaëlle Henri Architecte et Why Architecture qui a été retenu pour concevoir ce projet. Le démarrage des travaux est prévu en septembre 2019. L’ouverture du musée, étendu, rénové et rebaptisé MUZ, est envisagée fin 2021.



Le MUZ : Extension et réaménagement du musée de Nouvelle-Calédonie
Le musée de la Nouvelle-Calédonie
Créé en 1863, le musée a centralisé dès l’origine des œuvres destinées à alimenter les expositions métropolitaines ou internationales : des « curiosités indigènes », des collections botaniques, ou minéralogiques, qui ont pour but de promouvoir la colonie de l’époque. À la fin du XIXe siècle, le musée devient « musée colonial », puis s’installe en 1905 dans le pavillon ancien de la bibliothèque Bernheim, aux côtés de la bibliothèque. La collection s’enrichit considérablement, mais il faut ensuite attendre 1940 pour que le musée soit renommé « musée néo-calédonien » et bénéficie de nouvelles acquisitions.
Le musée bénéficie ensuite des effets du « boom du nickel » des années 60 : la construction des murs du musée tels que nous les connaissons aujourd’hui s’achève en 1970. Le bâtiment est l’œuvre de l’architecte Pierre Raighasse. Il s’articule autour d’un patio et d’une grande case (visible par la rue Georges-Clémenceau), qui fait face à une allée de pins colonnaires. Il comporte des salles réservées aux collections, à l’ethnographie du Pacifique et à l’histoire naturelle, une bibliothèque, une salle réservée à l’art artisanal et le logement du conservateur.
   
En 1984, dans le cadre du 4e festival des Arts du Pacifique, le musée est réorganisé et devient le Service des musées et du patrimoine. Les locaux sont rénovés par les architectes Gabriel Cayrol et Jean-Gabriel Cayrol, qui réalisent l’extension du musée, la création de réserves et des réaménagements internes. Les surfaces sont doublées par la réalisation d’une mezzanine. La collection prend un virage définitif vers l’art mélanésien et océanien. Les collections d’histoire naturelle et minéralogique sont reversées à la maison de la nature du Parc forestier et au service des Mines et de l’énergie. Les collections kanak occupent alors une place prépondérante.
En 2008, Jacky Jamet, 3D design, conçoit les travaux d’aménagement et d’animation lumineuse de la façade d’entrée du musée.


 Les ambitions du musée de Nouvelle-Calédonie
Ancré dans le préambule de l’Accord de Nouméa, le Musée de Nouvelle-Calédonie se définit aujourd’hui comme un musée de société, celui du « destin commun ». Il a pour ambition de renforcer sa collection centrale de civilisation kanak, tout en s’enrichissant d’œuvres témoignant de l’histoire des autres communautés calédoniennes.
Le musée, qui compte aujourd’hui près de 8 000 œuvres, dont 4 200 œuvres kanak et océaniennes, détient un fonds kanak sans équivalent au monde (2 349 objets avec les dépôts). À ce titre, il entend également s’inscrire dans la région du pacifique Sud, mais aussi défendre sa place au niveau national et international.

Pourquoi un projet d’extension et de réaménagement ?
Le musée accueille, en moyenne, 25 000 visiteurs par an, une fréquentation en grande majorité liée aux publics scolaires et aux activités de type conférences et ateliers. Il organise deux expositions temporaires par an et des activités d’animations culturelles autour des savoirs faire artisanaux et des contes et légendes. Toutefois, plusieurs freins sont aujourd’hui identifiés à son développement :

- la réserve des collections du musée, créée en 1984, a atteint un taux d’encombrement maximal, obligeant à externaliser en partie les réserves du musée,
- la surface des bureaux administratifs et des espaces dédiés aux animations culturelles est insuffisante,
- la muséographie est devenue obsolète, son fonctionnement et le développement d’animations s’en trouvent limités.
Les travaux de réaménagement et d’extension du musée souhaités consistent donc : - à réhabiliter le bâtiment actuel ;
- à construire une extension de 1 000 m2 ;
- à réaménager l’ensemble des espaces extérieurs.

La sélection du lauréat
Le 20 juillet 2016, un jury s’est réuni pour examiner les 21 dossiers de candidatures recevables, déposés en réponse au concours de maîtrise d’œuvre paru pour l’extension et le réaménagement du musée de Nouvelle-Calédonie. Cet appel à candidatures a eu lieu entre le 19 mars et le 25 avril 2016.
Quatre groupements ont ainsi été présélectionnés (ICIMM, Archipel, Gaëlle Henry, et MMW Architecture) pour répondre au concours d’architecture paru le 1er mars 2017. Ce dernier mentionnait, au-delà des contraintes budgétaires et techniques, trois critères de sélection du projet :

- son inspiration contemporaine,
- ses attributs architecturaux inspirés de l’Océanie, notamment par la présence de bois,
- son lien avec le jardin Mwâka, situé face au musée, de l’autre côté de l’avenue du Maréchal-Foch.
    
 Le 21 juin suivant, le groupement mené par Gaëlle Henry Architecte et Why architecture était désigné lauréat.
S’en sont suivis des ajustements et des modifications souhaités par le gouvernement, jusqu’à la validation définitive du projet, le 19 avril dernier.

Les membres du jury (ou leurs représentants dans certains cas) étaient :
- le président du gouvernement ;
- le haut-commissaire de la République ;
- la membre du gouvernement en charge notamment de la culture ; - les présidents des trois assemblées de province ;
- la maire de Nouméa ;
- le président du Sénat coutumier ;
- le président du conseil coutumier Djubea-Kapume ; - le secrétaire général du gouvernement ;
- la chef du service des musées et du patrimoine.

Financement et coût du projet
Initialement inscrit au contrat de développement 2006-2010, ce projet a été réinscrit au contrat État/Nouvelle-Calédonie 2011-2015, ce qui a notamment permis de réaliser des études de faisabilité qui ont révélé la nécessité de construire des réserves externes au musée, pour accueillir la collection pendant la durée des travaux. Le projet global de rénovation a ensuite été inscrit au contrat de développement État-Nouvelle-Calédonie 2017-2021.
Construction des réserves externalisées du musée : 245 millions de francs. Le projet achevé fonctionne actuellement à blanc, ce qui permet de contrôler la bonne marche des installations techniques (température, hygrométrie). L’installation des mobiliers est prévue au deuxième semestre 2018 et sera suivie du transfert des collections du musée.
Un budget global de 2 milliards de francs, réparti à 70 % pour la Nouvelle-Calédonie et 30 % pour l’État :
- frais de travaux : 1,7 milliard de francs.
- frais de maîtrise d’œuvre : 226 millions de francs.
Calendrier prévisionnel des travaux de réaménagement et extension du musée
  • Octobre 2018 – janvier 2019 : lancement des appels d’offre pour la réalisation des travaux.
  • Deuxième trimestre 2019 : analyse des offres, sélection des entreprises et mise au point du marché des travaux.
  • Troisième trimestre 2019 : démarrage des travaux et fermeture au public.
  • Quatrième trimestre 2021 : ouverture au public.

Source gouvernement



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