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La sécurité n’est plus assurée : le site de Kouaoua fermé

Mardi 14 Août 2018

Face aux événements gravissimes qui frappent la mine SLN de Kouaoua incluant dix incendies d’origine criminelle de Serpentine (*) depuis avril 2018 et le blocage de son accès depuis le 6 août, la décision a été prise de fermer le centre minier. Le Comité d’Etablissement du centre, réuni ce lundi 13 août en a été informé.
Dans de telles conditions, la SLN n’est en effet plus en mesure d’assurer ni la sécurité de son personnel et de ses installations, ni celle des prestataires qui travaillent sur les sites de MEA et de KIEL.



La Serpentine du site minier de la SLN de Kouaoua incendié 10 fois depuis 2018. Photo©SLN
La Serpentine du site minier de la SLN de Kouaoua incendié 10 fois depuis 2018. Photo©SLN

Afin de ne pas pénaliser les membres de son personnel qui sont les premières victimes de ces agissements dont certains sont des actes criminels, la SLN s’efforce de déployer un maximum de ses salariés de Kouaoua sur ses autres sites. Des mesures de chômage partiel vont être demandées pour le personnel qu’il n’est pas possible de réaffecter.

Le centre de Kouaoua s’est également déclaré, pour compter du 7 août, et pour une durée indéterminée, en situation de force majeure à l’égard de ses prestataires qui interviennent sur son site. Cette déclaration de situation de force majeure ayant pour effet immédiat de suspendre l’exécution de tous les contrats de prestations en cours.
Environ 400 personnes, salariés et prestataires, sont affectées par ces mesures.

Rappelons que depuis le lundi 6 août, une cinquantaine d’individus, totalement étrangers à la SLN bloquent les voies d’accès aux sites miniers de MEA et KIEL empêchant ainsi toute entrée à la mine et menaçant en outre, de détruire par incendie les engins et les installations.
La SLN rappelle qu’elle est ouverte à la discussion. Des contacts ont lieu avec les barragistes et avec l’ensemble des parties prenantes.
Une reprise d’activité ne sera envisageable que si les conditions en matière de sécurité sont à nouveau réunies et de manière durable pour ses salariés et ses biens et ses sous-traitants.

Les conséquences de ce blocage sont extrêmement dommageables pour l’alimentation en minerai de l’usine de Doniambo, d’autant plus que la SLN, en situation de pertes financières depuis six années consécutives, travaille à sa survie dans le cadre d’un plan d’amélioration de sa compétitivité.

(*) Un 10e incendie criminel a été perpétré ce samedi en soirée. Des individus ont également volé un véhicule de la société de gardiennage intervenant à Kouaoua et caillassé les gendarmes.

Que réclament les auteurs du barrage ?
Il semble que la motivation première des auteurs du barrage soit le rejet de l’accord donné par leurs coutumiers à l’exploitation du gisement Mont Calm Chêne-Gomme. Ils dénoncent le fait que de nombreux arbres, des chênes- gomme, ont été coupés, ou le seront dans le cadre du projet.

Consultations et autorisations
Dans les faits, les coutumiers et les riverains du projet d’une manière générale, ont été consultés (10 réunions dont 6 avec les coutumiers du District de Ka Wi Paa et 4 avec les autorités de Tutelle, entre novembre 2014 et janvier 2018). La province Nord, après avoir imposé de nombreuses conditions à la SLN, a délivré un arrêté d’autorisation d’exploiter (AEM) en juin 2017.

La SLN a répondu à chacune des conditions et a commencé la préparation du chantier (pistes...) qui permettra l’exploitation. Une visite de l’avancement du chantier a eu lieu avec les coutumiers le 31 juillet 2018.

Ce gisement de Mont Calm Chêne-Gomme est l’un des gisements périphériques de la mine de Méa arrivée en fin d’exploitation. Il représente 40% de la production de Kouaoua pour 2019.

Réduction, évitement et compensation :
• 2% des chênes-gommes, soit 717 arbres sur plus de 33 000 estimés sur Kouaoua, seront impactés par la mine.
• Les arbres coupés sont mis à disposition des habitants des tribus, à leur demande.
• 4 fois plus d’arbres seront réintroduits que le nombre d’arbres coupés (une collecte de 250 kg de graines
a déjà eu lieu).
• Des mesures d’évitement de l’habitat forestier et des plus gros chênes-gommes ont été mises en place
(1,8 ha).
• 1 programme de multiplication et de réintroduction des espèces rares inventoriées dans la zone a
également été engagé (collecte de plantules réalisée fin 2017).
• Des mesures de compensation ont été prises telles que la création sur le massif de Kouaoua d’une zone
de conservation de la biodiversité avec études de la faune et de la flore et mise en œuvre de mesures de restauration de l’habitat.

Source SLN



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