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La lettre ouverte à Louis Kotra Uregueï sur cagou.com

Mercredi 26 Mars 2014

Le site cagou.com relaie une lettre ouverte au président du Parti Travailliste d'une rare violence. Dommage, elle n'est pas ouvertement signée ce qui affaiblit considérablement sa portée.



Le lien sur le site cagou.com

Monsieur le président milliardaire et néanmoins communiste, vous avez prononcé devant les élus du Congrès un discours étonnamment raciste et sectaire pour un homme qui serre la main de ses amis Bové et Besancenot, ardents défenseurs en métropole des immigrés, fussent-ils de la veille, et de la mondialisation, fût-elle alternative. Vous vous construisez le profil d’un Robert Mugabé, nationaliste et socialiste, cela nous fait peur.

Faut-il vous rappeler la généalogie de votre clan ? Certains, dont je suis, sauront vous la rappeler en temps utile, s’ils ne sont pas pris de vitesse par ceux qui préparent, parait-il, les herbes pour vous.

Dites-nous, avant de vous prétendre “peuple premier”, ce que vos vieux ont fait, quand ils ont colonisé Tiga et Maré, des Rué-Ezi, des Si-Pacuen, des Si-Rama et des autres clans eletok, les “têtes aînées” qu’ils ont exterminé au début du XIXe siècle. Les Kanak en Nouvelle-Calédonie ne sont pas plus peuple premier que les Herero et les Ovambo en Namibie, ou les Bantous en Afrique du Sud, pays qu’ils ont colonisés il y a quelques siècles en arrivant du Soudan, du Congo et autres pays d’Afrique centrale et en exterminant les Bushmen seuls vrai peuple premier de toute l’Afrique du Sud (il en reste 30 000 environ).

Dans toute la Mélanésie, il y avait des Négritos (les Eletok) avant les Papous et les Kanak. On les trouve encore nombreux en Papouasie (350 000), aux Iles Salomon, quelques-uns au Vanuatu où l’on écrit encore leur langue dans certaines îles du nord. En Nouvelle-Calédonie, vers 1790, le chef  Wabutrune Etoroï  a commencé leur massacre, il a duré trente ans. Mais cela fait-il des colons kanak de Tiga et Maré et en fait de toute la Kanaky un peuple premier ? Et si c’était le cas, faudrait-il appeler “peuple premier” les Anglais en Tasmanie et les Espagnols en terre de Feu ?

Vous qui vous prétendez démocrate, mais ne l’êtes pas plus que je ne suis archevêque de Canterbury, comment pouvez-vous prétendre exercer le droit du sang sur des gens sous prétexte qu’ils sont arrivés ici un peu après vos vieux ? De quel droit méprisez-vous les Pieds-Noirs qui sont eux aussi, puisqu’il faut vous le rappeler, des “victimes de l’Histoire” ?

Souvenez-vous de ce qui est arrivé à Robert Sinemeiné, ce Lifou qui avait du sang japonais dans les veines, comme Jean-Marie Tjibaou, et que les Kanak de la vallée de la Hienghène ont chassé en le traitant de “colon étranger”. Souvenez-vous aussi de ce qu’avait déclaré Burck un jour : “Les mecs des îles ? quand il y aura l’indépendance ils auront intérêt à acheter des planches à voile”.

Nous sommes tous, vous, moi, tous les autres quelle que soit la couleur de leur peau, des colons, des métis, des étrangers et si ce n’est pas nous ce sont nos parents, nos vieux qui l’ont été. Il n’y a pas de race pure, de Kanak purement kanak. La propriété de la terre “depuis la nuit des temps” n’est qu’une légende partout dans le monde et surtout en Calédonie.

Nouvelle-Calédonie avant l’arrivée des Européens était un pays sans nom, sans Etat, sans souveraineté : une juxtaposition de clans en guerres perpétuelles dont la plupart ignoraient même qu’ils étaient sur une île puisque sortir des limites du clan sans une solide bande armée c’était souvent se condamner à mort. Leur horizon, c’était les montagnes d’alentour et la mer au bout de la vallée. Leur vie, la peur perpétuelle d’être chassés de leurs terres par le clan voisin devenu plus fort, d’être tués et mangés dans un coup de main ou une embuscade, d’être emboucanés.

À Maré, connaissez-vous une seule tribu dont les frontières n’ont pas bougé depuis deux siècles ? Pourquoi croyez-vous que le grand chef Naisseline soit hostile à la constitution d’un cadastre coutumier ?

Kanak ? Les colons qui nous l’ont imposé ont dû l’emprunter aux Maohis d’Hawaï parce que les habitants de ce pays sans nom n’avaient pas de nom.

Le drapeau du FLNKS avec ses bandes bleue, rouge, verte et son soleil ? Il est directement copié de celui de la SWAPO en Namibie qui est devenu drapeau national en 1990 et cela, même Monsieur Mokaddem l’ignore.

Alors, Monsieur Urégeï, faites-nous plaisir, faites comme Léopold Jorédié, cessez vos rodomontades vaubanesques et puisque votre fortune est faite, prenez votre retraite.


Source www.cagou.com



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