Connectez-vous

LE MYSTERE DES ILES LOYAUTE

Lundi 27 Avril 2015


Ce n’est pas un roman.
Les Loyauté constituent une collectivité qui, à bien des égards, ressemble au Territoire de Wallis et Futuna.
Démographie similaire, 17 000 résidents aux Loyauté, 14 000 à Wallis et Futuna.




Très grande homogénéité de la population. Mis à part une poignée de fonctionnaires, la quasi-totalité des résidents est originaire de ces territoires.
Fait colonial historiquement peu impactant, mis à part le fait religieux, et la tragédie d’Ouvéa.
Pas, ou très peu de spoliation de terres, pas de colons, une administration française respectueuse en général des structures coutumières préexistantes.
Economies à 90% alimentées par les transferts en provenance d’administrations extérieures, et de ceux d’une diaspora très active, surtout sur la grande terre de Nouvelle Calédonie.
Très bonnes infrastructures : voies de communication, enseignement, distribution d’énergie, santé,.. surtout si on les compare avec les pays de la région.
Il y a tout de même des différences importantes.
L’éloignement, d’abord. Wallis et Futuna sont très isolées, et les communications avec l’extérieur sont chères, et peu nombreuses. 
Elles constituent un territoire de la République française avec un statut particulier.
En revanche, les Loyauté sont à quelques encablures de la grande terre de Nouvelle Calédonie, et les échanges sont relativement faciles et bon marché. 
Elles constituent une collectivité intégrée à l’ensemble de la Nouvelle Calédonie, lui-même actuellement partie de la République française.
Les populations résidentes du territoire de Wallis et Futuna sont en immense majorité attachées à la présence française, et il n’y a pas de revendication nationaliste notable. Il semble que la population est consciente des avantages à faire partie de l’ensemble français.
Les populations résidentes des Loyauté et les ressortissants travaillant sur la grande terre sont en très grande majorité indépendantistes. Il n’y a plus d’élus à l’assemblée de province représentant des populations attachées à la présence française.
Les populations semblent donc estimer très majoritairement qu’il n’y a pas d’avantages à faire partie de l’ensemble français.
Le mystère est là. 
Quels avantages peuvent retirer les loyaltiens d’une indépendance de la Nouvelle Calédonie ?
Leur économie propre ne peut pas évoluer dans un avenir prévisible, faute de ressources locales, et d’une population suffisante.
Ils dépendront donc toujours, indépendants ou pas, de transferts en provenance de la grande terre, et de ceux de leurs ressortissants travaillant à l’extérieur.
Les autorités de la grande terre vont-elle continuer d’accepter de transférer une partie de leurs ressources vers une région qui n’est qu’un centre de coûts ?
Les populations de la grande terre vont-elles accepter de laisser des emplois à des personnes venues de l’extérieur de leur environnement immédiat? 
Je ne suis pas optimiste sur ces sujets.
L’indépendance signifie que les transferts financiers de la république française se tariront tôt ou tard.
Les ressources basées essentiellement sur l’industrie du nickel, elle-même basée sur la grande terre, suffiront-elle à alimenter une collectivité qui sera rapidement considérée comme composée de bouches inutiles ?
J’en doute.
L’expérience nous a montré aussi que les emplois liés à la mine et à son industrie faisaient très souvent l’objet de revendications très locales. Cette « localisation » s’étendra-t-elle aux iles Loyauté ?
J’en doute.
Et pourtant.
Les iles Loyauté disposent d’une élite intellectuelle étonnante, quand on la rapporte à sa population.
Le préfet Jacques Iekawe, le magistrat Fote Trollue, le docteur Lalie, le secrétaire général de la SLN Dominique Katrawa, les architectes, les professeurs, les fonctionnaires de haut rang, Louis Kotra Ureigei, les Iahge, les Macate, les Hnepeune , les Sipa, les Citre, les Hnaisseline, tous ces lettrés, ces hommes et femmes de haut niveau, souvent audacieux, toujours intelligents et réfléchis, ils viennent bien des Loyauté !
Ils ne peuvent pas ignorer que le jour où leurs iles natales se retrouveront seules face à une grande terre indépendante, leurs populations seront en grave danger de paupérisation drastique.
Je ne rappellerai pas ces sobriquets méprisants que certains de la grande terre emploient.
Mon but n’est pas de vous opposer à vos frères. 
Mais de résoudre ce mystère.
S’il vous plait, vous avec qui j’ai beaucoup travaillé autrefois, expliquez-moi !
Expliquez-moi les raisons de ce déterminisme vers l’indépendance, apparemment suicidaire! 
S’il vous plaît ! PF

FLG/Pierre Fortier/FB



Archives du web