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L'UC en Congrès samedi

Jeudi 9 Janvier 2014

Le Congrès de l'Union calédonienne se tiendra à Canal samedi 11 janvier. Au programme la formation des listes électorales.
Voici l'interview de Gérard Reignier sur RRB ce matin.



L'UC en Congrès samedi
Journaliste : Gérard Reignier, bonjour.
 
Gérard Reignier : Bonjour.
 
Journaliste : Merci d'être avec nous ce matin. L'UC réunit, samedi, à Canala, un congrès extraordinaire, pour quoi faire ?
 
Gérard Reignier : Pour dire tout simplement déjà que nous ne sommes pas en vacances et nous sommes au travail. Notre congrès extraordinaire, c'est pour désigner la liste de nos candidats UC pour les élections provinciales de 2014. Nous allons arrêter notre liste de candidats.
 
Journaliste : Pourquoi si tard, à l'approche des échéances, fin mars, les municipales, et mai pour les provinciales ?
 
Gérard Reignier : Si tard, si on veut, on est dans la continuité des choses. Les choses, elles se sont faites dans nos structures, le travail a été fait après notre congrès de Lifou. On est dans un développement normal et on va continuer à avancer normalement.
 
Journaliste : Quelle est la stratégie pour l'UC pour les municipales ? C'est un candidat partout où c'est possible ?
 
Gérard Reignier : D'abord, c'est une vision pays.
 
Journaliste : Mais les municipales ne proposent pas cette vision globale ?
 
Gérard Reignier : Nous, nous voulons l'instaurer comme ça parce qu'il est important que les politiques publiques que nous allons engager au niveau du pays, au niveau du gouvernement, elles puissent être relayées sur le terrain. C'est important qu'il y ait cette notion pays. C'est d'abord cette vision nationaliste que nous voulons mettre en place, et ensuite, être présents sur l'ensemble des communes. Nous n'aurons pas de liste sur Farino. Quand je dis "nous", c'est UC, ou FLNKS, ou bloc nationaliste, ou démarche nationaliste. À part Farino, pour l'instant, où nous ne sommes pas présents, nous serons présents sur l'ensemble des communes du pays.
 
Journaliste : Cette stratégie unitaire, qui est souvent prônée au sein du FLNKS et dans le bloc indépendantiste, où est-ce que vous en êtes ? Je parle des municipales. Est-ce que ça veut dire, quand même, que l'UC va faire le forcing pour être présent partout ou vous vous rangez derrière d'autres candidatures ?
 
Gérard Reignier : Présents, ça veut dire qu'on va être sur les listes sur l'ensemble des communes, ce qui veut dire que…
 
Journaliste : Oui, mais vous allez désigner des candidats, samedi ?
 
Gérard Reignier : Bien sûr, mais à des moments, on sera en position de tirer la liste, à des moments, on sera en position d'être derrière d'autres personnes, mais l'important, nous, on n'est pas forcément sur une démarche leadership, on est sur une démarche très complémentaire et surtout sur une démarche qui permet à chacun d'avancer à la même vitesse et surtout sur le même objectif, et c'est ça notre engagement. Donc, nous serons présents, soit en tête de liste, soit à l'intérieur d'une liste, mais nous serons présents sur l'ensemble des communes, sauf Farino.
 
Journaliste : Les municipales, scrutins aussi importants pour vous que les provinciales ?
 
Gérard Reignier : Oui, bien sûr, parce que, peut-être, la différence par rapport à ce que vous dites, c'est que là, on a des élus qui sont au quotidien présents auprès des populations. Et je crois que ce sont les premiers interlocuteurs de ces populations pour pouvoir conscientiser, conforter, renforcer, et donc, ce sont des gens qui sont à même de faire bouger la société.
 
Journaliste : Pour les provinciales, quelle est la stratégie de l'UC ? Listes partout, dans chaque province, listes unitaires, listes UC ?
 
Gérard Reignier : Pour l'instant, une chose est sûre, puisque c'est le congrès du FLNKS qui l'a dit, et nous, nous en étions totalement d'accord, c'est une liste unique en province Sud. Nous sommes en train de travailler pour qu'il y ait cette liste unique en province Sud. Sur le Nord et les îles, on n'a pas le même souci, puisque le Nord, ce sont les indépendantistes qui sont à la tête de la province Nord aujourd'hui, tout comme la province des Îles. Simplement, il est important pour nous de permettre à l'ensemble des populations d'être représentées et de faire valoir leur vision et leur démarche. Et donc, là, c'est dans une stratégie, on va dire, on va tenter de ratisser au plus large pour que les populations se sentent totalement représentées dans ces provinces.
 
Journaliste : On a quand même parfois un peu l'impression qu'au-delà du discours stratégie unitaire, il y a des affrontements ou en tout cas des positions un peu différentes, y compris au sein du FLNKS, entre l'UC et le Palika notamment. Est-ce que dans les provinciales, ces tensions ou ces divergences ressortent dans la constitution des listes ?
 
Gérard Reignier : C'est pas l'affrontement, c'est la démocratie. C'est projet contre projet, c'est vision contre vision. Il y a des points où nous sommes totalement en phase, et il y a d'autres points où, forcément, nous avons des visions peut-être différentes. L'UC, qui est le plus vieux parti, à son niveau, a un slogan, "deux couleurs, un seul peuple", donc c'est quelque chose que nous continuons à porter. Le Palika a une autre histoire, une autre démarche, d'autres fondements, mais nous nous retrouvons sur l'essentiel qui est bien la responsabilité au niveau de ce pays, la responsabilité au niveau des institutions, pour aller vers un pays souverain. Là, nous nous retrouvons et là, nous faisons avancer le pays dans ce sens-là.
 
Journaliste : On a quand même l'impression, stratégie unitaire, puisque c'est vraiment le slogan qui est mis en avant quand on entend le Parti travailliste, par exemple, qui dit "stratégie unitaire, mais on aura des listes et des candidats partout où c'est possible". Vous, finalement, c'est à peu près la même chose, l'UC. Derrière cette façade, on a l'impression que tout n'est pas réglé ?
 
Gérard Reignier : On n'est pas dans un système dictatorial où il y a un patron qui décide pour tout le monde. On est dans un système démocratique et qui plus est, en milieu kanak, il faut obtenir les consensus, et donc, je comprends que le Parti travailliste veut prendre sa part aussi de travail et de responsabilité. Pour nous, nous sommes en train de travailler avec eux. Au Mont-Dore par exemple, nous sommes en train de travailler sur une liste et ils auront aussi leurs candidats, tout comme l'UC, ce qui est normal et ce qui est bien. Je pense qu'il est important que les partis politiques, que les gens qui ont envie de faire quelque chose, qui ont des visions, puissent venir les développer au sein des institutions. Je pense que c'est ça le plus important. Il ne faut pas que les gens ne s'y retrouvent pas sinon, après, on les trouve dans la rue. Donc, vaut mieux qu'on soit dans les institutions, qu'on travaille ensemble, qu'on élabore, qu'on construise ensemble, plutôt que de laisser les gens sur le bas côté de la route, c'est jamais très bon.
 
Journaliste : Depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois, l'UC dit "l'objectif des provinciales, c'est prendre le Congrès", qu'il soit à majorité indépendantiste, c'est la méthode Coué ?
 
Gérard Reignier : Non, ce n'est pas la méthode Coué, c'est une nécessité. C'est une nécessité pour le pays, sinon le pays va continuer à…
 
Journaliste : Mais vous savez bien que ce sera compliqué, quand même ?
 
Gérard Reignier : Même si c'est compliqué, je veux dire, c'est pas la première fois qu'on se lance des objectifs ambitieux, on en a l'habitude et on répond à ces objectifs et on va faire en sorte que. L'objectif derrière, c'est pas forcément prendre le pouvoir, c'est pas ça la nécessité. La nécessité, c'est de changer le pays, d'engager des politiques publiques pour les populations, pour les citoyens de ce pays, c'est ça la nécessité. Et pour ça, il nous faut un rapport de force confortable, qui nous permette justement de changer. On ne peut pas continuer à vivre avec une fiscalité qui n'amène que de la souffrance dans ce pays. Elle amène des gens riches, ok, mais elle amène aussi de la souffrance. Ce n'est plus possible. Nous changerons la fiscalité dès mai 2014.
 
Journaliste : Sur la fiscalité, il y a déjà tout un travail qui est fait au Congrès. Je crois que Caroline Machoro travaille beaucoup sur le sujet, ça n'avance pas beaucoup non plus !
 
Gérard Reignier : Nous n'avons pas la majorité ! Je crois que, on le voit bien sur la TGA. La TGA avait été votée, aujourd'hui, il y a un bricolage de madame Backes et de monsieur Martin, pour revenir à nouveau avec une nouvelle TGA qui sera déjà déficitaire de 6 milliards. Donc, on voit bien la démarche, c'est que, une fois qu'elle sera votée, on va tout de suite augmenter les taux. On est en train d'être dans le schéma de Polynésie. C'est pas notre vision, c'est pas notre vocation à l'UC, et je pense au FLNKS, donc on va faire les choses autrement et on travaille pour que les choses se fassent autrement et nous ferons en sorte, nous demandons aux populations de venir nous soutenir pour rendre cette société plus juste, plus solidaire, mieux équilibrée.
 
Journaliste : C'est la trêve des confiseurs en ce moment sur le territoire, il y a assez peu de déclarations politiques. Juste avant les vacances, on s'aperçoit qu'il peut y avoir, chez certains leaders politiques, une espèce de surenchère verbale. Comment vous voyez la campagne à venir ? Est-ce que ça va monter en tension, est-ce que ce sera une campagne sereine et quel est votre envie, vous ?
 
Gérard Reignier : Nous, c'est clair, on est là pour construire. On veut que les choses se fassent dans la sérénité, même s'il y a de l'opposition, comme vous le dites, c'est des points de vue, c'est des débats d'idées, et ça, c'est important pour qu'un pays vive, il faut qu'il y ait ces débats d'idées. Par contre, c'est vrai que la politique de la peur, qui n'est pas menée par le milieu indépendantiste, qui est souvent un vieux réflexe des partis de droite, on voit bien qu'il est en train de revenir. On aime bien jouer à l'apprenti sorcier et puis c'est compliqué et très risqué. Moi, j'ai déjà fait passer le message en demandant aux gens de se calmer, d'arrêter de se faire peur, parce que la peur, on ne construit pas grand chose avec la peur.
 
Journaliste : Mais Kanaky 2014, ça peut faire peur aussi !
 
Gérard Reignier : Non, je pense que ça, c'est cette vocation, on le redit. Maintenant, Kanaky, ça veut dire qu'on construit quelque chose. Kanaky, c'est pas l'enfer, c'est pas la destruction. Kanaky, c'est un pays plus solidaire, plus juste, plus équilibré, et donc, forcément, il faut construire. Pour construire, il faut qu'il y ait des gens au travail, il faut qu'il y ait des gens en poste, il faut qu'il y ait des gens en responsabilité, il ne faut pas qu'il y ait des gens qui aient peur.
 
Journaliste : Mais vous, vous vous rangez dans ce slogan, "Kanaky 2014" ?
 
Gérard Reignier : Ah nous, on a un slogan qui s'appelle "Top 2014". On a défini un objectif et on s'est donné rendez-vous avec le Premier ministre de la France, donc avec l'État français, avec le peuple français, au référendum qui aura lieu entre mai 2018 et novembre 2018. C'est le rendez-vous qu'on s'est donné et c'est le rendez-vous qu'on a pris, c'est la démarche de l'UC, nous sommes à ce niveau-là. Et nous espérons bien que notre Top 2014, de prendre la majorité au Congrès, permettra de changer et de rassurer les populations, que le référendum qui aura lieu en 2018 est un référendum qui va donner naissance à une nation plus juste, plus solidaire, plus équilibrée.
 
Journaliste : Gérard Reignier, merci d'avoir été avec nous ce matin.
 
Gérard Reignier : Merci. 
 

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