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Interview de Daniel Goa sur RRB : 15 novembre

Lundi 18 Novembre 2013

Retranscription "mot à mot" RRB le 15 NOV 2013
Journaliste : Notre invité, ce midi, est Daniel Goa, le président de l'UC. Bonjour.

Daniel Goa : Bonjour.

Journaliste : Merci d'avoir accepté notre invitation. Vous avez été réélu président de l'UC le 4 novembre dernier, comment est-ce qu'il faut l'interpréter, cette réélection ? C'est le choix de la continuité, ça vous a surpris, parce que vous aviez fait un certain nombre de propositions qui avaient un peu surpris et suscité des réactions ? Est-ce que vous-même, vous vous attendiez à être reconduit à la tête de l'UC ?



Interview de Daniel Goa sur RRB : 15 novembre
Daniel Goa : Je m'attendais un peu, parce qu'en face de moi, il n'y avait pas beaucoup de concurrence, si ce n'est que des personnes qui sont pris dans différentes institutions, aux différentes responsabilités. Je m'y attendais un petit peu, malgré mes déclarations concernant l'assemblée constituante, etc. Je pense que les gens qui étaient là, c'était surtout pour garder une certaine sérénité avant d'aborder les échéances qui arrivent.
 
Journaliste : Vous aviez en face de vous Chanel Tutugoro. Ça veut dire qu'il y a des tendances, il y a des courants, il y a des lignes différentes au sein de l'UC ou vous avez l'impression que, globalement, il y a une unité derrière vous ?
 
Daniel Goa : Quand Jean-Marie disait, à l'époque, quand il y a des gens qui nous interpellent de façon assez virulente, il faut s'en satisfaire, parce que ça veut dire que les gens sont encore avec nous. Quand il n'y a plus personne qui parle…, soit tout le monde est avec nous, donc, c'est la dictature, soit tout le monde est parti, donc on est tout seul.
 
Journaliste : Vous, vous avez l'impression que vous êtes suivi et que vous faites l'unanimité au sein de l'UC ?
 
Daniel Goa : Unanimité, non, parce que c'est quand même la force de l'UC, c'est qu'il y a différents courants de pensées qui se rencontrent, qui se concurrencent, dans les débats et qui font la force de l'UC. Ça, je pense que c'est aussi ce qu'on peut qualifier de force d'autodynamisme à l'intérieur de l'UC.
 
Journaliste : Vous aviez parlé, il y a quelques semaines, d'une assemblée constituante qui avait déjà surpris les gens. Vous sortez du congrès en parlant d'une assemblée référendaire. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que vous mettez derrière ces mots, qu'est-ce que ça veut dire et à quoi ça sert ? Est-ce que c'est la même chose, assemblée constituante, assemblée référendaire ?
 
Daniel Goa : C'est deux mots qui se suivent dans le calendrier. C'est aussi l'assemblée référendaire qui précède l'assemblée constituante, mais dont l'objectif reste le même à ce que je proposais, c'est-à-dire permettre aux populations de s'exprimer et de donner leur vision dans ce que doit être le pays après 2018 et 2022. L'assemblée constituante, telle qu'elle a été reprise à Lifou, elle viendrait simplement après les référendums, si on sort indépendant, c'est-à-dire mettre en place un projet de constitution avec le contenu que les populations auront déjà proposé ou travaillé dessus.
 
Journaliste : Et l'assemblée référendaire ?
 
Daniel Goa : L'assemblée référendaire, c'est le travail en amont, c'est-à-dire d'ici 2014, si le FLNKS porte avec nous, c'est que d'ici 2014 jusqu'en 2015, 2016, on puisse associer les gens à la réflexion sur l'après 2018 ou 2022.
 
Journaliste : L'assemblée référendaire, ça veut dire que vous vous situez dans l'optique de l'organisation des trois référendums de sortie de l'Accord de Nouméa ?
 
Daniel Goa : C'est l'Accord de Nouméa, on va jusqu'aux trois référendums. Ça, il n'y a rien qui change. L'assemblée référendaire, c'est comme l'assemblée constituante, c'est donner une lisibilité dans ce qu'il y a derrière. Quand monsieur Gomès parle d'éclairage, nous, c'est l'éclairage du oui, c'est-à-dire, si on sort indépendant, qu'est-ce qu'on fait ? Ça, on n'a pas les réponses, encore, aujourd'hui, et chacun essaye de se contenter de ce qu'il y a dans l'Accord de Nouméa jusqu'en 2018, mais pas plus.
 
Journaliste : Pourquoi, alors qu'il n'y a pas de majorité pour l'indépendance, les indépendantistes réclament absolument ces référendums de sortie, des référendums qu'ils vont perdre ?
 
Daniel Goa : C'est lié à l'histoire de la colonisation. Le peuple kanak qui est colonisé, c'est le seul peuple kanak qui doit discuter de sa décolonisation. Quand on est dans la situation aujourd'hui, on a introduit cette situation depuis Nainville les Roches en 1983, avec Lafleur et Tjibaou qui ont négocié, pour intégrer dans cette discussion qu'il y a eu déjà entre l'État et le peuple colonisé, c'est-à-dire les Kanaks, de prendre en compte les victimes de l'histoire, donc tous les Calédoniens qui étaient là depuis longtemps et qui sont arrivés pour différentes raisons. Ils avaient leur place ici dans ce pays, et donc, c'est cette initiative-là qui nous a introduits dans la résolution 26-25 de l'ONU, qui permet de donner la parole à l'ensemble des Calédoniens. Donc, on devient le peuple colonial, il n'est plus le peuple colonisé. Le peuple colonisé, c'est avec les victimes de l'histoire, qui arrive jusqu'en 2018, donc, 88, 98 et là, on arrive en 2018.
 
Journaliste : Mais s'il y a un non au référendum, un non aux transferts des compétences régaliennes, à l'accès à la pleine souveraineté, comme c'est très prévisible, qu'est-ce qu'on fait ?
 
Daniel Goa : Il y a deux options. Soit on reste autonome, autonomie dans l'autonomie, parce que l'Accord de Nouméa, c'est un niveau d'autonomie. On peut se satisfaire de ça tout en sachant que la Nouvelle-Calédonie reste quand même un pays à décoloniser.
 
Journaliste : C'est-à-dire inscrit sur la liste des pays à décoloniser !
 
Daniel Goa : Donc, elle ne sortira pas parce qu'elle n'est pas indépendante. La deuxième option, c'est que si les trois référendums sont négatifs et que le peuple kanak…, parce que l'Accord de Nouméa dit qu'il faut que les partenaires se retrouvent et analysent la situation ainsi créée. Si le peuple kanak dit "moi, je n'ai plus rien à dire, je négocie avec l'État et puis c'est à l'État de se débrouiller avec les victimes de l'histoire", donc, l'État parlera au nom de tout le monde, en face du peuple kanak. Et comme le peuple kanak, c'est le seul qui demande la décolonisation, l'indépendance, il n'y aura pas d'autres solutions que ça, et on ne résout pas la question puisque les gens…, au nom de qui, la France va parler. Ils seront dans le pays, avec les mêmes droits, avec la même nationalité, la même citoyenneté, dans un pays indépendant qu'ils n'auront pas souhaité. C'est parce que le contenu, ils ont été absents, dedans. Donc, c'est la préoccupation de l'assemblée constituante et de l'assemblée référendaire.
 
Journaliste : Comment vous faites pour contourner ce problème de la majorité des Calédoniens qui ne veulent pas l'indépendance ? À quel moment vous les prenez en compte ?
 
Daniel Goa : C'est d'essayer de reproduire ce qu'on a initié en 98, c'est-à-dire emmener les gens à se parler, à discuter et envisager un projet commun. Parce que si on s'arc-boute sur nos conflits de légitimité, il n'y a aucun peuple qui a résolu ces questions-là. Les questions de légitimité, on peut les laisser de côté et regarder comment on fait converger nos intérêts. Et donc, c'est la construction du destin commun, c'est le pays à construire. Nous, on le voit sous l'indépendance, il y en a qui ne le voit pas comme ça, mais, est l'objectif, encore, de l'assemblée référendaire, c'est donner ce contenu. 
 
Journaliste : Vous aviez aussi parlé d'un nouvel accord de 20 ans. Comment les militants et les délégués de l'UC ont régi à cette proposition et est-ce que vous, vous envisagez toujours ce nouvel accord dont vous aviez parlé ?
 
Daniel Goa : L'accord de 20 ans, il a été jeté tout de suite.
 
Journaliste : À l'UC, personne n'en veut ?
 
Daniel Goa : À l'UC, personne n'en veut. L'accord de 20 ans, c'est une réalité. Je m'arrête à une consultation de 2018, où la majorité des Calédoniens se prononcent en faveur de l'indépendance. Au 1er janvier 2019, on a nos compétences régaliennes. Qui fait quoi ? C'est la question qui nous est posée pendant les 20-30 ans. C'est cette durée-là qui est nécessaire, tout en sachant que le pays est indépendant. Mais il faut quand même l'accompagnement pour pouvoir former les hommes, négocier ces interdépendances-là, la justice, l'armée, la diplomatie, etc. C'est pas une période en deçà de l'indépendance, mais c'est une période après l'indépendance, où les discussions avec l'État s'engagent pour un accompagnement négocié.
 
Journaliste : L'indépendance, comment est-ce que vous l'envisagez ? Est-ce qu'il n'y a pas un côté très idéologique, presqu'irrationnel, à rester attaché à ce terme d'indépendance, alors qu'on sait que le monde évolue, que le monde bouge, que la Calédonie évolue aussi ? Est-ce que c'est parce que c'est votre fond de commerce, que vous ne pouvez pas proposer autre chose à votre base, ou est-ce que vous croyez vraiment encore à une indépendance de la Calédonie ?
 
Daniel Goa : Je pense que l'indépendance, elle a sa place. Il faut y aller, parce que c'est une fois indépendant qu'on négocie nos interdépendances. Jean-Marie Tjibaou disait toujours que l'indépendance, c'est notre capacité à négocier nos interdépendances, c'est-à-dire, à travers toutes les forces qui sont dans la périphérie du Pacifique, comment nous, on s'en sort au mieux pour faire vivre nos populations de façon heureuse et de façon satisfaisante. C'est ça la préoccupation. L'indépendance en lui-même, c'est un mot. Qu'est-ce qu'on lui donne ? C'est les populations qui sont nos indicateurs du bonheur et puis de la qualité de la vie qu'on leur donne.
 
Journaliste : Vous n'étiez pas au comité des signataires, vous ne souhaitiez pas y participer, c'était un choix de votre part de ne pas y aller, à Paris ?
 
Daniel Goa : Oui, c'était un choix de ma part, j'ai désigné les gens du bureau pour y aller.
 
Journaliste : La plupart des participants sont rentrés en disant qu'il y avait un large consensus, qu'il y avait une convergence de vue sur l'avenir institutionnel, et depuis, on a entendu beaucoup de voix discordantes, chez les indépendantistes, notamment Rock Wamytan pour l'UC qui dit qu'il n'est pas favorable à une solution consensuelle, que c'est pas dans vos projets. Quand il dit ça, il retransmet son opinion personnelle ou celle de l'UC, ou la vôtre ? Vous, est-ce qu'une solution consensuelle, ça vous paraît une solution envisageable ?
 
Daniel Goa : Je pense que c'est, là aussi, la force des Calédoniens, c'est que, quand il ne faut pas montrer nos désaccords, on ne les montre pas. Mais je pense que les propositions qui ont été faites au comité des signataires, c'est-à-dire les trois solutions possibles, chacun se retrouvait dans une des solutions.
 
Journaliste : Les quatre, même ! Celle du rapport des deux experts.
 
Daniel Goa : Voilà. Rock se positionnait pour celle que nous, on porte, l'UC, c'est-à-dire l'indépendance. Mais je pense qu'il y a tous les autres responsables politiques qui auraient pu faire la même démarche de communication pour défendre leur positionnement, au retour, ici. C'est Rock qui s'est mis en avant dans ça, mais il porte quand même la sensibilité de l'UC.
 
Journaliste : Ça veut dire la pleine souveraineté. Ensuite, le deuxième cas de figure, c'est une sorte d'indépendance-association, puis une très large autonomie, et dernier cas de figure, le statu quo de l'Accord de Nouméa. L'UC se situe sur le premier cas de figure, elle peut évoluer dans les années qui viennent, ou c'est une position de principe, dont vous ne bougerez pas ? 
 
Daniel Goa : L'UC se positionne sur la pleine souveraineté parce que c'est ce qui a été négocié jusque-là. Comme je l'ai dit, quand on arrive à l'indépendance, c'est là où on est capable d'exercer notre droit d'hospitalité et nos interdépendances. C'est un passage obligé pour nous, c'est pour ça qu'on maintient ce cap-là. 
 
Journaliste : Tout le monde a dit aussi qu'après les élections de mai 2014, il y aurait des discussions sur l'avenir institutionnel. Comment est-ce que vous voyez ces discussions et est-ce que vous allez les aborder en refusant toute concession et en arrivant uniquement avec un projet tout fait ?
 
Daniel Goa : Non, parce que nous avons, depuis le congrès de Lifou, proposé la mise en place d'une structure interne à l'UC, qui va commencer à travailler avec des personnes ressources qui ne sont pas forcément à l'UC, mais sur les différents secteurs de la vie calédonienne, et aussi sur les différents secteurs des compétences régaliennes. On ira proposer au FLNKS et on proposera au pays, le moment venu, quand les discussions arriveront. 
 
Journaliste : Sur le fond, vous souhaitez pouvoir déclencher les référendums d'autodétermination avant 2018, avant la fin de la mandature ?
 
Daniel Goa : C'est stratégique. Pour avoir la main, il faut qu'on déclenche ce référendum, comme ça, c'est les Calédoniens qui ont la main, et pour ça, il faut qu'on arrive à se mettre d'accord, et c'est le fameux projet de l'assemblée constituante, c'est-à-dire le contenu de l'après. Si on se met d'accord sur ce projet-là, on se met d'accord pour sortir et mettre en œuvre ce projet, c'est un contrat social. Par contre, si on ne le fait pas, on n'a pas réussi à se mettre d'accord malgré les 30 ans passés des accords, c'est l'État qui reprend la main. Nous, le devenir, on ne le maîtrise pas. C'est l'État maintenant qui dit ce qu'on doit faire. Et moi, je trouve que c'est dommage, pour nous, les indépendantistes, c'est dommage, parce qu'on veut être les futurs dirigeants d'un pays et puis on n'est pas capables de s'entendre, de faire entendre raison à nos populations.
 
Journaliste : L'État qui dit assez régulièrement envisager l'hypothèse dans laquelle les Calédoniens arriveraient à trouver un accord, un consensus, et l'État dit qu'il les accompagnera dans ces cas-là, qu'il est prêt à modifier la Constitution. Pourquoi est-ce que l'État parle aussi régulièrement de solution consensuelle ? C'est contre votre accord, vous leur avez dit que vous étiez contre et ils en parlent quand même, comment est-ce que vous voyez les choses ?
 
Daniel Goa : Parce que l'État, il est dirigé par des socialistes qui ont été à l'initiative de l'accord de Matignon et Nouméa. Je pense qu'ils sont dans cette perspective de faire que les Calédoniens arrivent à trouver ensemble une sortie qui nous incombe. Ça veut dire qu'il faut qu'on soit capable de faire muter nos idées, de façon à trouver la solution dans laquelle les Calédoniens puissent vivre bien, vivre heureux.
 
Journaliste : Et pour faire muter ces mentalités, qu'est-ce qu'il faut, il faut du courage, il faut prendre des risques, il faut qu'il y ait un leader indépendantiste qui ose faire le pas ?
 
Daniel Goa : Il y a ça, il y a cette démarche, mais il y a aussi la démarche de préparer les populations. Jean-Marie, à l'époque, quand il a été avec Jacques Lafleur pour signer l'Accord de Matignon, parce qu'il y a des gens qui s'entretuaient, on n'a pas compris, tout le monde était dans la logique de confrontation. Et aujourd'hui, tout le monde est content d'être dans ça, on le voit. Pourtant, les deux hommes ont subi des pressions en revenant. Ils ont été assez solides pour le faire. Aujourd'hui, il faut regarder qui est assez solide pour le faire parce que, quand il y a un responsable qui essaye de mettre un pas en avant, on se dépêche de le ramener au point de départ. Ça, c'est toute la question qu'il reste à développer, sur la capacité des hommes responsables aujourd'hui à prendre les décisions qui s'imposent pour faire avancer le pays. J'en reviens toujours à cette idée d'assemblée constituante, parce que c'est dans cet esprit-là, c'est de permettre aux Calédoniens d'acquérir la maturité nécessaire pour envisager un programme commun de société. Ça, c'est encore plus fort, parce que c'est les gens eux-mêmes qui le font. C'est pas partie gagnée, mais peut-être que dans deux générations, on va y arriver.
 
Journaliste : Vous sentez une évolution chez les militants de l'UC, chez les nouvelles générations ? Est-ce qu'ils sont encore aussi idéologues, aussi attachés aux mots, qu'ont pu l'être, les générations précédentes ?
 
Daniel Goa : On n'a plus les mêmes contenus des mots. Les gens, quand ils parlent d'indépendance, ils parlent avec la sensibilité qu'ils ont aujourd'hui. Nous, quand on parle d'indépendance, à une époque, c'était une quête identitaire, c'est affectif. Les jeunes aujourd'hui, ils ont leur vision de l'indépendance, ils ont une approche qui n'est pas totalement conforme à celle que les anciens ont menée. C'est une forme dialectique qui permet à tout le monde d'évoluer, et donc, c'est la chance qui nous est donnée à nous, d'être capables de s'adapter aux situations lorsqu'elles évoluent.
 
Journaliste : Quelles sont vos relations aujourd'hui avec les responsables politiques non-indépendantistes ? Vous l'avez dit vous-même, que vous discutiez avec Pierre Frogier. Vous en êtes où aujourd'hui et de quoi parlez-vous ? Est-ce que vous campez chacun sur vos positions, est-ce que vous essayez de travailler sur l'avenir, comment ça se passe ?
 
Daniel Goa : Maintenant, tout le monde le porte, la discussion sur la mine. On a échangé sur nos différents points de vue par rapport à la SLN et à notre demande que la Calédonie rentre dedans. Ce n'est pas celle de monsieur Frogier, et puis on a le modèle usine du Nord…, quand je dis modèle, c'est le modèle de développement économique qui est porté par l'usine du Nord. On essaye d'échanger autour de ça pour trouver un point d'accord. C'est pas évident, parce que derrière chacun de nous, il y a des militants, il y a des structures, il y a des mouvements de droite, comme de gauche. On est tous dans une grande structure, et donc, forcément, les décisions sont difficiles à prendre.
 
Journaliste : Surtout en période électorale !
 
Daniel Goa : Oui.
 
Journaliste : Vous pensez que, passée la période de la campagne, après le mois de mai, il y a des positions qui pourront être plus faciles à adopter ou à exprimer ? Ça dépend des résultats ?
 
Daniel Goa : C'est pas dit, parce qu'on sort de la campagne électorale. Oui, il va y avoir des résultats électoraux, mais quand on va sortir de la campagne électorale, on va être sur la sortie de l'accord. Là aussi, les enchères vont être encore très élevées.
 
Journaliste : Comment se préparent ces rendez-vous électoraux du côté de l'UC ? On parle beaucoup de listes unitaires avec le FLNKS, ça va être possible ?
 
Daniel Goa : Nous avons fait, au congrès, le point sur le Top 2014, et donc, mesurer un peu où on en était. Et là, samedi 23, on a une commission exécutive à l'UC, pour organiser les gens pour avancer, continuer le travail jusqu'au 31 décembre de cette année, parce que c'est là où les listes vont clôturer. Ensuite, la réunion du bureau de lundi a envoyé les consignes aux différentes structures pour qu'elles commencent à faire remonter le programme communal, provincial, pays, les propositions de programmes, de façon à faire quelque chose de cohérent sur l'ensemble du pays. On est déjà là-dessus. Pour le moment, on n'est pas encore sur les listes, sur les noms des candidats, on est simplement sur les programmes.
 
Journaliste : Les élections municipales, pour vous, c'est un rendez-vous important, il y a beaucoup de communes indépendantistes. Vous allez essayer de garder le maximum de communes, mais est-ce que ce serait une démarche FLNKS, aussi, pour les municipales ou est-ce que là, chacun joue pour soi ?
 
Daniel Goa : Là, c'est l'inconnu, c'est la nouvelle donne. Il y a la loi électorale qui vient de s'imposer à l'ensemble des communes et donc, les gens, ils vont essayer de ne pas disparaître. Çà veut dire qu'à partir de là, ils vont faire les alliances nécessaires. La consigne qu'on a donnée à nos gens, c'est qu'ils respectent la démarche unitaire, c'est-à-dire le FLNKS d'abord, ensuite les progressistes, les travaillistes, et puis ensuite les nationalistes. Les nationalistes, pour nous, c'est large, parce qu'on est toujours dans le cadre de l'Accord de Nouméa. 
 
Journaliste : Et pour les provinciales, vous voyez les choses comment ? Même si vous arrivez à rendre discrètes vos divisions, on sait qu'avec le Palika, c'est pas le grand amour, vous allez tout de même arriver à faire des listes communes pour les provinciales, alors qu'il y a des vrais enjeux, le Palika détient la province Nord, vous détenez la province des Îles, est-ce que vous allez arriver à aller unis, à cette échéance ?
 
Daniel Goa : Sur les provinciales, dans le Nord et sur les îles, c'est pas l'enjeu primordial, parce que la consigne du bloc nationaliste, elle s'adresse particulièrement à la province Sud. En tenant compte de l'histoire des divisions des listes dans les élections passées, on s'est rendu compte qu'on perdait beaucoup de voix qui pouvaient ramener des sièges. Ça, c'est faire une seule liste et puis ensuite faire voter les gens dans la province où ils résident, et puis ensuite, à travers les familles, recenser tous les abstentionnistes pour les faire voter. Cette partie du travail, elle est encore plus compliquée parce qu'on bouge des habitudes. Il y a des gens qui ne souhaitent pas voter en province Sud, parce que culturellement, ils sont rattachés à leur province. Et puis, il y a des gens qui s'abstiennent depuis l'âge de voter, pas pour des raisons précises, mais qui, pour eux, c'est pas… Aujourd'hui, c'est vraiment un gros travail que de les décider à prendre la route pour aller s'inscrire dans une mairie.
 
Journaliste : Et pour les provinces Nord et Îles, vous voyez les choses comment ?
 
Daniel Goa : Dans la province Nord, il n'y a pas d'enjeu particulier, si ce n'est qu'il ne faut pas qu'on perde plus de sièges, pour ne pas gagner en province Sud ce qu'on perd dans le Nord. Sur la démarche unitaire, je pense que les différents groupes politiques, ils vont partir séparément, je pense.
 
Journaliste : Et vous-même, vous envisageriez de conduire la liste UC dans la province Nord ou pas du tout ?
 
Daniel Goa : Pour le moment, ce sont nos structures qui proposent des candidats. Donc, pour le moment, on n'a pas encore donné nos candidats. Moi, personnellement, je n'ai pas souhaité tirer une liste, parce que c'est quand même beaucoup de travail et il faut assumer. Être président de l'UC et être président de province, c'est quelque chose de lourd.
 
Journaliste : Et vous privilégierez la présidence de l'UC ?
 
Daniel Goa : Ah oui, là, j'ai plein de candidats qui, s'ils le souhaitent, seront portés par l'UC.
 
Journaliste : Le congrès du FLNKS au mois de décembre, quel poids peut avoir l'UC aujourd'hui au sein du FLNKS et quelles idées vous voudriez essayer de transmettre aux autres composantes ?
 
Daniel Goa : C'est déjà de rassurer aussi nos partenaires du FLNKS, pour dire que dans cet Accord de Nouméa, on le porte jusqu'à son terme, puisqu'on a été aussi acteur dans sa signature. Là-dessus, il n'y a pas de souci à se faire. Par contre, c'est la suite parce que nous, on a porté cette assemblée constituante, maintenant, on le remet avant l'assemblée référendaire pour préparer cette sortie en commun. La petite différence qu'il y a, c'est que nos partenaires, eux, c'est l'Accord de Nouméa, rien que l'Accord de Nouméa, et le travail de convaincre, c'est à travers l'usine du Nord, c'est à travers la gestion provinciale, qui sont des démarches qui sont pas opposées, mais qui sont différentes parce que la psychologie de la démarche est différente, parce qu'on donne aux gens, on les convainc, mais ces gens-là vont, d'eux-mêmes, s'apercevoir que, en fait, il faut voter pour l'indépendance. Eux, ils le font dans les réalisations, nous, on le fait dans la conviction, parce qu'on n'a pas…, si, aux îles, on a une démarche provinciale, mais on n'a pas les usines, on n'a pas les trucs aux îles, ce qui fait que c'est à travers cette démarche de concert qu'on essaye d'insuffler dans la population.
 
Journaliste : Et vous pensez que vous allez pouvoir convaincre vos partenaires du FLNKS, lors de ce congrès ou c'est une autre ligne qui va s'imposer ?
 
Daniel Goa : Non, je pense que les deux lignes sont complémentaires, mais c'est que chacun, pour exister, a besoin de s'affirmer, celle sur laquelle il est.
 
Journaliste : Ça va être un climat tendu, lors de ce congrès ?
 
Daniel Goa : Non, je ne pense pas. Je pense qu'on a plutôt intérêt à calmer les choses pour que la démarche unitaire prenne toute sa place.
 
Journaliste : La constitution des listes, quel calendrier est-ce que vous donnez ?
 
Daniel Goa : Je pense que c'est au mois de janvier, début janvier.
 
Journaliste : Pour les listes de l'UC !
 
Daniel Goa : Voilà.
 
Journaliste : Et ensuite, pour les listes éventuellement unitaires avec vos partenaires.
 
Daniel Goa : Voilà.
 
Journaliste : Beaucoup de travail encore en perspective dans les prochains mois ?
 
Daniel Goa : Ah oui, comme tout le monde, je pense, dans le paysage, parce que là, on arrive dans la période où tout le monde va courir, va se croiser et puis on va souhaiter bonne chance à tout le monde.
 
Journaliste : Daniel Goa, merci.

Source : UC



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