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Indépendance et vie chère au cœur des législatives

Dimanche 3 Juin 2012

L’indépendance et la vie chère sont les thèmes récurrents de la campagne législative en Nouvelle-Calédonie, où la droite part en rangs dispersés tandis que les indépendantistes ont su refaire leur unité à la faveur de cette échéance.
A la différence de plusieurs régions d’Outre-mer, comme les Antilles en 2009 ou Mayotte en 2011, la question de la vie chère n’a pas dégénéré en manifestations violentes sur le Caillou, mais elle demeure une préoccupation majeure de la population, dont près d’un quart vit sous le seuil de pauvreté.
Bien que l’archipel connaisse une croissance économique soutenue, les inégalités sociales se creusent et les prix sont orientés à la hausse. Fin 2011, une enquête de l’UFC-Que Choisir avait relevé un différentiel de +104% entre Métropole et Nouvelle-Calédonie, pour les prix de 28 produits de consommation courante.



Indépendance et vie chère au cœur des législatives

Le gouvernement, le Congrès et les syndicats devaient signer le 31 mai des "accords économiques et sociaux", destinés à réformer en profondeur le système économique, mais la réflexion a finalement été prolongée.
"On ne veut plus de mesurettes, on veut réellement sortir de l’économie de comptoir, héritée de la colonisation", a prévenu Didier Guénant-Jeanson, un des leaders de l’intersyndicale "vie chère".Exclu des discussions, le patronat a déjà exprimé sa colère, tandis que la création d’un impôt sur les plus values immobilières, d’une redevance sur le minerai de nickel extrait ou encore d’une loi anti-trust dans la grande distribution sont loin de faire l’unanimité dans les cercles politiques.

Indépendance ou pas ?

L’autre sujet phare de la campagne est celui de l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie où, en vertu de l’accord de Nouméa (1998), un référendum d’autodétermination sera organisé entre 2014 et 2018.
La prochaine mandature constitue ainsi un enjeu fondamental, que les indépendantistes ont fait prévaloir sur leurs querelles internes. Au terme de longues discussions, le FLNKS a choisi de présenter des candidats unitaires dans chacune des deux circonscriptions.
"Il est essentiel que nous soyons là où se prennent les décisions importantes pour le pays. L’Assemblée nationale peut être un tremplin pour nos propositions", a déclaré Jean-Pierre Djaïwé, candidat dans la seconde circonscription où son camp pourrait être en mesure de l’emporter.

Depuis 1986, aucun indépendantiste n’a siégé au Palais-Bourbon.
Pour éviter un vote abrupte "oui ou non" à l’indépendance, qui risque de raviver les tensions, une réflexion a été engagée sur l’élaboration d’un statut consensuel, entre autonomie et indépendance.
Si les indépendantistes - environ deux tiers de l’électorat - n’envisagent plus de rupture totale avec la France, l’exercice des compétences régaliennes, le corps électoral ou la représentation internationale restent à discuter.

A droite, ces enjeux attisent les ambitions et nourrissent les rivalités personnelles entre les leaders, qui prônent le maintien dans la France assortie d’une très large autonomie.
Eclaté, le camp non-indépendantiste présente en tout neuf candidats, dont deux issus du Front national.
Soutenu par Nicolas Sarkozy, le choix de deux drapeaux - kanak et tricolore - comme emblème de l’île, porté par l’UMP locale et une frange des indépendantiste, constitue une importante pomme de discorde au sein des "loyalistes".
Calédonie Ensemble (droite) est fermement opposé à cette option. Actuellement mis sur la touche dans les institutions locales, après une alliance entre le Rassemblement-UMP et des partis indépendantistes, CE mise sur le scrutin législatif pour revenir dans le jeu politique. Les deux députés sortants sont UMP.


Source AFP / Outre Mer



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