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IAC : Thèse de doctorat sur le bulbul à ventre rouge

Mercredi 25 Juillet 2018

Après trois années de recherche à l’Institut Agronomique néo-Calédonien (IAC), Martin THIBAULT, présentera ses travaux de thèse de doctorat le Jeudi 26 Juillet à 13h à l’Université de Massey en Nouvelle-Zélande. Ses recherches s’intéressent au bulbul à ventre rouge, un oiseau considéré parmi les espèces les plus envahissantes au monde. L’objectif de cette thèse était d’évaluer les risques potentiels liés à sa dispersion en Nouvelle-Calédonie afin de guider le plan d’action actuellement en cours de développement pour cette espèce dans le cadre de la stratégie territoriale d’action contre les espèces envahissantes.



Bubul à ventre rouge Martin parle du bulbul dans l’émission (Pycnonotus cafer) Bienvenue dans la Bande sur Caledonia.
Bubul à ventre rouge Martin parle du bulbul dans l’émission (Pycnonotus cafer) Bienvenue dans la Bande sur Caledonia.
Un envahisseur à la réputation mondiale, mais pas si bien connu.
La lutte contre les espèces invasives, qu’elles soient de type animal ou végétal, représente un défi majeur pour la conservation de la biodiversité en Nouvelle-Calédonie, véritable haut-lieu d’endémisme. Parmi les envahisseurs sur le territoire, un oiseau auparavant vendu en cage mais devenu un ravageur agricole : Le bulbul à ventre rouge. Arrivé en Nouvelle-Calédonie vers 1983 et relâché par un marchand pour éviter les poursuites, il s’est établi lentement à Nouméa et sa dispersion en province Sud s’est semble-t-il accéléré depuis une dizaine d’année. Considéré comme un envahisseur majeur par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, cet oiseau originaire de la péninsule indienne a été introduit dans de nombreuses îles du Pacifique. Pourtant à ce jour, peu de données quantitatives sont disponibles qui permettraient d’appréhender les impacts de cette espèce dans les territoires insulaires riches en biodiversité. Seuls quelques exemples en provenance de Hawaii et de la Polynésie Française suggèrent que le bulbul à ventre rouge est capable de dommages importants sur certaines espèces de fruit cultivés, et participe à la dispersion de plantes envahissantes comme le Miconia. Aussi, il a certainement contribué a mener le monarque de Tahiti au bord de l’extinction. Le doctorant a donc mené ses recherches autour de ces trois types d’impacts, tout en suivant l’évolution de la population présente en Nouvelle-Calédonie. Pour cela, il s’est appuyé sur les infrastructures disponibles dans les stations agronomiques de Port Laguerre et Saint Louis, mais aussi sur un réseau de partenaires locaux parmi lesquels la SCO, le CEN et la FFCNC.
  
Trois ans d’enquête.
Inscrit à l’école doctorale du Pacifique puis à l’Université de Massey en Nouvelle-Zélande, Martin THIBAULT a réalisé sa thèse au sein de l’Institut Agronomique néo-Calédonien depuis Mai 2015 et présentera le fruit de ses travaux de recherche le Jeudi 26 Juillet à l’Université de Massey (Palmerston North, 13h00). Encadrée par le Prof. Murray A. Potter (Massey) et co-encadré par le Dr. Fabrice Brescia (IAC), le doctorant a combiné les explorations de terrains, le travail en laboratoire, les tests comportementaux et les analyses bio-informatiques, pour mener à bien ses travaux.
Un diagnostic contrasté qui appelle à la vigilance.
Depuis son arrivée en Nouvelle-Calédonie, le bulbul à ventre rouge n’a cessé de gagner du terrain. La population est aujourd’hui estimée à environ 140 000 individus et il occupe quasi exclusivement les zones habitées qu’il utilise pour se disperser. Les densités ont été estimées entre 30 et 120 ind / km2. Des listes d'espèces végétales et animales consommées ont été compilées et les tests comportementaux ont notamment confirmé que la couleur rouge est largement préférée dans la stratégie de recherche de nourriture du bulbul à ventre rouge. L'exploration de chaque catégorie d'impact a révélé i) des pertes substantielles sur la production fruitière (18% d’une production de tomate), ii) un impact sur l'abondance de 9 espèces d'oiseaux natifs, pouvant conduire à un réassemblage spatial de la communauté, et iii) unedispersion à courte distance (77-92m) qui pourrait favoriser les espèces végétales introduites parrapport aux espèces endémiques après la digestion. Finalement, une modélisation de la niche climatique de l'espèce à l'échelle mondiale a mis en évidence que la plupart des territoires insulaires sont climatiquement favorables à l'établissement de cette espèce d'oiseau envahissante. La plupart de ces travaux ont été publiés par le doctorant et sont déjà disponibles dans la littérature scientifique.

Partenaires scientifiques
IAC
IRD
Université de Massey
Partenaires
Province Sud
Conservatoire des Espaces Naturels de Nouvelle Calédonie (CEN) Société Calédonienne d’Ornithologie (SCO)
Fédération de la faune et chasse de Nouvelle-Calédonie (FFCNC) Université Paris-Sud XI
Université de la Nouvelle-Calédonie
Zoological Society of London
Financements
IAC

Informations pratiques
Titre : « The red vented-bulbul (Pycnonotus cafer): invasion dynamics and ecological impacts of an introduced pest bird in New Caledonia and implications for management »
Par M. Martin THIBAULT,

Jeudi 27 juillet à 13h00
Université de Massey, Nouvelle-Zélande

Source IAC



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