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Harold Martin à la tribune des Nations Unies

Mercredi 10 Octobre 2012

M. Harold Martin, était à New-York pour s'exprimer à la tribune des Nations Unies sur l'évolution de la Nouvelle-Calédonie dans le cadre de l'accord de Nouméa.



Harold Martin à Boulari en 2010 © NCPesse
Harold Martin à Boulari en 2010 © NCPesse
 
Le Président du gouvernement a pris la parole devant la 4ème commission de la 67ème Assemblée générale des nations unies, chargée de la décolonisation et des questions politiques spéciales. Tel que le prévoit le point 3.2.1 de l’Accord de Nouméa, Harold MARTIN a donc porté à la connaissance des représentants du Comité Spécial des 24, les éléments d’actualité leur permettant d’apprécier les évolutions en cours dans notre pays. Après avoir fait référence aux changement politiques intervenus depuis un an, et la dernière intervention du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie devant les Nations Unies, le président à indiqué que : « pour autant, les fondements de la construction de la Nouvelle-Calédonie dans la paix, le respect et l’équité demeurent plus pertinents que jamais. Aussi, j’ai tenu à venir réaffirmer avec force devant vous aujourd’hui, en ma qualité de Président et au nom du Gouvernement collégial de la Nouvelle-Calédonie que nous avons collectivement l’obligation de continuer de mobiliser nos capacités de raison, de compréhension, notre maturité, notre sens du consensus et des compromis positifs au service de l’intérêt général ».
 

Le texte du discours prononcé par le Président du Gouvernement

 
4ème COMMISSION DE LA 67ème ASSEMBLEE GENERALE DES NATIONS UNIES, CHARGEE DE LA DECOLONISATION ET DES QUESTIONS POLITIQUES SPECIALES
 
 
New York, le 9 octobre 2012
 
Monsieur Harold MARTIN, Président du Gouvernement
de la Nouvelle-Calédonie
 
 
Monsieur le Président de la 4ème Commission (M. Noël NELSON MESSONE, représentant permanent du Gabon auprès de l’ONU),
Monsieur le Président du Comité Spécial des 24,                                          
Mesdames et Messieurs les délégués,
Mesdames et Messieurs,
 
 
Notre gouvernement collégial est constitué d’indépendantistes et de non indépendantistes représentant la double légitimité du pays et nous sommes très honorés de pouvoir prendre la parole aujourd’hui devant vous.
 
L’an dernier, je demandais à Gilbert TYUIENON, indépendantiste et Vice-président du Gouvernement, d’être ici à New York notre interprète pour exposer la situation en Nouvelle-Calédonie. Il déclarait le 04 octobre 2011 au titre des évolutions institutionnelles, je cite : « […] qu’en accord entre les partenaires indépendantistes et non-indépendantistes, Monsieur Rock WAMYTAN [...] a été élu à la Présidence du Congrès de Nouvelle-Calédonie, et c’est la première fois, depuis 34 ans, qu’un indépendantiste est élu à cette fonction ». Et il ajoutait « La Nouvelle-Calédonie, s’écartant de la logique majorité-minorité, a décidé de dépasser les oppositions idéologiques en instaurant une nouvelle méthode de gouvernance reposant sur un partage du pouvoir dans les institutions ».
 
Cette année cette situation s’est modifiée. En effet, le drapeau indépendantiste a été levé aux côtés du drapeau tricolore français en présence du Premier Ministre de la France, François Fillon.
Ce geste fort de reconnaissance à l’adresse des indépendantistes et ce geste très symbolique de paix et d’apaisement entre les communautés a été combattu vivement par un parti politique qui en a fait son argument de campagne électorale lors des élections législatives de juin 2012 développant à l’occasion un discours radicalement anti-indépendantistes. Ce parti non signataire de l’Accord de Nouméa a pour la première fois remporté les deux postes de député au Parlement français.
 
Ce rejet du drapeau FLNKS montre qu’une partie de la population calédonienne principalement d’origine européenne reste très méfiante des évolutions et inquiète de l’avenir institutionnel. Cette nouvelle donne électorale a conduit au mois d’août 2012 à l’élection à la présidence du Congrès d’un kanak non indépendantiste, Gérard POADJA, à la place de Rock WAMYTAN, indépendantiste.
 
Le résultat des élections législatives de juin dernier et son impact sur la nouvelle organisation politique de notre assemblée délibérante a eu pour conséquences immédiates de lancer très prématurément la campagne des élections générales de mai 2014. Par conséquent, le gouvernement que je préside aura du mal à faire adopter par les élus les réformes majeures de réduction des inégalités et de justice sociales qu’il a pris l’initiative d’élaborer pour lutter contre la fracture sociale ainsi que la réforme fiscale dont la Calédonie a besoin.
 
Pour autant, les fondements de la construction de la Nouvelle-Calédonie dans la paix, le respect et l’équité demeurent plus pertinents que jamais.
Aussi, j’ai tenu à venir réaffirmer avec force devant vous aujourd’hui, en ma qualité de Président et au nom du Gouvernement collégial de la Nouvelle-Calédonie que nous avons collectivement l’obligation de continuer de mobiliser nos capacités de raison, de compréhension, notre maturité, notre sens du consensus et des compromis positifs au service de l’intérêt général.
 
Avant de procéder à l’exposé que vous attendez, je souhaite rendre hommage à la mémoire de Monsieur Charles PIDJOT, président du premier parti indépendantiste, décédé le 11 septembre 2012 et qui a été un acteur politique calédonien de premier plan ces trente dernières années, signataire de l’Accord de Nouméa, et engagé avec sincérité et détermination dans la construction du destin commun et du futur partagé entre tous les Calédoniens.
 
Sur le plan institutionnel, tout d’abord, les dossiers majeurs de l’Accord de Nouméa ont connu des avancées significatives.  
 
Les transferts de compétences de l’Etat à la Nouvelle-Calédonie, sont l’élément fondateur de l’exercice d’une réelle autonomie et concrétisent le partage de souveraineté défini par l’Accord.
 
L’enseignement secondaire public et privé ndantiste etet l’enseignement primaire privé ont été transférés au 1er janvier 2012 à la Nouvelle-Calédonie. La rentrée scolaire 2012 effectuée dans de bonnes conditions témoignent de la capacité de notre pays à assumer cette lourde charge.
 
Les conventions de transfert concernant la sécurité maritime et la sauvegarde de la vie en mer ont été signées le 3 avril 2012. Le transfert de la sécurité civile à la Nouvelle-Calédonie sera opérationnel au 1er janvier 2014. L’Agence de Développement de la Culture Kanak a été officiellement transférée le 21 août 2012.
 
L’Etat et la Nouvelle-Calédonie travaillent en étroite collaboration sur ces transferts complexes et je peux affirmer avec force que le calendrier de transfert prévu par l’Accord de Nouméa sera intégralement respecté.
 
Sur le plan économique et social,
 
Malgré la crise profonde qui frappe très durement l’économie mondiale, la situation de la Nouvelle-Calédonie reste correctement orientée avec une croissance annuelle du PIB de 2.5% et un chômage faible malgré un certain ralentissement observé au deuxième trimestre 2012.
 
Les crédits budgétaires alloués par l’Etat dans le cadre des Contrats de Développement pour la période 2011/2015 à hauteur de 528 millions de dollars US  viendront alimenter l’activité des entreprises sur le territoire.
 
L’objectif de rééquilibrage économique mais aussi spatial et social, tel que voulu par l’Accord de Nouméa, demeure la priorité absolue de notre Gouvernement. Le Schéma d’Aménagement et de Développement « Nouvelle-Calédonie 2025 » sera transmis aux élus du Congrès très prochainement.  
 
Des accords économiques et sociaux ont été signés avec l’ensemble des syndicats de salariés et l’ensemble des organisations professionnelles pour lutter efficacement contre la vie chère et pour l’amélioration du pouvoir d’achat des Calédoniens. Notre Gouvernement a fait appel à l’expertise de la Haute Autorité française de la Concurrence (autorité indépendante) pour étudier les mécanismes d’importation et de distribution des produits de grande consommation en Nouvelle-Calédonie et l’organisation des structures de contrôle en matière de concurrence. Ces études viennent d’être rendues et transmises aux acteurs sociaux pour analyse avant décision.    
 
Enfin, je souhaite évoquer la mise en œuvre depuis le 1er janvier 2012 du « complément retraite de solidarité » et du « minimum vieillesse ». Ces deux dispositifs assurent à tous les hommes et les femmes de plus de soixante ans qui n’ont jamais travaillé ou peu comme salariés de bénéficier d’une retraite décente mensuelle de 980 dollars.
 
Le dernier volet que je souhaite aborder est celui des relations extérieures de la Nouvelle-Calédonie.
 
La résolution 65/113 notait avec satisfaction « que les relations entre la Nouvelle-Calédonie et ses voisins du Pacifique Sud s’intensifient ».
 
J’ai eu l’honneur de signer le 26 janvier dernier une convention avec l’Etat nous permettant d’installer dans les ambassades françaises de la zone Pacifique des représentants de la Nouvelle-Calédonie auprès de ces Etats.
Le premier représentant dénommé « Délégué pour la Nouvelle-Calédonie » a déjà été nommé à Wellington.
 
En matière de coopération bilatérale, tout en augmentant notre très bonne coopération avec le Vanuatu, nous poursuivons actuellement la diversification de notre champ de coopération en intensifiant nos échanges notamment avec Fidji, Tonga, la Papouasie-Nouvelle Guinée ou encore les Iles Cook.
 
Nous poursuivons par ailleurs nos échanges avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Nous avons dans ce cadre accueilli en 2012 la Gouverneure Générale d’Australie ainsi qu’une grande délégation néo-zélandaise conduite par le Ministre des Affaires Etrangères, Monsieur Murray Mac CULLY.
 
En matière de coopération multilatérale, nous avons accueilli du 14 au 20 août derniers une délégation de hauts représentants du Groupe du Fer de Lance Mélanésien. Alors que la présidence du MSG est assurée jusqu’en juin 2013 par Fidji, j’ai le plaisir de vous faire savoir que le FLNKS a récemment décidé d’assumer cette fonction pour la période suivante. Ce passage de témoin se fera en Nouvelle-Calédonie et devrait correspondre pour le MSG aux festivités de son 25ème anniversaire. Il va sans dire que nous saurons être à cette occasion pour nos frères mélanésiens un hôte accueillant et particulièrement attentif. J’ai d’ailleurs moi-même demandé aux émissaires du MSG que la Nouvelle-Calédonie puisse devenir  membre de cette organisation.
 
S’agissant du Forum des Iles du Pacifique, nous avons participé au tout récent Sommet organisé aux Iles Cook les 4 et 5 septembre, et au dialogue post-Forum en présence de Madame Hillary CLINTON. A cette occasion, j’ai réitéré la demande de la Nouvelle-Calédonie de pouvoir accéder au statut de membre à part entière de cette instance. Dans cette perspective, j’envisage d’inviter le Secrétaire Général du Forum à conduire localement, dès que possible, une mission du comité Ministériel sur la Nouvelle-Calédonie.
 
Concernant la Communauté du Pacifique, la CPS, dont le siège est à Nouméa et avec laquelle nous allons signer dans les prochaines semaines notre stratégie conjointe de pays, nous souhaitons en faire l’outil central de notre insertion régionale. Il s’agit de la plus grande organisation internationale du Pacifique. Nous avons donc décidé d’accroître très sensiblement nos contributions à son égard en 2012 et 2013. Nous serons ainsi l’an prochain le 4ème contributeur au budget de fonctionnement de la CPS derrière l’Australie, l’Union Européenne et la France, et devant les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande. Nous accéderons ainsi au statut de principal bailleur de fonds.
 
Nous avons porté une Déclaration Commune signée à Nouméa le 28 avril 2012 par 14 Etats et territoires du Pacifique relayant les craintes et les espoirs des populations directement concernées par les premiers effets du changement climatique, présentée à Rio au dernier sommet de la Terre.
 
Mesdames et Messieurs,
 
Je vais conclure, je ne peux être plus long, avec sincérité et objectivité
 
Je vous remercie.  
 
 
 

Frédéric Dhie



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