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Gouvernement : Une nouvelle feuille de route

Vendredi 22 Décembre 2017

Élu le 1er décembre dernier président du 15e gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, Philippe Germain a prononcé ce vendredi 22 décembre devant les élus du Congrès sa déclaration de politique générale (DPG), au nom du gouvernement collégial.




Le président du gouvernement n’a pas perdu de temps. Élu le 1er décembre, après trois mois d’affaires courantes, il présidait cinq jours après la première séance du gouvernement collégial. Avant, deux semaines plus tard à peine, de prononcer dans l’hémicycle du Congrès sa déclaration de politique générale, nouvelle feuille de route du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, le 15e, vingt mois après celle du 13 avril 2015.

Philippe Germain a commencé par évoquer l’échéance du référendum, fin 2018. La déclaration commune* signée le 30 novembre affirme selon lui, « la volonté de ses signataires de garantir la sincérité et la sérénité du scrutin d’autodétermination, de préparer cette échéance et son lendemain, et de s’inscrire dans l’esprit qui a présidé aux Accords de Matignon-Oudinot et à l’Accord de Nouméa ».

Soutien de l’activité économique

D’ici là, il s’agit de redonner confiance aux Calédoniens. D’abord en soutenant l’activité économique, par la simplification administrative, l’investissement, la consommation et la diversification. Le président du gouvernement a annoncé toute une série de mesures ou de réformes dont la modernisation du code des marchés publics, la création de la Banque postale calédonienne, le lancement d’un fonds calédonien d’épargne et d’investissement, la régulation des concentrations et l’ouverture du marché à de nouveaux acteurs grâce à l’entrée en fonction, fin février, de l’Autorité de la concurrence, ou encore la poursuite des travaux de l’agenda économique, fiscal et social partagé.

Pour ce qui est de la Taxe générale à la consommation, le président assure qu’au terme de deux trimestres de TGC à taux réduits, « les recettes sont conformes à nos prévisions et les prix ont globalement été tenus ». Un rapport sera soumis au Congrès avant la fin du premier trimestre, pour qu’il puisse « statuer en toute connaissance sur le passage à la TGC à taux pleins ».

Un Conseil stratégique pour les filières de diversification

En matière de diversification, il propose, entre autres, de favoriser la mise en place de baux ruraux en terres coutumières, de soutenir la Caisse de crédit agricole mutuel, de fusionner l’Erpa et l’Apican en une seule agence, d’intensifier le développement du secteur numérique (tout en résorbant la fracture existante), de continuer à aider les porteurs de projets recourant à l’énergie photovoltaïque et hydraulique, de mener à son terme la construction de la centrale au gaz de Doniambo, de réorienter les missions de l’Adecal vers celles d’une agence de l’innovation et du transfert de technologie ou encore de porter sur les fonts baptismaux un “Conseil stratégique” chargé de suivre et d’ajuster les politiques menées dans ces filières.

Le soutien de notre économie passe aussi par l’ouverture sur la région. Il s’agira donc de « s’appuyer sur les efforts d’intégration régionale menés depuis deux ans, poursuivre la diplomatie politique engagée avec les pays voisins » et, autour du Parc naturel de la mer de Corail, de « se positionner comme un centre expérimental de la préservation, un hot spot de la recherche, un centre d’excellence de l’innovation ».

Des États généraux de la jeunesse en 2018

La jeunesse a été au cœur de cette deuxième DPG. Deux axes forts se dégagent : poursuivre la réforme de l’École pour favoriser la réussite (réforme du collège et de la formation initiale des enseignants du premier degré, mise en route de l’observatoire de la réussite éducative, contractualisation avec l’enseignement privé, concrétisation du dossier service civique…) et favoriser l’insertion et l’emploi des jeunes (réforme de l’alternance, mise en œuvre du continuum formation-insertion-emploi…).

Philippe Germain a ensuite annoncé le lancement du Plan territorial de sécurité et de prévention de la délinquance. Une vaste campagne de sensibilisation est actée. Elle s’accompagnera d’un renforcement des politiques de lutte contre les addictions : alcool (plusieurs textes seront déposés début 2018 au Congrès), cannabis, délinquance routière, violences physiques notamment faites aux femmes. « Face à ces violences qui touchent désormais tous nos concitoyens, il est temps de mettre fin à la trop grande tolérance du corps social, et de modifier le comportement et les mentalités », a expliqué le président du gouvernement. L’année 2018 verra également le lancement des États généraux de la jeunesse.

Le projet de budget 2018 déposé le 2 janvier

Au chapitre des finances publiques, l’accent sera mis sur l’équilibre du budget des collectivités. Comment ? En répartissant mieux le produit de la fiscalité, en revisitant les différentes exonérations afin d’optimiser les recettes, ou encore en dotant les communes d’une fiscalité propre leur permettant d’assumer leurs charges.

Avant de clore la DPG et après avoir abordé d’autres sujets comme la nécessité de fiabiliser la desserte aérienne, la modernisation du réseau routier, la place de la coutume, le rôle de la culture – « l’âme de notre société » –, l’atout constitué par le sport, les actions à engager en faveur des femmes, de la famille, des retraités et des personnes en situation de handicap, le président a tenu à remercier ses « collègues » du gouvernement. « Soyez remerciés pour avoir consacré toute votre énergie à rattraper le temps perdu. En trois semaines seulement, nous avons procédé à la répartition des secteurs, organisé le débat d’orientation budgétaire, permis l’audition des membres de l’Autorité de la concurrence, rédigé la présente déclaration de politique générale et réalisé les arbitrages qui nous permettront de déposer le projet de budget 2018 dès le 2 janvier prochain ». Le budget 2018, un exercice encore plus périlleux qu’une DPG !

 

* Signée par l’Intergroupe – Calédonie Ensemble, Rassemblement Les Républicains, MPC –, UNI et UC-FLNKS et Nationalistes

Sauver les régimes sociaux

« Notre responsabilité collective est de préserver les régimes sociaux », a rappelé Philippe Germain. Il faudra pour cela réduire les dépenses de santé de 20 milliards de francs en cinq ans. En supprimant les gaspillages et les actes de confort, en rétablissant l’équité dans les contributions de chacun aux dépenses de santé, en réalisant des économies sur le coût des actes médicaux. Patients, professionnels de santé des secteurs public et privé, caisses sociales, seront sollicités au cours du premier trimestre 2018 pour participer à ces mesures d’économie.

Source gouvernement



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