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EPLP : Existe-t-il un trafic de déchets dangereux en Nouvelle-Calédonie ?

Vendredi 22 Décembre 2017

Sur un terrain de Païta dont on pense qu’il appartient à un proche parent du maire, se trouve un stock de déchets dangereux, batteries et D3E notamment (1), stock que nous estimons à une trentaine de tonnes ce qui n’est pas rien...
Nous dénonçons le caractère illégal (3) de ce stockage et sa formidable dangerosité.



Photo avant incendie
Photo avant incendie
En effet...
Batteries et déchets électroniques, polluants et toxiques, ne doivent être ni mélangés aux ordures ménagères, ni abandonnés, ni enfouis, ni brûlés.
Ils contiennent des produits chimiques dangereux (sous formes de poussières, de gaz, de vapeurs ou de liquides), tels que métaux (plomb, mercure, terres rares, or...), retardateurs de flamme bromés, substances halogénées, fluides frigorigènes, fibres...
Ils peuvent provoquer des irritations, des brûlures, des intoxications aiguës ou chroniques. Certains sont des perturbateurs endocriniens ou des cancérogènes (4).
Les D3E contiennent aussi des agents biologiques pathogènes, présents dans les appareils d’hygiène usagés, les réfrigérateurs, les sacs d’aspirateurs, les filtres de climatiseurs... Ils peuvent provoquer des affections respiratoires ou digestives.
L’acide très corrosif des batteries usagées doit être neutralisé. Les produits qui les composent (plomb, plastique, etc.) doivent être récupérés (5).
Enfin, les fluides frigorigènes des appareils à froid sont de puissants gaz à effet de serre parfois aussi destructeurs de la couche d’ozone, qu’il convient de récupérer.
La dépollution de ces déchets passe par des installations adaptées et nécessite des équipements et des procédés industriels spécialisés.
La gestion des déchets impose à son producteur/détenteur des obligations dont le non-respect peut entraîner de graves sanctions civiles et pénales.

En cas de mauvaise gestion de ces déchets dangereux, leurs éléments toxiques se libèrent dans l’atmosphère, l’eau –de surface et souterraine-, les sols, entraînant d’importants dégâts pour l’Homme et l’environnement.
Afin de réduire les impacts sanitaires et environnementaux de ces déchets, une filière de collecte réglementée a été mise en place en province sud (6).
   
Mais la manne financière des éco participations ne manque pas d’attiser de vilaines convoitises...

C’est ainsi que l’on peut craindre... Leur détournement
En Europe, certains prestataires de recyclage prétendent traiter-recycler des déchets soumis à REP et récupèrent les sommes prévues pour le recyclage sans en supporter le coût (cf exemples britanniques dans le documentaire « La tragédie électronique »). Qu’en est-il en NC ?
La traçabilité des déchets collectés doit être assurée via la tenue de bordereaux de collecte. Sont-ils complétés et vérifiés ici ?
La revente de métaux
Des trafiquants peuvent revendre les métaux facilement récupérables, au poids, et se débarrasser du reste (dans des décharges sauvages, comme en Espagne dans le documentaire « La tragédie électronique »).

Les freins à pareils trafics :
- le contrôle vigilant des filières déchets ainsi que des ventes de métaux ferreux et non
ferreux. Existe-t-il seulement en NC ?
- le renforcement des sanctions et leur application sans faille (une « police des déchets » est en gestation depuis... 9 ans !)...
Nous dénonçons donc aussi le fait qu’une possible tentative d’ « effacement » du délit a eu lieu au travers d’une mise à feu dont
nous redoutons les conséquences environnementales et sanitaires (cf clichés en PJ).
La combustion des DEEE libère une fumée extrêmement toxique chargée en hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), dont la plupart sont reconnus comme cancérigènes lorsqu’ils sont inhalés. Ils sont aussi très écotoxiques.
Nous observons qu’en l’espèce, si le traitement des déchets a bien été payé en amont via l’éco participation de la REP (2), leur « abandon » exonère de tout frais son propriétaire...

Alors nous posons la question : ce stockage et cet incendie sont- ils le résultat d’une volonté de fraude ?

En tout état de cause et afin de sécuriser hommes et environnement, il convient que les pouvoirs publics, en l’occurrence le service environnement de la province Sud, se penche sans délai sur la situation (6).
C’est d’ailleurs pour lui une OBLIGATION REGLEMENTAIRE. Il ne peut pas l’ignorer plus longtemps...

Pour EPLP, la Présidente, Martine Cornaille

Photo après incendie
Photo après incendie

Source EPLP



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