Connectez-vous

Discours du Président du gouvernement Séance publique du 23 janvier 2018 Budget Primitif 2018

Mercredi 24 Janvier 2018

Monsieur le Président du Congrès, Mesdames et messieurs les conseillers
C’est donc bien tardivement que le projet de budget primitif 2018 de la Nouvelle- Calédonie vient à votre examen.
Vous en connaissez la raison : le blocage du gouvernement pendant trois mois pour des raisons politiciennes. 90 jours durant lesquels l’institution n’a pas été en mesure de fonctionner normalement.
Il a fallu une initiative politique forte de l’intergroupe non-indépendantiste Calédonie Ensemble, le Rassemblement les Républicains, MPC, et des groupes indépendantistes UC-FLNKS et Nationalistes et UNI-Palika, pour débloquer la situation. Ensemble et en responsabilité, ils ont décidé de mettre un terme à la crise politique du gouvernement à travers une déclaration commune qui nous engage sur la préparation du référendum et la stabilité des institutions.
Aussitôt le gouvernement s’est mis au travail. Permettez-moi de remercier mes collègues du gouvernement, en particulier le membre du gouvernement en charge du budget, ainsi que les directions des secteurs qu’ils animent, pour leur engagement déterminé à boucler en quelques semaines seulement, le BP 2018.



Discours du Président du gouvernement Séance publique du 23 janvier 2018 Budget Primitif 2018

Ce budget, nous en avons décliné les engagements dans la Déclaration de Politique Générale que j’ai prononcée au nom du gouvernement et nous vous en avons présenté les grandes orientations lors du Débat d’orientation budgétaire.

Vous n’ignorez rien du contexte qui pèse sur ce budget.

D’abord le ralentissement économique que nous connaissons, conséquence de la crise du nickel et de l’arrêt des grands chantiers, nous conduit depuis deux ans à enregistrer une baisse sensible des recettes fiscales. C’est ce qui motive notre volonté à contenir nos dépenses de fonctionnement.
Ensuite l’héritage.

On ne sort pas sans dommage ni d’un coup de baguette magique d’une gestion des deniers publics dispendieuse et insincère. Quoi qu’on en dise, nous payons encore aujourd’hui la gestion 2011-2014 qui nous a conduits dans une impasse budgétaire de 17 milliards 400 millions, et nous luttons toujours pour résorber les déficits sociaux creusés durant cette période.

L’action de redressement des comptes publics a demandé et demande encore des efforts considérables. Depuis 2014, le gouvernement a réduit de 10 milliards ses dépenses de fonctionnement et cette action majeure se poursuit dans le budget 2018. Dans le même temps, les participations et subventions ont été réduites, les charges de personnel ont été maîtrisées et les charges générales sont restées stables.
      
Vous le savez, c’est pour que les errements passés ne se reproduisent plus et pour une meilleure transparence et sincérité que, conformément aux recommandations de la Chambre Territoriale des comptes, la Nouvelle-Calédonie s’est dotée d’une présentation des comptes en trois budgets distincts.

Pour 2018, le gouvernement présente :
  • un budget annexe de reversement de 69 milliards 750 millions ;
  • un budget annexe de répartition de 120 milliards 411 millions ;
  • et un budget propre total de 65 milliards 64 millions.
Ce budget primitif 2018 a été construit sur trois priorités :
  • maintenir les équilibres
  • poursuivre les efforts d’économie
  • maintenir l’investissement
C’est ainsi que cette année encore, les charges de fonctionnement et les charges de personnel sont contenues, tout en finançant les postes nécessaires aux nouvelles missions du pays. De la même manière, les économies drastiques des dépenses liées au train de vie du gouvernement sont maintenues et enfin, les actions de soutien à l’économie, en particulier du BTP se poursuivent avec un niveau d’investissement de 9 milliards grâce aux concours des établissements publics.

Contrairement à ce que certains diront, ce budget, malgré les contraintes qui pèsent sur lui, a une ambition : poursuivre la mutation économique engagée depuis trois ans maintenant.
 
Il nous faut acter que la croissance dont nous avons profité ces dernières années, et qui était extra-ordinaire, est maintenant révolue et qu’il nous faut construire autre chose pour continuer à créer de la richesse et de l’emploi. Ce budget s’inscrit dans cette politique qui vise à renouveler, refonder ou créer des relais de croissance.

Il le fait par
  • le développement des secteurs productifs pour favoriser l’activité et la création d’emploi ;
  • la compétitivité et l’innovation pour soutenir l’investissement et la consommation ;
  • la simplification administrative pour accélérer la croissance.
La crise mondiale des matières premières nous rappelle durement que l’on ne peut plus tout faire reposer sur le seul nickel. Il nous faut mettre en œuvre de nouvelles filières et de nouveaux secteurs. Il nous faut donc travailler au développement des secteurs productifs que sont : l’agriculture, le tourisme, la production et la transformation locale, les énergies renouvelables, l’économie numérique.

Mesdames et messieurs les conseillers, l’examen de ce budget 2018 doit acter le lancement d’un chantier prioritaire afin de conforter nos dispositifs de protection sociale. Le sauvetage du Ruamm nécessite la réalisation de 20 milliards de francs d’économie sur les dépenses de santé au travers d’un plan qui sera établi avec les professionnels. Dans le même temps, seront mises en œuvre les premières réformes décidées par le plan Do Kamo pour initier la rénovation du modèle de santé. Et puis, les partenaires sociaux devront prendre des mesures afin de sauvegarder le régime général de retraite du secteur privé et réformer ensemble le régime de retraite complémentaire sur lequel je vous ai alerté lors de la Déclaration de Politique Générale.

Je conclurai mon propos liminaire en précisant que ce budget 2018 traduit nos engagements en faveur de la jeunesse, de la famille et des plus fragiles. Il permettra en effet le renforcement de politiques en faveur de la famille, des retraités, de la condition féminine et l’adoption du schéma du handicap.

Il fixe des orientations en faveur de la jeunesse au travers de la poursuite du déploiement du projet éducatif, de la montée en puissance du service civique et du développement de la Stratégie emploi et insertion professionnelle.

Il permet enfin la mise en place et le financement du Plan territorial de sécurité et de prévention de la délinquance adopté ce matin par le gouvernement.

Je vous remercie.

Philippe Germain

Source gouvernement



Politique | Les videos | Les archives | Les listes par commune