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Discours de Daniel Goa à la Convention du FLNKS le 28 avril 2018

Lundi 30 Avril 2018

DISCOURS D’OUVERTURE DU PORTE PAROLE
CONVENTION DU FLNKS Samedi 28 avril 2018 Salle Socioculturelle de La Foa



Camarades, chers militantes et militants, bonjour.

Dans la continuité de nos travaux engagés à Arama-Poum, nous voici réunis ici en pays CIRI aujourd’hui pour nous mettre en ordre de bataille et aborder dans les meilleures conditions la période qui court jusqu’au 4 novembre 2018.

J’adresse avec une grande humilité et un grand respect le bonjour de la convention du FLNKS à tous les vieux de la grande région Xâracùù.

Je dis également mes respects aux autorités coutumières de la région, aux clans et aux familles.
Merci à vous militantes et militants d’être présents et de préparer l’enjeu de cette consultation référendaire, l’ultime objectif que nous attendons tous et que nous appelons tous de nos voeux.

Depuis février au congrès d’ARAMA, vous m’avez confié la lourde tâche d’être le porte- parole du FLNKS, représentant de la mouvance indépendantiste. C’est avec honneur que j’ai accepté et j’essaie d’accomplir cette tâche du mieux que je peux et j’apprends avec sérénité les obligations et devoirs qui incombent à cette fonction.

Conscient d’être le représentant du peuple KANAK dans le Pays et vis à vis de l’extérieur, je vous propose l’organisation de ma mission sur plusieurs axes :

• Représenter et défendre les intérêts du FLNKS en Kanaky, au niveau régional et international.
• Maintenir l’unité et la cohésion de la mouvance indépendantiste pour atteindre notre objectif d’émancipation.
• Veiller au bon déroulement et au maintien absolu du processus de décolonisation pour aboutir sur l’émancipation de notre pays dans le cadre d’une nouvelle souveraineté ;
• Communiquer par tous moyens sur les objectifs de notre lutte et de nos attentes ;
• Donner une image nouvelle du FLNKS comme structure active et partie prenante de la vie calédonienne en défendant tous les intérêts du Pays ;
• Entreprendre toutes actions nécessaires pour renforcer l’image de notre mouvement, véhiculer notre message politique, convaincre nos populations pour donner du sens à une nouvelle nation en devenir.

L’organisation de la campagne pour le OUI, est notre principal objectif et nous devons nous unifier au nom de l’intérêt supérieur du Peuple Kanak. Il ne peut y avoir plusieurs discours, plusieurs voix et des lignes politiques. Il ne peut y avoir de désaccords entre nous et je le dis et vous redis, un peuple qui perd uni est un peuple qui a été rendu minoritaire chez lui par la colonie de peuplement. S’il perd parce qu’il est désuni, quelle crédibilité gardera-t-il pour la suite de son combat?

Les partis indépendantistes qui ne s’aligneront pas sur cette unité de parole pour le référendum et le OUI au référendum, marqueront ainsi leur position quant à la question de l’indépendance et le peuple Kanak en sera témoin.
Ce sera en quelque sorte le premier référendum entre nous sur l’indépendance. C’est un test intéressant pour le monde indépendantiste.

Toutes les forces indépendantistes, nationalistes et progressistes doivent être mobilisées sur l’enjeu de l’unité et se mettre en ordre de bataille pour garder une cohésion politique et mettre toutes les chances de notre côté. Nous aborderons sereinement cette consultation car nous nous inscrivons dans une démarche à long terme et nous cheminons tranquillement vers l’émergence de KANAKY.

Les pro Français sont pressés car ils pensent revenir dans la France, nous nous avons le temps, et nous sommes les gardiens du temps, le corps électoral réajustera mécaniquement cette injustice que d’être minoritaires dans notre pays.

Il doit y avoir un seul discours, une seule voix et une seule ligne de conduite. Tous les militants doivent se rallier pour travailler ensemble et oeuvrer pour Kanaky. Il n’y a plus de place pour des organisations parallèles qui brouillent les messages indépendantistes, qui ne respectent pas les engagements pris dans nos structures faisant l’objet de motions et les engagements et notre parole scellés dans l’Accord de Nouméa.

La priorité est l’accession à la pleine souveraineté en ayant convaincu le plus grand nombre de calédoniens. Le travail doit donc se faire dans les CNC qui doivent porter une parole unitaire sur le terrain et dynamiser leurs actions pour porter notre projet de société. Je les invite à aller rencontrer tous les citoyens du Pays, discuter avec eux et convaincre.

Nous avons tous les arguments pour convaincre mais nous ne communiquons pas et les calédoniens restent sur des peurs passéistes d’un autre temps, véhiculées par nos détracteurs qui ont bien peu à opposer.

Lors de cette convention, la question du projet de société doit être réglée pour que ce soit notre outil sur le terrain.
Concernant l’activité de porte-parole, en février lors de ma désignation, s’est tenu un sommet du fer de lance et j’ai demandé à Victor Tutugoro d’y être présent et de nous représenter afin de préparer la nécessaire transition.

En mars dernier, en partant sur Paris, je suis passé par la Polynésie au titre de porte-parole du FLNKS à l’invitation du Président du TAVINI, Monsieur Oscar TEMARU qui tenait son congrès. Nous avons trouvé un accueil chaleureux et nous remercions vivement le Président du TAVINI et ses équipes. L’approche des polynésiens vis à vis de l’accession à notre pleine souveraineté et à notre quête de liberté, est bien comprise et soutenue.

Nous avons délivré au peuple polynésien, toutes obédiences politiques confondues, un message fort de paix, concernant leurs citoyens vivant en Nouvelle Calédonie pour leur dire de ne pas s’inquiéter sur leur avenir et qu’ils y ont toute leur place, qu’ils soient citoyens ou non.
Ce message a été relayé par tous les médias polynésiens et nous leur avons consacré de longues séquences d’interviews.
Ainsi ce message a été porté et reçu haut et fort. Nous remercions vivement tous les polynésiens pour l’intérêt qu’ils portent à la question calédonienne et aux enjeux de cette question référendaire. Le FLNKS adresse un soutien sans faille au TAVINI pour le second tour des élections territoriales et souhaite à toutes les composantes politiques, amies du peuple Kanak, le meilleur pour l’intérêt supérieur du Peuple Maho’i et l’avenir de leur Pays.
Je vous porte en retour un message d’amitié et fraternité océanienne de la part de tous les partis politiques polynésiens et plusieurs d’entre eux viendront nous soutenir en septembre.
A Paris nous avons également rencontré toutes les forces anti coloniales et beaucoup d’associations soutiennent notre lutte et participent activement à leur niveau, pour sensibiliser le peuple français sur ce référendum. Nos jeunes étaient présents et ont activement participé à toutes les organisations. Qu’elles en soient vivement remerciées.
Nous avons également rencontré un représentant des forces séparatistes basques à Paris. Il nous a proposé l’organisation d’un séminaire de tous les nationalistes de France en septembre 2018 à Bruxelles pour sensibiliser la communauté européenne. Je vais délivrer dans les jours prochains une interview dans un média Basque. Nous les remercions également.

Mickaël FOREST s’est rendu à Baku en Azerbaidjan en début pour assister à un forum des pays non alignés. Il vous fera son rapport de mission.
Voilà très succinctement un rendu de ce voyage. Ces rencontres faites sous l’égide de ma mission de Porte- parole du FLNKS portent un message fort à plusieurs médias et nous avons touché beaucoup de monde au travers de nos présences.
Au cours de cette convention, il serait souhaitable que tous nous réfléchissions sur la politique extérieure à mener du FLNKS. Nous devons réorienter notre ligne politique concernant cette question pour nous préparer à l’accession à la gestion des compétences régaliennes. Nous devons commencer à discuter avec l’ensemble des Pays avec qui nous entretiendrons des relations futures. Plusieurs rencontres ont eu lieu avec les consulats présents, mais il me semble que nous devons aller plus loin et rendre ses rencontres plus formelles.

L’objectif de ce renforcement des relations extérieures est de commencer à tisser des liens, positionner une nouvelle image en nous comportant en Pays se préparant à :

• L’exercice des compétences régaliennes en s’ouvrant à un réseau de relations
diplomatiques et s’aguerrir grâce à une présence accrue dans tous les organisations, séminaires et autres manifestations nous permettons de nous préparer et préparer nos jeunes ;
•Repérer, évaluer et s’ouvrir à des opportunités concernant la formation de nos jeunes, l’accès à l’enseignement supérieur à l’étranger, aux formations qui nous sont accessibles ;
• Ouvrir des champs d’investigations et pistes nouvelles pour favoriser l’émergence du nouveau pays, tant au niveau économique, commercial, financier et aussi culturel et viser à définir des partenariats ;
• Soutenir les relations commerciales de nos entreprises et les accompagner lorsque nous le pouvons puisqu’aujourd’hui, lorsque les entreprises calédoniennes nouent des partenariats avec des groupes étrangers, elles nous sollicitent sur les questions d’avenir et notre vision sur l’économie et le monde de l’entreprise du futur Pays indépendant.
Enfin je livre à votre réflexion la question de la place future de la Nouvelle Calédonie dans le monde et plus particulièrement de notre futur statut international. L’accession à notre souveraineté est une étape incontournable pour obtenir notre pleine capacité juridique internationale.

La route de cette reconnaissance est longue et parsemée d’embûches et nous ne pouvons pas faire l’économie de cette réflexion, car dès le lendemain du référendum, le travail commencera et d’importantes négociations s’ouvriront avec l’Etat Français qui est incontournable mais aussi avec d’autres états amis.

La libération de notre peuple n’est pas seulement dans la réponse à une question, elle passera par des étapes inévitables de négociations, de traités et d’accord. Tel sera le prix du désengagement de cette situation coloniale.
Très brièvement sachez que la reconnaissance d’un nouvel Etat ne dépend pas de l’ONU, mais de relations bilatérales diplomatiques à ouvrir pour une reconnaissance de « jure ».

L’inscription à l’ONU est aussi incontournable mais ne poursuit pas les mêmes objectifs politiques et diplomatiques. Pour cela nous devrons suivre un processus interne à cette organisation internationale et nous faire agréer par 9 membres sur 15 du comité de sécurité, où 5 pays ont un droit de veto dont la France.

Tels sont les diverses pistes de réflexion à ouvrir et je vous invite à tous réfléchir à ces propositions afin que nous nous fixions des objectifs politiques clairs de la conduite à tenir sur ce sujet. Il est important que ce travail soit porté par tous pour que dans nos futures relations, nous ayons une ligne de conduite constante et une unité de parole.

Le travail est ardu, la route est longue mais passionnante. La feuille de route vous est proposée et je vous invite à des travaux fructueux.

Je déclare cette convention ouverte.
Daniel GOA

Source FLNKS



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