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Discours d’ouverture de Sonia Backes au XIXème Comité des Signataires

Lundi 14 Octobre 2019

10 octobre 2019
Monsieur le Premier ministre,
Madame la Ministre des Outre-Mers,
Mes chers collègues,
Chaque comité des signataires a une résonance différente pour la Nouvelle-Calédonie : pour nous ce XIXème comité des signataires est extrêmement important. Il est même tout à fait essentiel. Il est essentiel car c’est aujourd’hui que nous devons déterminer ensemble quand et comment nous sortons de l’accord de Nouméa.
Cet accord dans lequel nous vivons depuis 20 ans, cet accord qui a ajouté 20 ans de paix à la décennie succédant aux accords de Matignon-Oudinot.
Cet accord qui a permis des avancées majeures en termes de rééquilibrage géographique et ethnique, cet accord qui a permis à la Nouvelle-Calédonie d’acquérir une autonomie inégalée à l’échelle de la République.



Discours d’ouverture  de Sonia Backes au XIXème Comité des Signataires

Mais cet accord qui est arrivé au bout de sa vie. D’abord parce qu’en 1998, les signataires l’ont signé pour 20 ans, pour 4 mandats. Et que nous attaquons sa 22ème année et le 5ème mandat. Et nous avons la responsabilité de préparer la suite.
Et nous ne devons pas faire traîner encore et encore un accord qui n’en finit plus de se finir.
D’abord parce que 43.000 personnes sont exclues du droit de vote. Et qu’il y a désormais plus d’un tiers de ces personnes qui sont nées en NC dans ces exclus
Ensuite, parce que la clef de répartition est en train d’asphyxier la province Sud puisque tous nos efforts de rééquilibrage n’ont pas permis de stopper, voir de ralentir, l’exode des populations du Nord et des Îles vers le Sud.
Enfin parce que l’organisation de nos institutions, la répartition des compétences entre les collectivités, l’efficacité même de la Nouvelle-Calédonie doivent être repensées en fonction des évolutions de ces dernières années.
A cet égard, notre responsabilité est immense, nous en sommes tous conscients et particulièrement dans ma famille politique puisque les Calédoniens nous ont placé, avec mes colistiers de l’Avenir en Confiance, en tête des suffrages lors des dernières élections provinciales.
Il nous faut dans un premier temps préparer la seconde consultation, de manière à ce que, comme l’an dernier, elle se déroule le mieux possible, que la démocratie s’exprime à nouveau et que son résultat soit incontestable.
Toutefois, les délégations des partenaires de l’accord arrivent à ce Comité en portant des positions très divergentes, certains pourraient même penser qu’elles sont inconciliables.
C’est pour cela qu’à ce comité des signataires, la parole de l’État sera primordiale. Dans ce contexte, nous faisons nôtre ce que vous avez affirmé devant la représentation Nationale – et je vous cite : « Je suis déterminé à faire en sorte que la 2ème consultation demandée dès juin par les forces politiques de Nouvelle-Calédonie, soit réussie. »
Soyez assuré, monsieur le Premier ministre, que nous partageons votre détermination. Nous allons débattre de points sur lesquels nous avons eu l’occasion les uns et les autres d’exprimer de longue date, de sérieuses divergences.
« Réussir cette deuxième consultation, ça veut dire que nous devons nous reposer sur ce qui a déjà été fait », avez-vous déclaré à l’Assemblée Nationale. En effet, monsieur le Premier ministre, concernant la délicate question des listes électorales, pourquoi vouloir revenir et remettre en cause des dispositifs qui ont fonctionné pour le référendum du 4 novembre dernier ? Des dispositifs transparents et jugés comme tels par la représentation internationale présente avant, pendant et après le scrutin. Vous avez parlé de l’importance de la « dynamique » pour ce second scrutin. Comment imaginez vous pouvoir comparer 2 scrutins qui auraient été organisés dans des conditions différentes.
Concernant la date du second scrutin d’autodétermination, il revient à l’État de la fixer. Par courrier en date du 12 juin, 18 élus de l’Avenir en Confiance, soit un tiers des élus du congrès, ont demandé la tenue du 2ème référendum, le plus tôt possible.
A défaut de nous entendre, nous sommes là pour nous écouter. Aussi je demande aux partenaires de l’accord, d’écouter les raisons pour lesquelles nous proposons en effet non pas de précipiter les choses, mais de permettre à la Nouvelle-Calédonie de ne pas stagner plus longtemps dans le flou institutionnel, instigateur d’inquiétudes, de méfiance et de craintes.
Il y a pour nous trois raisons pour fixer ce référendum dès que les conditions de réussite technique sont réunies.
La 1ère est économique. Personne ne peut contester les analyses des organismes spécialisées qui confirment que l’incertitude institutionnelle a un impact réel et fort sur notre développement et notre économie. Cet impact ne pénalise pas que quelques nantis, mais bien l’ensemble des Calédoniens quelles que soient leurs opinions politiques et qui tous sont touchés par les pertes d’emploi.
La seconde tient au calendrier des échéances électorales. Tel qu’il est prévu, nous n’éviterons pas le 3ème referendum de s’entrechoquer avec les élections présidentielles, législatives et provinciales. Évoquant devant les députés, comment le calendrier référendaire pourrait se conjuguer avec le calendrier des échéances politiques nationales, vous avez souligné monsieur le Premier ministre, là encore je vous cite « qu’à l’évidence les deux ne sont ni sans lien ni sans impact l’une sur l’autre. » Personne n’a oublié en effet que par le passé, la Nouvelle-Calédonie a trop souffert d’être l’otage de la politique nationale, pour que nous prenions le risque de connaitre à nouveau telle situation.
La 3ème raison tient enfin à l’espoir que nous avons, au sortir de ce 2ème référendum, de nous investir dans les discussions qui pourraient permettre que, tous ensemble, nous fassions émerger un nouveau statut stable pour la Nouvelle-Calédonie.
Car il n’y a pas que notre territoire et nos populations qui ont besoin de stabilité pour pouvoir se projeter sereinement dans l’avenir. Notre région, le Pacifique, et les pays qui le composent voient jour après jour les ambitions chinoises et leurs possibles répercussions sur leur vie ou sur leur souveraineté. Face à la montée de cette nouvelle « hégémonie », comme l’avait appelé Emmanuel Macron lors de sa venue en Nouvelle-Calédonie, nous avons besoin de stabilité pour pouvoir jouer notre rôle de terre française, membre de l’Union Européenne, au sein du Pacifique.
C’est de cette façon que nous pourrons nous intégrer à l’axe indopacifique et faire vivre ce projet qui est, selon les mots du Président de la République, « celui-ci que la France veut porter dans toute la région avec ses alliés ».
Voilà en quelques mots ce que nous défendrons aujourd’hui au nom de l’Avenir en Confiance, en souhaitant que – sous votre présidence, monsieur le Premier ministre – nous parvenions à dégager des lignes de convergences et que nous portions ainsi auprès des Calédoniens, un message d’espoir.
Je vous remercie,
SONIA BACKES

Source LRNC



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