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Déclaration de Thierry SANTA lors du comité des signataires du 14 décembre 2018

Lundi 17 Décembre 2018

La déclaration de de Thierry SANTA, président du rassemblement Les Républicains lors du comité des signataires du 14 décembre 2018



Déclaration de Thierry SANTA lors du comité des signataires du 14 décembre 2018
Monsieur le Premier ministre,
Madame la Ministre des outre-mer,
Monsieur le Haut-commissaire,
Messieurs les Signataires,
Messieurs les Parlementaires,
Monsieur le Président du congrès,
Messieurs les Présidents de province,
Monsieur le Président du sénat coutumier,
Madame, Messieurs les Maires,
Mes chers collègues,

Au nom de la délégation que je représente, je voudrais rendre hommage aux victimes des attentats de Strasbourg. Nous leur apportons tout notre soutien ainsi qu'à leurs familles. Nous saluons la détermination du Gouvernement face à la volonté de déstabilisation des principes fondamentaux de notre Nation de ces actes de barbarie. Enfin, nous saluons l’action des forces de l'ordre qui, malgré une activité intense ces dernières semaines, ont trouvé les moyens de neutraliser le meurtrier.
Avant tout, je voudrais rappeler que pendant de nombreuses années le Rassemblement s'est opposé à la tenue d'un référendum couperet dont le résultat était connu d'avance et dont les conséquences étaient prévisibles. 
Tous les autres partis politiques, qu'ils soient loyalistes ou indépendantistes ont insisté pour que le référendum du 4 novembre ait lieu et l'Etat a accompagné le mouvement. 
Compte tenu des résultats des élections locales successives précédentes, il ne faisait aucun doute que la majorité des Calédoniens se prononcent contre l'accession à l'indépendance. C'est donc bien 57 % des électeurs, malgré un corps électoral très défavorable, qui ont décidé de rester au sein de la République française. 

Personne aujourd'hui ne conteste ce résultat. 
Mais ce que nous dénoncions surtout était le risque d'un retour en arrière à la suite d'une consultation qui obligeait les Calédoniens à faire un choix binaire. Hélas, c'est ce que nous constatons au lendemain du référendum. Nous nous retrouvons à nouveau, comme il y a 30 ans, avec deux blocs face à face représentatifs des deux légitimités qui coexistent en Nouvelle Calédonie.

Il ne s'agit pas aujourd'hui d'occulter les bénéfices des 30 années qui se sont écoulées. Les accords successifs de Matignon/Oudinot et de Nouméa ont permis d'instaurer un climat de paix et de prospérité. Ils ont permis un rééquilibrage économique et social du territoire. Ils ont permis d'ouvrir les mentalités au sein des deux grandes légitimités.
Mais le fait est que nous nous retrouvons à nouveau dans un clivage majoritairement communautaire, même si, à la marge, certains électeurs traditionnels indépendantistes ont voté non à l'indépendance et certains électeurs traditionnels loyalistes ont voté oui à l'indépendance.

Face à ce constat que proposons nous?
Certains proposent de faire comme si rien ne s'était passé en s'appuyant sur une interprétation restrictive de la lettre de l'accord de Nouméa. Ils espèrent qu'en organisant un deuxième et un troisième référendum, le résultat s'inversera. Rien n'est moins sûr. Ils font fi des conséquences désastreuses qu'engendreraient ces consultations successives sur la société calédonienne. Tout le monde sait dans cette pièce que les positions vont se radicaliser et qu'à l'issue de trois refus successifs prévisibles, ce sera la porte ouverte à une réaction violente. Économiquement, la Nouvelle Calédonie ne supportera pas cette épée de Damocles pendant quatre ans. La situation économique est telle qu'une instabilité institutionnelle ne fera qu'accentuer les difficultés.

Le Rassemblement, pour sa part, propose de projeter la Nouvelle Calédonie dans le 21ème siècle en tenant compte de la volonté de la majorité des calédoniens qui souhaitent rester sous la protection de la Nation française. Sans cette protection, notre petit territoire du Pacifique de 300 000 habitants serait une proie facile pour les grandes nations et les grandes puissances économiques qui nous entourent.

Nous proposons de dépasser le clivage indépendantiste/non indépendantiste et de nous concentrer sur les véritables questions sur lesquelles les Calédoniens nous attendent :

Comment augmenter leur pouvoir d'achat?
Comment relancer l'économie calédonienne en innovant et en l'ouvrant sur notre environnement régional?
Comment garantir la pérennité de nos usines de nickel?
Comment traiter les problèmes d'insécurité?
Comment répondre au mal être d'une partie de notre jeunesse?
Comment protéger et promouvoir toutes les cultures calédoniennes?
Comment créer les conditions d'un sentiment d'appartenance à une même communauté?

A ce titre, nous proposons de réfléchir à une citoyenneté inclusive qui permettra à nos compatriotes nationaux qui sont installés en Nouvelle Calédonie de l'intégrer sous certaines conditions.

Monsieur le Premier ministre,
Tenant compte de ce contexte et du choix des Calédoniens, il est fondamental que l'Etat prenne, sous votre responsabilité, l'initiative d'organiser des discussions avec l'ensemble des acteurs locaux afin de définir le cadre institutionnel, économique et social d'une Calédonie unie au sein de la république.

Source LRLR



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