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Déclaration de Sonia BACKES au comité des signataires du 14 décembre 2018

Lundi 17 Décembre 2018

"La terre sur laquelle nous vivons est une terre de France"
Déclaration de Sonia BACKES au comité des signataires du 14 décembre 2018



Déclaration de Sonia BACKES au comité des signataires du 14 décembre 2018
Monsieur le Premier Ministre,
 
Je tiens d’abord à apporter au nom des Républicains Calédoniens mon soutien au peuple français touché encore une fois par la folie terroriste.
Je veux ensuite vous remercier, au nom des Républicains Calédoniens, d’avoir maintenu notre comité, malgré l’actualité chargée en métropole.
C’est un signe supplémentaire de l’investissement personnel qui est le vôtre depuis le début de ce mandat. Sachez que nous y sommes sensibles. Les symboles comptent en politique et votre présence continue, à chaque étape, est appréciée par l’ensemble des parties prenantes.
 
Ce comité des signataires est historique.
 
Pour la première fois, il se tient après que la population calédonienne a donné son avis sur l’avenir institutionnel de notre territoire. Et le résultat est sans appel: 57% pour la France, 43% pour l’indépendance.
Vous l’avez dit mercredi dernier en vous adressant à tous les partis politiques de l’Assemblée nationale : par-delà nos différences, nous sommes tous d’accord, et je reprends vos mots Monsieur le Premier Ministre, « pour défendre la République et pour défendre la démocratie ».
Défendre la démocratie c’est d’abord et avant tout respecter l’expression du peuple souverain, qui s’exprime par le vote.
Et en Nouvelle-Calédonie, à une large grande majorité, le peuple a dit : « La terre sur laquelle nous vivons est une terre de France, un territoire de la République française ».
 
Cela doit être le point de départ et le socle de nos discussions.
Il n’est donc plus question d’avancer à marche forcée ou en rampant vers une forme ou une autre d’indépendance. Qu’elle soit « association », « en partenariat », ou « progressive ». Non, Monsieur le Premier Ministre, les Calédoniens, 30 ans après les accords de Matignon, ont décidé de rester Français.
Il doit donc être redit ici, conformément à l’engagement du Président de la République en novembre 2017, que le devoir de l’Etat est maintenant de mettre en œuvre cette décision souveraine.
 
Se pose donc aujourd’hui la question de la suite à donner à l’accord de Nouméa. Cet accord a été explicitement signé pour 20 années. Il arrive donc à son terme puisqu’il a en 98, je cite « défini pour vingt années l’organisation politique de la Nouvelle-Calédonie et les modalités de son émancipation ».
Cette analyse est d’ailleurs confirmée par le conseil d’Etat qui indique dans son avis que l’Accord de Nouméa « s’achève, en principe, au mois de mai 2019, au terme du 4ème mandat de ces assemblées »
L’une des questions essentielles liée à la fin de l’accord de Nouméa est celle du corps électoral provincial et plus largement de la représentation des Calédoniens au congrès de la Nouvelle-Calédonie.
 
Sur le corps électoral, je ne vais pas m’étendre sur la trahison dont ont été victimes les partisans de la France en 2007 avec le gel du corps électoral. A l’époque René Dozieres dans son rapport évoquait l’exclusion à terme de quelque 800 personnes! C’est plus de 40.000 qui sont exclus aujourd’hui. Dont plusieurs milliers qui sont nés en Nouvelle-Calédonie (5709 rien que sur Noumea). Or sur ce point aussi, et je le dis d’autant plus fermement que j’entends nos partenaires indépendantistes dire « l’accord, tout l’accord, rien que l’accord », sur ce point donc l’accord est sans ambiguïté: il indique « Pour cette période, la notion de citoyenneté fonde les restrictions apportées au corps électoral pour les élections aux institutions du pays ». C’est bien de cette période de 20 années dont il est question!
Donc cette exclusion doit cesser. On ne construira rien en Calédonie en excluant un quart de la population. Et vous savez monsieur le premier Ministre, la plus grande partie de ces personnes ne sont pas des gens de passage, ce sont nos conjoints, nos amis, ce sont des chefs d’entreprise, des médecins, des fonctionnaires, des salariés installés en Calédonie depuis 10, 15 ou 20 ans parfois pour ceux qui n’ont pas fait les démarches d’inscription avant 98. Sans eux la Calédonie ne serait plus ce qu’elle est. Nous serions en déficit dans tous les secteurs: la santé, l’éducation, l’économie.
 
Si on ajoute à cette exclusion, la manipulation qui consiste à ne pas toucher depuis 20 ans la représentation au congrès de chacune des provinces alors même que les populations du Nord et des Îles continuent d’affluer dans le Sud, on arrive à la situation ubuesque où le congrès et le gouvernement pourraient basculer à majorité indépendantiste alors même que la très grande majorité des Calédoniens veut rester dans la République. Si le système mis en place lui impose des institutions qui ne reflètent plus son opinion, comment exiger de la population qu’elle respecte ses institutions.
La Calédonie deviendrait ingouvernable.
 
C’est la raison pour laquelle, Monsieur le Premier Ministre, nous devons établir les modalités de sortie de l’accord de Nouméa. Sans tarder. Nous devons évoquer les modalités du dialogue qui nous permettra de construire le statut qui suivra et qui redonnera de la confiance aux calédoniens.
 
La première étape c’est de s’interroger sur l’opportunité des 2ème et 3ème référendum dont la possibilité est offerte par l’accord. Si nous partageons tous l’avis qu’ils sont inutiles, et qu’ils font porter un risque pour la paix et la stabilité économique de la Nouvelle-Calédonie, alors nous avons le devoir de proposer des solutions pour les éviter. C’est la proposition que nous avons faite de référendum d’initiative populaire pour les remplacer. Cette proposition permet d’allier stabilité et respect du droit à l’autodétermination.
 
Mais nous le disons clairement, si ces référendum devaient quand même avoir lieu, les Républicains Calédoniens souhaitent qu’ils soient organisés au plus vite. Non seulement pour nous il n’est pas question de les repousser dans le temps mais nous considérons que ne sommes pas obligés d’attendre les échéances de novembre 2020 et 2022 pour les organiser. La rédaction de l’accord permet que le processus soit terminé dans un peu plus de 2 ans au lieu de 4.
 
La seconde étape c’est la construction d’un nouveau statut. Pour nous le moteur de ce nouveau statut ne pourra plus être celui qu’a été celui de l’accord de Nouméa. Les transferts de compétence, le rééquilibrage ont produits leurs effets. Ce que les Calédoniens attendent de nous aujourd’hui, ce n’est plus de la tuyauterie institutionnelle et juridique, c’est du concret. Ce que les Calédoniens attendent de nous c’est que nous leur permettions de vivre bien. De vivre en sécurité. De vivre heureux et d’offrir à leurs enfants la possibilité de vivre heureux également. De bénéficier et de partager la prospérité dont la Nouvelle-Calédonie a bénéficié jusqu’à peu et que nous envient les pays de la zone pacifique. Tout simplement.
Un statut où il n’y a plus une ethnie qui prend le dessus sur une autre mais un statut où tous les Calédoniens sont traités de la même manière.
 
Le moteur du prochain statut devra être économique, social et sociétal. C’est par ces questions là que nous ferons évoluer la société, que nous réduirons les inégalités, que nous redonnerons confiance.
 
Pour redonner confiance, il faut commencer par relancer une machine économique mise à mal par 4 ans de politique confiscatoire, nous avons fait des propositions dans ce sens pour sauvegarder les emplois de la SLn, pour redonner de la visibilité aux entreprises et en particulier à celles du BTp parcequ’elles stabilisent des emplois peu qualifiés , pour permettre aux banques de continuer d’accompagner les particuliers et les entreprises qui veulent investir. Ce sera notre sujet de cet après midi.
 
 
Monsieur le Premier Ministre, nous avons la chance de pouvoir écrire une nouvelle page de l’histoire de la Nouvelle-Calédonie. Je crois au dialogue, je crois à la paix, je crois que nous pouvons construire ensemble cette nouvelle page dans le respect de chacun.
Voilà la feuille de route que proposent les Républicains Calédoniens.
 

Source Les Républicains calédoniens



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