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De l’ADN ancien révèle un remplacement génétique en dépit d’une continuité du langage dans le sud du Pacifique

Mercredi 28 Février 2018

Le sénat coutumier n'ayant pas accepté les tests génétiques, les premières études linguistiques et génétiques du peuplement du Pacifique commencent à rendre leurs résultats avec notamment VANUATU.

"Une nouvelle recherche génétique révèle l’histoire démographique complexe de Vanuatu en expliquant comment les langages austronésiens se sont maintenus à travers l’histoire en dépit d’un remplacement quasi total des premiers Lapita-Austronésien avec une généalogie papoue."



L‘étude, publiée dans Nature Ecology & Evolution et dirigée par une équipe de recherche pluridisciplinaire de l’Institut Max Planck pour la science de l’histoire humaine (MPI-SHH) en collaboration avec des chercheurs en France, Australie, Nouvelle-Zélande, Allemagne et Vanuatu, révèle que les migrations des personnes de l’archipel de Bismarck en Océanie jusqu’aux îles du Pacifique, qui avaient été colonisées auparavant, ont commencé il y a 2500 ans et c’est beaucoup plus précoce que prévu.

Vanuatu est le plus pays le diversifié du monde sur le plan linguistique
La nation insulaire éloignée de Vanuatu est la porte d’entrée vers le reste du Pacifique et la compréhension de son histoire démographique est essentielle pour découvrir celle de la région au sens large. Les premiers habitants du Vanuatu, arrivés il y a environ 3 000 ans, étaient des Lapita qui parlaient une forme de langue austronésienne et qui avaient une ascendance génétique largement est-asiatique. Mais la population contemporaine du Vanuatu a largement hérité du patrimoine proche de l’Océanie, montrant qu’au fil du temps l’ascendance génétique des premiers habitants a été remplacée par celle des migrants de l’archipel Bismarck, qui ont commencé à arriver très tôt après l’établissement initial.
Pourtant, la langue austronésienne d’origine a persisté et plus de 120 langues descendantes continuent d’être parlées aujourd’hui ce qui fait du Vanuatu le pays le plus diversifié linguistiquement par habitant sur Terre. Vanuatu présente donc un cas sans précédent où l’ascendance génétique d’une population, mais pas ses langues a été remplacée. Grâce à l’analyse de nouvelles données génomiques anciennes et modernes, les chercheurs ont montré qu’au lieu de se produire en une seule vague, le remplacement génétique était long et complexe, probablement le résultat d’un contact prolongé à longue distance entre l’Océanie proche et lointaine. Cela fournit un support démographique pour un modèle de linguistique historique, dans lequel la langue austronésienne initiale de Vanuatu a survécu en étant continuellement adoptée par les migrants papous entrants.

Un remplacement génétique complet, mais une continuité du langage
L’expansion austronésienne, commencée il y a environ 5 500 ans dans la ville de Taiwan, était la dispersion la plus étendue géographiquement des peuples agriculteurs de la préhistoire en déplaçant des personnes jusqu’à l’ouest de Madagascar et Rapa Nui. Ces Néolithiques marins se sont d’abord répandus à travers l’Asie du Sud-Est en transportant la technologie agricole et une branche importante de la famille des langues austronésiennes pour finalement atteindre l’Océanie proche où ils ont rencontré les peuples autochtones papous de Nouvelle-Guinée et l’archipel de Bismarck. Le peuplement initial à l’est des îles Salomon et en Océanie lointaine a commencé il y a environ 3000 ans avec des groupes de langue austronésienne associés à la culture de poteries Lapita qui s’étend rapidement vers Vanuatu, la Nouvelle-Calédonie, Fidji et les îles de Polynésie occidentale.

Une ancienne étude de l’ADN des sites d’inhumation de Lapita a montré que ces premiers habitants avaient une ascendance est-asiatique avec des preuves négligeables d’un mélange génétique papou. Mais la composition génétique actuelle de l’Océanie lointaine suggère au moins un certain degré d’ascendance papoue ce qui signifie qu’il doit y avoir eu une migration et un mélange papou subséquent dans le Pacifique à partir de  l’Océanie proche.


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De l’ADN ancien révèle un remplacement génétique en dépit d’une continuité du langage dans le sud du Pacifique
Afin de comprendre cette migration non décrite auparavant, une équipe multidisciplinaire de chercheurs a réuni différentes sources de données dans les domaines de la génétique, de l’archéologie et de la linguistique. Ils ont généré des données génomiques sur les os et les dents de 19 anciens individus du Vanuatu, des Tonga, de la Polynésie française et des Îles Salomon qui sont un ajout significatif à l’ancien ADN dans une région dont les conditions environnementales conduisent généralement à une mauvaise conservation de l’ADN. Comme l’indique Kathrin Nägele, auteure principale du MPI-SHH, l’identification de l’os pétreux, qui a récemment démontré une préservation fantastique de l’ADN, a véritablement changé la donne dans des régions auparavant considérées comme inaccessibles. L’ancien ADN a été complété par de nouvelles données contemporaines sur le génome de 27 habitants du Vanuatu, recueillies dans le cadre d’un projet de terrain linguistique et anthropologique à long terme dirigé par les co-auteurs Russell Gray et Heidi Colleran du MPI-SHH.
Une migration progressive au fil du temps
L’ADN ancien a fourni des preuves directes que le peuple papou a commencé à arriver au Vanuatu peu après l’établissement initial par les Austronésiens. Nous avons trouvé au Vanuatu un individu génétiquement papou datant d’il y a environ 2500 ans, bien plus tôt qu’on ne l’avait estimé auparavant en utilisant uniquement des données génétiques modernes selon le co-auteur principal, le Dr Cosimo Posth, également du MPI-SHH. Les chercheurs ont pu montrer que l’ascendance des premiers habitants austronésiens du Vanuatu a été largement remplacée par l’ascendance des peuples papous provenant de l’archipel de Bismarck.

Source Houssenia Writing



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