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Daniel Goa demande 21 jours de quarantaine pour les arrivants

Lundi 20 Avril 2020

Face à la pandémie, La Nouvelle-Calédonie a exercé la plénitude de ses compétences en matière sanitaire et a pu ainsi faire le choix stratégique spécifique de verrouiller les frontières pour empêcher la contamination. La mise en œuvre de ce choix n’a été
possible que par notre situation d’insularité qui a, en l’occurrence, été une chance. Jusqu’à présent, l’objectif a été atteint. La
nécessité de se donner encore 14 jours pour vérifier l’absence du virus dans la population est primordiale. Dans la mesure où
quasi-scientifiquement nous pourrons nous assurer que la population n ’est pas atteinte, il faudra se donner tous les moyens de préserver cette situation sur le long terme.



Communiqué

Daniel Goa (photo archives RRB)
Daniel Goa (photo archives RRB)
Le fait que la Nouvelle-Calédonie ait fait le choix pour l’instant de rapatrier tous ses résidents fragilise cette stratégie car le risque d’introduction du virus augmente avec le nombre de personnes rapatriées. Or, on sait aujour  d’hui que le confinement sur 14 jours laisse 5% de risque de ne pas détecter une personne contaminée.
Quant au test de sortie systématique, il n’est fiable qu’à 70%.
On pourrait ramener le risque à 2% en passant à 21 jours de confinement et il serait quasiment nul à 30 jours. Le gouvernement doit donc faire le choix de passer à 21 jours de confinement et d’assurer un suivi à 30 jours de l’ensemble des personnes revenant sur le territoire.
Bien entendu, le rythme des retours devra être adapté à la capacité d’accueil en confinement sur des durées plus longues.
Aucune dérogation, de quelque nature que ce soit, ne devra être accordée aux personnes entrantes. Il y va de notre sécurité sanitaire sur le court et moyen terme. La compétence en matière sanitaire relève de la Nouvelle-Calédonie, elle seule peut et doit prendre cette décision et la continuité territoriale ne peut-être l’argutie pour s’opposer à ce choix.

Toute tentative du Haut-commissaire pour s’opposer à cette décision provoquerait une crise politique majeure
et nous obligerait à demander à l’Etat son rapatriement. Si par cas, la stratégie actuelle du gouvernement venait à échouer, il faudra avoir le courage de suspendre le rapatriement, voire l’arrêter. En effet, les conséquences sanitaires de l’introduction du virus seraient graves dans un pays où les facteurs de comorbidité sont élevés et où les usages sociaux sont fortement communautaires.

L’impact sur les personnes âgées, particulièrement dans le monde kanak, serait
dévastateur et pourrait signer la fin de la transmission de la coutume. Les dégâts économiques et financiers ne seraient pas en reste car seul un confinement total permettrait de lutter contre le virus. Quand l’on sait combien il nous est difficile de remédier aux conséquences de 3 semaines de confinement, comment peut-on imaginer que la Nouvelle-Calédonie, même avec le soutien de l’Etat au travers d’un prêt, puisse assumer six nouvelles semaines, voire plus, de confinement renforcé ? En cas du succès de la stratégie, la Nouvelle-Calédonie devra malgré tout vivre avec la menace du virus et se trouver confinée sur son propre territoire tant que l’épidémie ne sera pas endiguée au niveau mondial ou qu’un vaccin ne sera pas trouvé. Il nous faut donc d’ores et déjà apprendre à
 vivre avec cette menace et construire notre résilience.

Daniel Goa
UC

Source UC



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