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Climat des affaires en 2017 par l'IEOM

Mercredi 4 Juillet 2018

La nette amélioration des fondamentaux du marché du nickel donne un nouvel éclairage aux perspectives de l’économie calédonienne. Les métallurgistes nous alertent sur la situation durablement fragile de leur activité, en dépit des résultats tangibles de leurs efforts d’amélioration de la productivité. Mais les cours à nouveau mieux orientés permettent désormais d’espérer que la Nouvelle-Calédonie pourra pleinement tirer parti à l’avenir des investissements structurants qui ont été effectués dans la dernière décennie.





Cette embellie du marché se ressent déjà sur le moral des chefs d’entreprise. Observé par l’IEOM via l’indicateur du climat des affaires, ce dernier a en effet progressé tout au long de l’année 2017, pour retrouver le niveau enregistré début 2015, avant la crise du nickel.
Mais, avant même cette sortie de crise, la Nouvelle-Calédonie devra affronter de nouveaux défis économiques. Le premier, déjà bien présent, sera celui de l’ajustement des finances publiques du territoire. Le ralentissement économique depuis 2012, puis la chute des cours du nickel, ont affaibli progressivement la base fiscale du territoire. En 2017, pour la première fois depuis plusieurs décennies, les recettes fiscales du territoire ont significativement diminué. Dans le même temps, les aspirations des Calédoniens à un niveau élevé de service public sont pleinement légitimes, par exemple dans le domaine de la santé où des investissements importants ont été réalisés pour améliorer la qualité de l’offre de soins. C’est le premier défi du territoire, actuellement en débat, que d’adapter ces aspirations à un service public moderne avec un nouveau sentier de croissance économique.
Moins commenté, le second défi de l’économie calédonienne sera de retrouver le chemin d’une croissance durable dans un contexte désormais de maturité de bon nombre de marchés : la substitution aux importations reste pertinente, par exemple dans l’énergie ou dans l’agriculture, mais cette stratégie est déjà largement exploitée ; le marché du logement, hors logement social, apparait désormais proche de l’équilibre; le bon niveau général des infrastructures collectives suscitera à l’avenir moins de chantiers d’envergure, les infrastructures de santé et d’éducation notamment étant désormais proportionnées aux besoins.
Dans ce contexte, les acteurs économiques calédoniens ont compris qu’à côté d’un marché intérieur de plus en plus mature, leurs efforts d’innovation et d’investissements doivent davantage se tourner vers l’exportation. Les résultats plus favorables de l’activité touristique dans un environnement porteur (forte croissance du nombre de visiteurs dans la région Pacifique, et amorce du marché chinois début 2018) constituent dans ce domaine un exemple encourageant.
Pour réussir cette mutation, l’économie calédonienne aura besoin d’un système bancaire pérenne et diversifié, ainsi que de stabilité monétaire et financière, et plus encore dans la période historique que la Nouvelle-Calédonie traverse en ce moment. C’est la raison d’être de l’IEOM que d’œuvrer à la mise en place de ces conditions favorables à l’accompagnement des acteurs économiques calédoniens.
Jean-David Naudet

​Synthèse 2017


L’économie calédonienne en 2017 : Entre espoirs et tensions
L’économie en 2017, notamment au second semestre, marque une amélioration par rapport au rythme fortement ralenti de 2016, et semble sortir de la période aigüe de la crise du nickel. L’indicateur du climat des affaires, tiré précisément par des niveaux de production miniers et métallurgiques records, retrouve ainsi en fin d’année son niveau de début 2015.

L’année 2017 reste néanmoins globalement une année d’activité ralentie. L’investissement des entreprises ne se redresse qu’en fin d’année, sous l’effet de plusieurs déblocages de crédits importants, et rejoint une conjoncture toujours dynamique de l’investissement immobilier des ménages. La consommation des ménages, principale source de croissance pour une partie importante de l’économie, stagne par rapport à une année 2016 déjà peu favorable.
L’inflation s’accroit en 2017, tout en restant modérée. L’indice des prix progresse en moyenne annuelle de 1,4 %, contre +0,6 % les deux années précédentes, retrouvant ainsi un niveau comparable à celui de 2013. Cette hausse est légèrement supérieure à celle observée en France métropolitaine (+1,0 %).

La consommation des ménages se maintient à un niveau comparable à celui de 2016. La diminution des importations des biens de consommation durables (-5,8 %) est compensée par la progression des importations de biens de consommation non durables (+1,3 %), notamment alimentaires (+3,4 %).

La situation de l’emploi salarié s’améliore légèrement pour atteindre 92 160 salariés en 2017 (soit 409 salariés de plus qu’en 2016). Seul le secteur public continue de créer des emplois (680 emplois créés), grâce à l’ouverture du Médipôle, la création de nouvelles filières d’enseignement supérieur et l’accroissement des forces de sécurité (policiers, gendarmes). Cette hausse compense la diminution des effectifs salariés du secteur privé (272 emplois supprimés), qui affecte en particulier le secteur de la construction et de l’industrie manufacturière, en lien avec les efforts de rationalisation des couts des usines métallurgiques. Des tensions paradoxales persistent sur le marché du travail : les offres d’emplois ont toujours davantage de difficulté à être pourvues et le stock moyen d’offres actives en fin de mois s’accroit (+12,8 %). Le nombre de demandeurs d’emploi en fin de mois diminue par rapport à 2016, probablement en raison d’un découragement progressif face aux difficultés rencontrées sur le marché du travail.

Les échanges commerciaux avec l’extérieur augmentent en 2017. Les importations progressent de 2,5 % (+6,4 milliards de F CFP) après avoir fortement baissé en 2016. Cette hausse est portée par l’accroissement en valeur des importations de produits minéraux et chimiques (+16,5 % et +5,2 % en valeur), en lien avec la remontée des cours des matières premières. Parallèlement, les exportations progressent, en valeur (+8,5 %, soit 12 milliards de F CFP) comme en volume (+3,9 % pour les produits métallurgiques y compris cobalt, et +11,4 % pour le minerai), reflétant le fort dynamisme de la filière nickel.

La situation des finances publiques reste tendue avec une baisse significative des recettes fiscales de 2,8 % en 2017 (-5,8 % pour les recettes du budget de répartition qui détermine les dotations aux collectivités). Cette réduction s’explique notamment par un niveau élevé de dépenses fiscales (évaluées à 36 milliards de F CFP), les hausses des abattements et les exonérations d’impôts générant de moindres revenus fiscaux. Parallèlement, le rythme d’accroissement de l’endettement des collectivités locales reste élevé en 2017 (+12,3 % en glissement annuel), et les régimes sociaux voient s’accroitre toujours davantage ses déséquilibres cumulés.

Source IEOM



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