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Benoit Lombriere : À mes amis de Nouvelle-Calédonie

Mardi 2 Mai 2017

13 h · Paris, Ile-de-France, France ·
En Nouvelle-Calédonie, la tentation de voter pour la candidate du Front National est forte pour une partie de mes amis.

Par ras-le-bol de l'insécurité, et de l'impunité apparente des fauteurs de trouble, à Saint-Louis et ailleurs.

Par méfiance d'une gauche historiquement ambigüe vis-à-vis de l'indépendance, incapable de dire clairement que sa préférence va au maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France.

Et il faut dire la vérité : il s'agit aussi, pour certains de mes amis, d'en finir avec les compromis, d'envoyer balader l'Accord de Nouméa et toutes les discussions du même genre.
Ancien conseiller du Président Nicolas Sarkozy en charge de la Nouvelle-Calédonie, Calédonien de cœur, gaulliste depuis toujours, je voterai dimanche pour Emmanuel Macron. Pas blanc : Macron. Sans la moindre hésitation.



Ancien conseiller du Président Nicolas Sarkozy en charge de la Nouvelle-Calédonie, Calédonien de cœur, gaulliste depuis toujours, je voterai dimanche pour Emmanuel Macron. Pas blanc : Macron. Sans la moindre hésitation.
Ancien conseiller du Président Nicolas Sarkozy en charge de la Nouvelle-Calédonie, Calédonien de cœur, gaulliste depuis toujours, je voterai dimanche pour Emmanuel Macron. Pas blanc : Macron. Sans la moindre hésitation.

D'abord parce que c'est l'intérêt de la France. L'application du programme de Mme Le Pen conduirait notre pays à abandonner aussi bien l'euro que l'Europe. La France ne pourrait pas résister à un tel choc, pas plus que nos entreprises ou nos agriculteurs.

Que les Calédoniens ne s'y trompent pas : cet appauvrissement général de la France, et donc du budget de l'Etat, aura des répercussions très directes en Nouvelle-Calédonie, dont la première "ressource", devant le nickel, est constituée des transferts venus de la métropole.

Si j'osais une comparaison océanienne, je dirais que la France sans l'Europe, c'est un peu comme le Vanuatu sans la France : un pays certes souverain, mais appauvri dans des proportions considérables.

Inutile de s'étendre par ailleurs sur la manière dont l'élection de Mme Le Pen serait ressentie dans la communauté mélanésienne. L'élection de Marine Le Pen serait la meilleure nouvelle depuis 30 ans pour la frange la plus radicale des indépendantistes : par le pourrissement quasi-automatique de la situation sur place, l'élection de Mme Le Pen légitimerait, chez eux, le recours à la violence plutôt que la participation à la consultation démocratique prévue en 2018 qui confirmera, nous le savons tous, la volonté les Calédoniens de rester Français.

Il est illusoire aussi de croire que Marine Le Pen enverrait "la troupe" pour rétablir l'ordre en Nouvelle-Caledonie. D'abord parce que ça ne serait plus supportable pour le budget de l'Etat. Et ensuite parce que l'Etat n'assumera pas le climat de tension, et peut être de mort, qui découlerait d'une intervention de l'armée sur le sol Calédonien.

On peut le regretter ou s'en féliciter, mais l'histoire nous a suffisamment enseigné qu'on ne règle rien par la violence en Nouvelle-Caledonie. La violence des uns génère seulement la violence des autres, et des morts dans les deux camps.

Il faut donc dialoguer, par conviction ou par raison, ce qui n'empêche pas de rester fermes sur ses positions.

À cet égard, je veux rappeler qu'Emmanuel Macron a clairement indiqué, dans une interview récente aux Nouvelles Calédoniennes, que sa préférence allait au maintien de la Nouvelle-Caledonie dans l'ensemble national.

Ce candidat a donc fait sienne notre revendication: ce n'est pas rien.

Et Emmanuel Macron a la capacité à tenir cette promesse car, des deux finalistes de l'élection, il est le seul à pouvoir dialoguer à la fois avec les indépendantistes et avec les partisans du maintien dans la France.

Lors du quinquennat précédent, nous avons bien vu que les initiatives de Paris ne pouvaient pas résister à une Calédonie qui affirmait fermement ses convictions, y compris s'il le fallait en descendant dans la rue.

C'est la raison pour laquelle, sans avoir à donner de conseils aux uns et aux autres, mon avis est que la seule issue pour ceux qui, comme nous, sont attachés au maintien de la Calédonie de la France, consiste à voter pour Emmanuel Macron dimanche prochain, puis à envoyer à l'Assemblée nationale et au Sénat des parlementaires qui sauront défendre cette position avec fermeté.

Le piège, en revanche, serait de porter au pouvoir l'illusion Marine Le Pen, qui générera tant de déception, si elle était élue, que les Calédoniens ne tarderaient pas à la rebaptiser "Marine Poingo".

Soucre FB Benoit Lombrière



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