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Une rentrée historique

Mardi 14 Février 2017

À trois jours de la rentrée des classes, le lundi 13 février, la conférence de presse animée par Hélène Iékawé et Jean-Charles Ringard-Flament était placée ce vendredi sous le signe des nouveautés et des premières. Elles concrétisent les principaux objectifs du projet éducatif calédonien voté par le Congrès en 2016.





« C’est une rentrée historique, prévient d’emblée Hélène Iékawé, membre du gouvernement en charge de l’enseignement. Pour la première fois, la Nouvelle-Calédonie va mettre en œuvre sa politique éducative. Avec une École qui ressemblera à sa population scolaire, une École beaucoup plus juste, tolérante et liée à l’histoire du pays ». Le vice-recteur Jean-Charles Ringard-Flament confirme : « Avec un projet éducatif voté le 15 janvier 2016 par les élus du Congrès, une charte d’application des orientations de politique éducative adoptée le 1er décembre dernier, la réforme des collèges et la correction locale du baccalauréat également adoptées le 29 décembre, la Nouvelle-Calédonie s’est dotée de tout le cadre réglementaire pour pouvoir rénover son système scolaire ».

Au programme de la rentrée 2017, plusieurs nouveautés constituent en effet la déclinaison concrète des principales actions du plan triennal 2017-2019 de la charte d’application. L’une des quatre orientations du projet éducatif consiste à développer l’identité de l’École calédonienne. C’est ainsi que l’enseignement des éléments fondamentaux de la culture kanak devient obligatoire pour tous les élèves de la maternelle à la terminale. « Un enjeu essentiel » pour le vice-recteur : « N’oublions pas que nous sommes héritiers d’une tradition qui a 4 000 ans d’âge ». Un premier parcours de 18 heures par an sera donc organisé à l’entame de chaque cycle. De son côté, l’apprentissage des langues kanak (drehu, nengone, paicî et ajië) reste optionnel, mais mieux structuré et placé sous la houlette d’un Conseil partenarial des langues et culture kanak récemment créé.

Culture kanak et accent sur l’anglais

Autre nouveauté, la mise en place d’un parcours civique scolaire pour l’ensemble des enfants des 1er et 2nd  degrés. Ils devront valider des actions citoyennes au travers de l’enseignement moral et civique qui leur sera délivré via des programmes basés sur la sensibilité, le droit et la règle, le jugement et l’engagement.

Par ailleurs, deux sections internationales franco-australiennes ouvrent leurs portes, au sein des collèges de Dumbéa-sur-Mer (20 élèves) et Baudoux (26). Ces 6es “SIFA” représentent une première sur l’ensemble du territoire républicain, et entre la France et l’Australie. D’ici à sept ans, une première cohorte d’une cinquantaine de jeunes Calédoniens pourrait ainsi obtenir l’“Option internationale du baccalauréat” (OIB), gage de l’excellence de leur niveau linguistique, littéraire et civilisationnel, et passeport d’entrée dans des universités étrangères ou en prépa. Cet « investissement pour le pays » s’inscrit lui aussi dans l’esprit du projet éducatif qui préconise l’ouverture de l’École sur la région Océanie et sur le monde.

Deux nouveaux lycées

Consignés dans l’Accord de Nouméa, des engagements répondant à une logique de rééquilibrage visaient à offrir à toute la jeunesse de notre pays de nouvelles opportunités de formation. L’ouverture du lycée polyvalent du Mont-Dore ce lundi et l’extension du lycée agricole et général de Pouembout en fournissent le meilleur exemple, d’autant que la population scolaire glisse progressivement des collèges aux lycées. À terme, ces deux établissements accueilleront quelque 1 500 élèves dans les filières générales, technologiques et professionnelles. Jean-Charles Ringard-Flament insiste : « Nous sommes le seul territoire à ouvrir simultanément deux lycées, aucune académie en France n’en a fait autant ». Encore une première ! Le lycée “de proximité” du Mont-Dore recevra cette année plus de 300 jeunes issus des collèges de Yaté, Plum, Boulari et Normandie. Il offre des formations dans les domaines de l’environnement et du numérique n’existant nulle part ailleurs. De son côté, le lycée de Pouembout, rebaptisé lycée Michel-Rocard, pourra accueillir plus de 900 élèves en 2019 (600 aujourd’hui). Dès cette rentrée, il propose une formation unique en Nouvelle-Calédonie : Sciences et technologies de laboratoire.

Réforme du collège et correction locale du Bac

En parallèle, dans une volonté d’ouverture vers l’enseignement professionnel, CAP, Bac pro et BTS augmentent leurs capacités d’accueil : 104 places supplémentaires pour les CAP, 219 pour les Bac pro et 217 (+ 25 % !) pour les BTS. « Ces derniers offrent aujourd’hui un millier de places, un record au plan national rapporté au nombre d’élèves », se réjouit le vice-recteur qui note un « effort considérable » et évoque un « message politique ». « Pour la première fois, un élève de seconde peut disposer sur le territoire d’un éventail complet des séries conduisant au bac techno, plus besoin d’aller chercher ailleurs ! »

En post-Bac, le nombre d’élèves croît de 17,2 % pour atteindre les 269. Du jamais vu ! « Cela signifie que les étudiants restent en Nouvelle-Calédonie, que la réponse apportée avec les nouvelles offres BTS et Classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) correspondait à de véritables besoins. »

La réforme du collège, ensuite. Adoptée par le Congrès fin décembre 2016, elle sera mise en œuvre à la rentrée prochaine avec une nouvelle organisation des enseignements et des cycles. 2017 sera une année de préparation axée autour de la formation de tous les acteurs : enseignants, CPE, documentalistes et personnels de direction. Pour la première fois aussi, 2017 verra la mise en place, sous garanties, de la correction locale des épreuves écrites du baccalauréat, général et technologique. « Le but de cette action, inscrite dans la charte d’application du projet éducatif, est la reconquête du temps scolaire, et notamment du troisième trimestre qui s’achève toujours de manière anticipée », rappelle Hélène Iékawé. Les conseils de classe devraient ainsi être reculés de plusieurs semaines durant lesquelles les élèves poursuivront leur apprentissage, au lieu d’aller à la plage !

L’An 1 du projet éducatif calédonien

Enfin, 2017 mettra également l’accent sur la rénovation des parcours d’excellence auxquels les crédits dégagés par le contrat de développement 2017-2021 État/Intercollectivités devraient donner un souffle nouveau ; le développement du numérique éducatif avec plusieurs établissements pilotes (Magenta, Portes de Fer, Païamboué, Laura Boula…), l’instauration de référents numériques éducatifs dans chaque collège et lycée et d’un socle commun en matière d’équipements et de ressources afin de limiter les disparités ; la prévention et la lutte contre le décrochage scolaire ; et la sécurisation des établissements.

L’article 17 du projet éducatif prévoyant que « la Nouvelle-Calédonie se fixe comme objectif à l’échéance 2020 de permettre à 75 % d’une classe d’âge d’obtenir le baccalauréat toutes voies confondues », il fallait, pour l’atteindre, que l’appareil éducatif évolue et se structure. Les très nombreuses mesures et nouveautés lancées pour cette rentrée apportent des réponses très concrètes.  « 2017 constitue l’An 1 du projet éducatif calédonien, conclut le vice-recteur. Les manuels d’histoire retiendront la date du 13 février comme le début de sa mise en œuvre ».

Source gouvernement



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