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Techniciens et commerciaux à la fois

Vendredi 19 Mai 2017

Quatorze étudiants de la première promotion du BTS technico-commercial mis en place à la rentrée 2015 au lycée Jules-Garnier viennent officiellement de recevoir leurs diplômes. L’occasion de mettre en lumière cette filière unique dans le Pacifique.



Techniciens et commerciaux à la fois


En novembre 2016, quatorze des vingt-deux étudiants du BTS technico-commercial ont bouclé leur formation avec succès. Huit filles et six garçons. Plus trois bébés conçus en chemin ! Huit ont échoué, dont quatre qui ont redoublé leur seconde année. Ce mercredi 17 mai, les lauréats de la première promotion, aujourd’hui âgés de 19 à 21 ans, recevaient leur brevet de technicien supérieur, option énergie, environnement, développement durable. « Un secteur porteur en Nouvelle-Calédonie pour beaucoup d’entreprises », selon Corentin, en partance pour Poitiers vers une licence professionnelle en énergie et environnement.

Les deux années étaient rythmées par quatorze semaines de stages en entreprise, destinées à acquérir ou approfondir des compétences en situation réelle de travail et à améliorer la connaissance du milieu professionnel. Dina a effectué ses stages à Enercal-Népoui, où son “projet” – sorte de rapport de stage passé à l’oral, à travers lequel l’étudiant recommande des actions à son entreprise sur une problématique technico-commerciale – visait à améliorer le stockage des déchets industriels. Celui de Corentin consistait à lancer un nouveau produit de moteur de portail. Quant à Sarah, major de promotion avec une moyenne de 14/20, elle promouvait pour EEC de nouveaux panneaux photovoltaïques à l’occasion de la Foire de Bourail.

Cours différenciés et co-enseignement

 Le cycle d’études comportait également une “situation de communication-négociation”, « une espèce de jeu de rôle avec le client, à partir des situations vécues en entreprise », comme l’explique Sandrine Billery, enseignante d’économie-gestion et professeur référent de la deuxième promotion des BTS. « C’est une chance d’avoir en Nouvelle-Calédonie une telle formation, très rare en Métropole », estime-t-elle. Avant de souligner ses particularités : « Un recrutement mixte, pour moitié des bacs STI (Sciences et technologies industrielles), pour l’autre moitié des STMG (Sciences et technologies du management et de la gestion), plus quelques bac pros », à qui on propose le seul BTS à allier la technique avec la vente, et, à raison de deux heures hebdomadaires, un co-enseignement à deux profs – un de technologie industrielle, un de techniques tertiaires – qui interviennent en même temps. « L’enseignement y est même différencié selon la section d'origine de l'étudiant, précise Freddy Loewenguth,  prof référent de la promotion fêtée aujourd’hui. S'il est issu d'une filière tertiaire (surtout STMG ou bac pro vente), il recevra un enseignement complémentaire en technologie industrielle. À l'inverse, s'il vient d'une filière technique (surtout STI), il bénéficiera d’heures complémentaires en marketing et management ».

Difficile de trouver des entreprises

Pourtant, six mois après la fin de leur BTS, hormis Sarah qui a passé depuis un concours dans les douanes et s’envole pour La Rochelle, aucun étudiant n’a encore trouvé de travail. Ils cherchent, passent leur permis de conduire, font de petits jobs pour gagner quelques sous. Plusieurs d’entre eux, comme Dina et Mérylise, espèrent une réponse positive pour intégrer une licence professionnelle en France : management des collectivités territoriales, commercialisation des produits et services industriels… à Toulouse, Tarbes, Grenoble…  

En attendant, ils participent à la cérémonie de remise des diplômes, orchestrée, au micro et au diaporama, par William, étudiant en première année. L’objectif de cette matinée est également de faire connaître la formation aux entreprises et syndicats patronaux invités. Attention, met en garde Philippe Leglize, proviseur du lycée, « nos jeunes vont vous solliciter pour estimer vos besoins et tenter de vous vendre quelque chose ! ».

À ce jour, 18 étudiants de première année n’ont pas trouvé d’entreprise disposée à les accueillir en stage. « Un exercice très laborieux chaque année », ne cache pas Freddy Loewenguth, au moment de rendre hommage à Sarah et ses amis. Une promo qu’il juge rétrospectivement « très attachante ». « J’espère que vous avez vécu ces deux années aussi bien que moi ; j’espère aussi que vous ferez des progrès en organisation, lâche-t-il avec complicité, car la rigueur c’est pas trop votre truc ! »

Source gouvernement



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