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Tahiti : Le tourisme en plat de résistance à l’assemblée

Mardi 26 Novembre 2013

Outre le renouvellement d’une convention Etat/Pays relative au Régiment du service militaire adapté en Polynésie française, les représentants à l’assemblée, réunis en séance plénière jeudi, ont concentré toute leur attention sur la politique touristique menées ces dernières années. Bilan d’une catastrophe attendue.



 
S’il est un secteur qui a particulièrement souffert de l’instabilité politique depuis 2004, aggravée (il est vrai!) par la crise économique et financière mondiale, c’est bien celui du tourisme.
 
Ce n’est pas un scoop: notre destination est en panne depuis une bonne dizaine d’années et ce, malgré une légère remontée du nombre de visiteurs entre 2011 et 2012. Toujours est-il qu’en dix ans, Tahiti et ses îles ont affiché une baisse de fréquentation de 32% quand d’autres destinations concurrentes comme Fidji, les Vanuatu ou les Maldives progressaient, elles, de 82 et 72%.
 
Ce triste constat trouve son développement dans trois rapports de la Chambre territoriale des comptes (CTC): le premier portant sur la gestion d’Air Tahiti Nui entre 2008 et 2011, le second sur celle du GIE Tahiti Tourisme (2005-2011) et le troisième relatif à la politique du tourisme de 2005 à 2012.
 
Tourisme et bungalow
S’agissant du premier dossier, force est de constater sur la période observée que les résultats financiers de la compagnie au tiare sont devenus structurellement déficitaires sans pouvoir dégager des réformes permettant d’enrayer des pertes cumulées de près de 9 milliards, a souligné la présidente du groupe Tahoeraa huiraatira, Teura Iriti. Mais elle entend rester  optimiste: « Pour rompre avec cette situation, notre majorité va s’attacher à gommer les erreurs du passé pour redonner un avenir à notre compagnie dont la création était nécessaire malgré les critiques de l’époque, pour éviter l’isolement et la soumission au diktat de nos concurrents ». Des orientations stratégiques seront ainsi proposées au conseil d’administration de la compagnie avant la fin de l’année, a confirmé le ministre de tutelle Geffry Salmon.
 
S’agissant du second dossier, et en particulier la situation du GIE Tahiti Tourisme, quand bien même des mesures correctives ont déjà été apportées conformément aux recommandations des magistrats de la CTC, c’est un sentiment de gâchis et de perte de temps qui résulte du rapport. En six ans, un peu plus de 10 milliards de francs pacifique ont été engloutis par la collectivité afin de promouvoir nos îles à l’international. « Pour quel résultat ? » s’interroge le représentant, René Temeharo, avant de pointer du doit des opérations « Invest in your love » aussi coûteuses qu’improductives. Toujours est-il que nul n’est capable aujourd’hui d’en mesurer les retombées en terme d’arrivées de visiteurs… Une chose est sûre: il est temps de revenir aux fondamentaux autour de questions essentielles telles que: quel type de visiteurs voulons-nous ? Quels sont les moyens de promotion permettant de le séduire et surtout, quel cherche t-il durant son séjour ?
 
Le troisième et dernier rapport commenté par les représentants, sur la politique du tourisme pour les exercices 2005 à 2012, ne dit pas autre chose, fustigeant « l’absence de mise en oeuvre d’une véritable stratégie, plusieurs fois recherchée mais jamais validée » comme l’a très bien souligné Sandrine Turquem dans son propos. En effet, depuis 2005, plusieurs projets se sont empilés dans les cartons mais ils n’ont jamais vu le jour. C’est le cas du programme de développement du tourisme commandé en 2005, du schéma directeur du développement touristique de Tahiti et ses îles élaboré en 2007, ou encore des travaux issus du Cost (conseil d’orientations stratégiques du tourisme) créé en 2010. Précisons que tous ces travaux ont été décidés et réalisés sous les gouvernements Tong Sang et Temaru. Sans parler des dérives également relevées par la CTC telles que la construction d’un bureau flambant neuf à 46 millions de Fcfp au Fare Manihini sous l’ère de Jacqui Drollet ou encore l’entrée du Pays au capital de la société Bora Bora Cruise sous la présidence Tong Sang, a rappelé la représentante Tahoeraa.
 
Il appartient aujourd’hui à la nouvelle majorité de remettre un peu d’ordre dans la maison pour que le Tourisme redevienne le véritable moteur économique du fenua, tant du point de vue des ressources générées (environ 40 milliards de Fcfp par an) mais également par son potentiel de création d’emplois.

Source : Tahiti News



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