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Qu’est-ce qu’une forêt en Nouvelle-Calédonie ?

Mardi 10 Septembre 2013

« Qu’est-ce qu’une forêt en Nouvelle-Calédonie ? » Par Philippe BIRNBAUM, chercheur en écologie forestière à l’IAC
CONFERENCE grand public le mardi 17 septembre 2013 à 18h00, auditorium de l’IRD, Anse-Vata



Qu’est-ce qu’une forêt en Nouvelle-Calédonie ?
« La forêt néo-calédonienne, c’est une apparente simplicité et une évidente complexité » résume Philippe Birnbaum, chercheur en écologie forestière et bio-informaticien au sein de l’Institut agronomique néo-Calédonien (IAC) et du CIRAD. Après deux années de prospections au cœur des massifs forestiers de Nouvelle-Calédonie, ce spécialiste des forêts tropicales, propose une conférence intitulée « Qu’est-ce qu’une forêt en Nouvelle-Calédonie ? » qui se déroulera le mardi 17 septembre à 18h00, à l’auditorium de l’IRD. Le chercheur montrera à quel point ces oasis de biodiversité mobilisent les équipes de recherche depuis de nombreuses années et se révèlent des écosystèmes d’une incroyable complexité. Il montrera comment les résultats de son équipe viennent en appui aux politiques de gestion et de conservation des forêts alors qu’aujourd’hui ce patrimoine se trouve menacé et devient un enjeu crucial de développement durable du pays.
 
 

C'est le royaume des plus grandes fougères arborescentes du monde, des plantes les plus archaïques, telle l’Amborella trichopoda

Forêt humide ©IAC,P. Birnbaum
Forêt humide ©IAC,P. Birnbaum
Ou encore d’autres milliers d’espèces uniques. Avec plus de 2000 espèces de végétaux dont 80% sont endémiques, la forêt tropicale néo-calédonienne est reconnue mondialement comme l’une des plus riches et originales de la planète. Mais entre les forêts sèches du littoral, la mangrove, les forêts humides de basse à haute altitude… qu’est-ce qu’une forêt en Nouvelle-Calédonie ? En quoi diffèrent-elles des autres forêts du monde ? Où se localisent-elles exactement ? Quel est leur état ? Leur valeur se définit-elle par le nombre d’espèces rares qu’elles hébergent ? Voici quelques-unes des questions qui se posent aujourd’hui aux spécialistes du domaine.
 
Dynamique. Milieu terrestre qui abrite la plus grande biodiversité de la planète, la forêt est aussi un écosystème qui rend une multitude de services écologiques (régulation du climat, absorption du CO2, filtration de l’eau,...) et se trouve à la croisée de nombreuses activités vitales et d’investissements économiques. Un milliards d’êtres humains en vivent directement. Aujourd’hui, la connaissance intime des écosystèmes forestiers ne s’articule plus autour du seul inventaire exhaustif des espèces mais s’inscrit davantage dans la compréhension de leur fonctionnement, de leur évolution ainsi que des dynamiques écologiques qui les régissent. En Nouvelle-Calédonie, la tâche n’est pas simple car les champs d’observations sont immenses et la moisson de données à collecter est colossale. Mais depuis deux ans, grâce à d’ambitieux programmes de recherche portés par Philippe Birnbaum et son équipe, les études menées au sein de l’IAC apportent de l’eau au moulin de la connaissance. Loin d’être figées, les forêts calédoniennes sont en perpétuelle évolution en réponse aux variations des conditions de l’environnement, aux changements climatiques ou aux pressions exercées par les activités humaines. Ce qui s’observe aujourd’hui ne représente qu’une image instantanée d’un système dynamique complexe et par exemple, une savane à Niaoulis peut représenter ici une forêt dégradée et ailleurs la transition vers une forêt complexe.

 


Mosaïque.

Philippe Birnbaum (à gauche) et une partie de son équipe (Elodie Blanchard et Thomas Ibanez) ©IAC,P. Birnbaum
Philippe Birnbaum (à gauche) et une partie de son équipe (Elodie Blanchard et Thomas Ibanez) ©IAC,P. Birnbaum
 Atéou, Mont Panié, Aoupinié,… les forêts calédoniennes présentent chacune des spécificités. Cette hétérogénéité liée aux conditions environnementales locales (altitude, microclimats,…), génère une mosaïque d’habitats forestiers. L’équipe de recherche en écologie forestière de l’IAC travaille sur différents sites dans le but de dresser un état de la répartition actuelle des habitats forestiers. Ce travail repose sur de nombreux dispositifs de suivi sur le terrain et d’outils scientifiques d’analyses tels que la modélisation, la télédétection, la constitution de bases de données, de cartes d’indicateurs de suivis. Il s’appuie également sur l’implication des gestionnaires, des garde-nature, de la population ou plus généralement des passionnés du monde végétal calédonien. Après deux années travaux de recherche, Philippe Birnbaum présentera quelques-uns des résultats qui permettent de mieux cerner les forêts néo-calédoniennes.

Fragilité. Avec l’exploitation minière, les incendies à répétition, le morcellement des milieux ou encore le changement climatique, les forêts de Nouvelle-Calédonie sont confrontées à de multiples pressions et face au développement économique, les urgences écologiques ne font pas toujours le poids. C’est pourquoi la recherche a un rôle fondamental à jouer et venir en appui aux politiques de gestion et de conservation est  la place qu’entend remplir pleinement l’IAC et l’équipe de Philippe BirnbaumUn travail de longue haleine mais de belles promesses d’avenir.
 
Partenaires de ces recherches
CIRAD, IRD, CNES,  Province Nord, WWF, CNRT, Province Sud

Florence Dhie



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