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Philippe Gomès : le caporal est devenu Bonaparte et entrevoit Napoléon

Vendredi 25 Juillet 2014

Philippe Gomès a réuni la presse ce matin pour passer un message : "ce n'est pas par moi que la discorde naîtra entre non-indépendantistes" , cela ne passera donc pas par Calédonie Ensemble, tout du moins en façade, car Philippe Gomès et son équipe soudée, réunie autour de lui, ne cédera pas aux "coups de canif" dans le contrat de Gouvernance Solidaire, envoyés par Harold Martin via la presse. Philippe Gomès veut apparaître comme celui qui apaise et construit.
Dans la guerre il n'y a que les perdants et les gagnants, en politique aussi et Philippe Gomès est le gagnant , c'est clair. Mais il n'est pas tout seul...



Le temps de la construction

Fini le temps des campagnes électorales agressives !  "Certains s'y attardent encore, plus animés par l'aigreur, l'animosité ou l'amertume" nous dit Philippe Gomès (suivez mon regard, Harold Martin). "Tout le monde a pu s'exprimer lors de la campagne, nous avons conclu un Contrat de Gouvernance Solidaire, il faut s'y tenir", la campagne c'est derrière.

"Ce qui est devant c'est un moment unique du destin de la Nouvelle-Calédonie, c'est la sortie de l'accord de Nouméa. Pour que cela réussisse, coté non indépendantiste, il faut être unis, remettre nos querelles intestines à plus tard"  et sans doute à nul part !
"Les calédoniens ne comprendraient pas que nous soyons encore dans nos querelles de personnes ". 
 
Décryptage : Philippe Gomès a réussi plusieurs étapes ...la conclusion dans 5 ans.

Du Caporal à Bonaparte : 
1- l'étape de la guerre de tranchée entre 2009 et 2014, marquer son adversaire à la "culotte" et exister coûte que coûte et après les législatives (première bataille), prendre la Province (la Mairie de Nouméa c'était pas prévu et c'est Lagarde)... ça c'est fait !
2- L'étape des élections provinciales a été délicate et rondement menée car il fallait positionner ses collaborateurs pour les mettre aux manettes tout en commençant à construire son image de chef des non indépendantistes c'est à dire commencer à rassembler. C'est fait  ! Grâce aussi au manque de concurrence à niveau,  il est vrai... Mais ce positionnement se construit encore chaque jour avec notamment la prise de distance de Philippe Gomès par rapport aux querelles d'égos (et pourtant c'était pas simple), il lui faut se sentir très concerné et actif sans être omniprésent .. L'équation est en place aujourd'hui. Le quotidien ce n'est plus lui, lui c'est le destin de la Nouvelle-Calédonie... 
 
De Bonaparte à Napoléon :
3- Maintenant il faut rester l'interlocuteur privilégié pour l'Etat, coté non indépendantiste, et surtout garder sa base avec lui, et pour cela le CGS, c'est parfait comme l'a été l'Accord de Nouméa pendant 25 ans, il faut donc s'y raccrocher, le premier qui rompt passe pour le diviseur. Conséquence : Ne pas répondre aux attaques qui peuvent casser le CGS .....cela va durer 5 ans. C'est ce qu'il a fait ce matin et qu'il refera pendant 5 ans...
4-Pendant ce temps, le lobbying parisien du Député et le lobbying local de ses équipes devraient amener tranquillement la Nouvelle-Calédonie vers son destin car pour sortir par la grande porte de l'ADN pour les trois parties, il faut du talent et surtout des interlocuteurs bien représentatifs des trois parties, Etat impliqué, Indépendantistes raisonnables et non indépendantistes constructifs.

Coté non indépendantiste c'est fait, sauf surprise le leader sera le plus charismatique : Philippe Gomès,  qui s'est bien préparé pour incarner le rôle et le projet de société qui convient aux calédoniens (même s'il reste à construire)...mais coté non indépendantiste c'est encore l'étape d'avant, celle des primaires en quelque sorte, les provinciales n'ont pas été suffisamment explicites....rien n'est encore clair entre le Palika et l'UC ...Neaoutyine tient la corde mais il ne peut se passer de l'UC majoritaire en voix dans le pays...

En plaisantant ce matin devant les journalistes Philippe Gomès parlait de l'idée qui commençait à germer dans l'esprit de certains indépendantistes d'un CGS entre indépendantistes ... Pourquoi pas ? Si c'est pour construire !
 
5-Philippe Gomes et ses alliés du Contrat de Gouvernance Solidaire ont donc 5 ans pour façonner le destin de la Nouvelle-Calédonie !  Si Gomès la joue ouvert aux autres et si cela ne reste pas une posture, ce serait certainement un bien car la Calédonie a besoin de sérénité et d'un leader, mais attention à ne pas oublier que si CE a fait 36% des voix le FPU et UCF ensemble font 37... Diviser pour régner, ça c'est fait, maintenant c'est le capitaine et le sélectionneur de l'équipe qu'il nous faut; travail d'équipe oblige, donc... et comme disent les rugbymen,  "même avec un bon capitaine, c'est le collectif qui gagne..."
 
 



Florence Dhie



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