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Philippe Blaise du MRC : "2015, année du coming-out nationaliste de Calédonie Ensemble".

Lundi 21 Décembre 2015

Tribune de Philippe Blaise, Président du MRC


Le fait politique marquant de cette année 2015 aura été la dérive nationaliste de CE.

Retour en arrière : CE a bénéficié aux législatives de 2012, mais aussi aux provinciales de 2014, d'un report des votes sanction des déçus du Rassemblement, depuis le lever du drapeau indépendantiste par Pierre Frogier.



Philippe Blaise du MRC : "2015, année du coming-out nationaliste de Calédonie Ensemble".
Après les provinciales de 2014, pendant quelques mois les Calédoniens ont pu croire au miracle républicain, avec le Contrat de Gouvernance Solidaire passé entre les trois formations loyalistes. Enfin l'espoir d'un retour à une forme de cohérence politique en échappant aux alliances contre-nature Rump-UC et CE-PALIKA.

Malheureusement, les vieux réflexes et les vieilles haines ayant la vie dure, le CGS a fini par voler en éclats sur la question fiscale.

Immédiatement, Philippe Gomès a décidé de revenir à sa stratégie de proximité avec le PALIKA, et c'est à Gwangyang, lors de l'inauguration de la deuxième ligne de l'usine offshore de la SMSP, que le pacte Faustien est conclu, entre Philippe Gomès, Paul Néaoutyine, et Daniel Goa pour l'UC.

Jusque là, ce n'est qu'un remake de ce que nous avions pu voir entre 2004 et 2008, où a commencé la complicité entre Philippe Gomès et Paul Néaoutyine.

Ce qui a changé depuis, c'est la revendication publique par CE de son "nationalisme".

En matière économique, CE veut imposer la doctrine Nickel du Nord, en invoquant le "souverainisme économique". Le mot est lâché : la "souveraineté".

Au Congrès et ici ou là on lâche également de plus en plus dans le discours le mot "nationalisme".

De la "petite nation dans la grande nation", terme emprunté à une phrase du manifeste du RPCR de 1977 (où elle avait un sens social et non politique), on en est arrivé aujourd'hui à une formation politique qui s'est faite élire sur une promesse de défendre la Calédonie dans la France et qui désormais, sous l'impulsion de son chef, veut amener notre pays à un statut national.

Aujourd'hui on peut se demander si CE n'a pas fait évoluer sciemment son discours pour préparer une évolution de la citoyenneté Calédonienne en nationalité. Avec le mensonge que l'on puisse avoir une nationalité calédonienne et rester dans la république Française. Ce qui est antinomique.

Alors, faisons tomber les masques. Arrêtons de mentir aux Calédoniens: la nationalité c'est l'indépendance avec une minuterie retard. La petite nation Gomésienne c'est l'indépendance-association. C'est la souveraineté, et c'est l'indépendance.

Aujourd'hui les choses sont claires : CE n'est plus un parti loyaliste mais un parti séparatiste.

Le paysage politique calédonien comporte maintenant le FLNKS indépendantiste, qui se dit lui aussi "nationaliste", c'est tout dire, des partis loyalistes, plus ou moins cohérents dans leurs convictions, et au milieu une espèce de machin de la troisième voie, qui sert au final les intérêts du FLNKS en flattant le sentiment insulariste calédonien.

Il est dommage que CE n'ait pas eu l'honnêteté en 2014 de faire campagne sur son "nationalisme" car les résultats auraient certainement été très différents, surtout pour tous les Calédoniens d'adoption qui ont cru voter pour leur protecteur et ont porté au pouvoir une doctrine qui les trahit.

Mais en 2016 au moins tout le monde aura été prévenu, et c'est tant mieux.




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