Connectez-vous

Parc de la mer de Corail : les scientifiques se jettent à l’eau

Mardi 26 Juillet 2016

Piloté par la direction des Affaires maritimes, le Parc naturel de la mer de Corail organise du 25 au 27 juillet à la CPS un atelier scientifique réunissant des experts locaux, nationaux et internationaux.

Plus de quarante personnes participent à l’atelier scientifique qui a débuté ce lundi matin à l’auditorium de la Communauté du Pacifique (CPS) : une grande majorité de Calédoniens, mais aussi des experts métropolitains, australiens, néo-zélandais, canadiens, fidjiens ou encore salomonais. Organisé par un comité de pilotage composé de membres du comité de gestion du Parc naturel de la mer de Corail, de la direction des Affaires maritimes, du service de la Coopération régionale, du haut-commissariat et des invités internationaux, l’atelier a pour objectif de décliner scientifiquement le plan de gestion du parc. Un projet qui bénéficie d’un appui logistique et financier de The Pew Charitable Trusts (Pew) et de son programme Global Ocean Legacy. Concrètement, il s’agit d’émettre une expertise scientifique concertée sur la première ébauche du plan de gestion, et de proposer des pistes pour l’établissement d’un premier agenda scientifique pour le parc. Créé par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie en avril 2014, celui-ci couvre la totalité de notre espace maritime, soit près de 1,3 million de km2.

Au rendez-vous de la croissance bleue

En ouverture de l’atelier scientifique, Philippe Germain a rappelé que si la biodiversité marine constituait le patrimoine de l’humanité, sa préservation représentait un intérêt économique majeur. Et, la mer étant « un formidable potentiel de croissance économique », il a insisté sur l’importance de miser sur une communauté scientifique de premier plan afin de se trouver « ensemble au rendez-vous de la croissance bleue ». Tout en précisant la volonté du gouvernement d’accompagner les experts afin de construire « une politique maritime à la hauteur des enjeux que [le Parc naturel de la mer de Corail] représente pour notre pays ».

Un comité de gestion et un comité scientifique

Le Parc naturel de la mer de Corail s’est doté d’un comité de gestion, composé de représentants des institutions, aires coutumières, acteurs socio-professionnels et associations environnementales, qui élabore et propose un plan de gestion. Les grands axes de ce plan ont été validés le 7 juillet dernier, lors du 3e comité de gestion. En avril 2017, le plan sera soumis pour approbation au gouvernement, à l’issue d’une phase de consultation publique qui débutera en novembre prochain.

Le comité de gestion est assisté dans ses travaux par un groupe de travail transversal dénommé « comité scientifique », habilité à formuler des recommandations au comité de gestion et aux autres groupes de travail, et constitué des trois principaux organismes scientifiques de Nouvelle-Calédonie investis dans les problématiques maritimes : l’IRD, l’Ifremer et l’UNC.




Discours Président
Ouverture de l’atelier scientifique
du comité de gestion du parc naturel de la mer de Corail
Lundi 25 juillet 2016
Monsieur le représentant du haut-commissariat
Madame la représentante de la province Sud
Monsieur le directeur adjoint de la CPS
Mesdames et messieurs les membres du comité de gestion
Mesdames et messieurs les membres de la communauté scientifique
Mesdames et messieurs
C’est avec beaucoup de plaisir que je m’exprime devant vous, membres de la communauté scientifique. Vous êtes les experts, vous êtes ceux dont on attend les éclairages nécessaires à la première ébauche du plan de gestion du parc naturel de la mer de Corail.
Autant dire que nous attendons beaucoup de vous, de vos travaux.
J’ai rendu en début de mois les arbitrages nécessaires pour que cette participation puisse enfin se concrétiser.
Le comité scientifique du parc sera donc constitué des trois principaux organismes scientifiques de la Nouvelle-Calédonie investis dans les problématiques maritimes, soit l’IRD, l’IFREMER et l’Université.
Il sera composé de trois personnalités désignées intuitu personae à raison de leur compétence notoire. Peut-être que ces trois personnes se trouvent dans cette salle car elles ne seront
** Retrouvez toute l’actualité du gouvernement sur gouv.nc et lemagdugouv.nc **
pas nécessairement établies en Nouvelle-Calédonie. La dimension régionale du parc, c’est aussi une ouverture sur nos voisins et je verrais plutôt favorablement que l’une d’entre elles représente la recherche en Australie ou en Nouvelle-Zélande par exemple.
Un représentant du Cresica sera également désigné comme personne qualifiée pour pouvoir participer aux réunions du comité de gestion du parc. Voilà pour l’aspect organisationnel.
Mais la transition écologique, c’est bien sûr l’énergie, mais c’est aussi la préservation de la biodiversité marine, pas seulement parce qu’il s’agit, là, du patrimoine de l’humanité, mais aussi parce qu’elle représente un intérêt économique majeur.
Malheureusement, l’homme a martyrisé la mer : déchets, sacs plastique, marées noires, il a aussi pillé ses ressources sans penser à l’avenir. Nous avons la chance d’avoir un parc encore largement préservé voire indemne. Alors, il faut changer et faire de cette mer de Corail notre projet.
Parce que la mer, c’est un formidable potentiel de croissance économique. Nous devons donc être ensemble au rendez-vous – j’insiste sur ce point – de la croissance bleue. Il nous faut pour cela miser sur la recherche, et la Nouvelle-Calédonie dispose d’un potentiel scientifique de premier plan pour cela.
La recherche, vous mesdames et messieurs, avez vocation à orienter et éclairer nos comportements demain. Par exemple, la connaissance des stocks de migrateurs, des paramètres de leur évolution et de leur reproduction permet d’étayer nos décisions en termes d’effort de pêche, et d’appuyer nos revendications dans les organisations régionales des pêches.
La recherche doit aussi permettre de préparer et de développer les conditions d’émergence de nouvelles activités. Cela concerne les biotechnologies et tout ce que l’on peut tirer des propriétés du vivant, en matière pharmaceutique ou dans l’industrie par exemple.
Mais la recherche est aussi une activité économique en soi dont nous devons profiter des retombées :
Je souhaite que l’analyse des données issues des campagnes de recherche en mer soit, autant que possible, menée en Nouvelle-Calédonie. Il y a à l’Anse Vata un site privilégié, qui pourrait accueillir davantage de chercheurs étrangers.
En second lieu, il faut s’assurer que les données issues de ces campagnes de recherche soient la propriété de la Nouvelle-Calédonie afin que le moment venu, nous puissions les exploiter sans être confrontés à des problèmes de propriété intellectuelle.
Enfin, les campagnes de recherche dans nos eaux doivent nous servir ; à ce titre, il faudrait
** Retrouvez toute l’actualité du gouvernement sur gouv.nc et lemagdugouv.nc **
rechercher la cohérence entre l’agenda scientifique que le parc aura adopté et les campagnes qui seront menées dans les prochaines années.
Il y a là un chantier bien identifié, que j’ai demandé à mes services d’engager en relation avec la communauté des chercheurs que vous représentez aujourd’hui.
Je souhaite que votre agenda, bien chargé je le sais, n’occulte pas ces questions, et je serai attentif à toutes vos propositions en ce sens.
Il nous faut penser notre avenir avec votre aide. La mer est notre ancêtre, et elle est aussi notre avenir. Et pour dire les choses autrement, il n’y a pas plus belle ambition que la mer, pour un pays comme la Nouvelle-Calédonie, qui a toujours voulu regarder plus loin.
Pourquoi notre île ne se tourne pas davantage vers la mer, ne convainc pas plus ses citoyens et nous les responsables des pouvoirs publics de ce gisement, de cette force que représente la mer partout dans le monde. Alors, à travers cette intervention, je veux faire la démonstration de l’ambition qui est celle du gouvernement de vous accompagner pour construire une politique maritime à la hauteur précisément des enjeux que cela représente pour notre pays.
Alors, oui, construisons, mesdames et messieurs, cet avenir, mettons les voiles, parce que c’est une aventure extraordinaire qui nous attend.
Je vous remercie.
Philippe Germain
Seul le prononcé fait foi

Source Gouvernement



Environnement | Les videos | Les archives