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Les Républicains font des propositions pour relancer l'économie calédonienne

Vendredi 10 Juin 2016

Dans sa dernière note sur la situation économique de la Nouvelle-Calédonie l’Institut d’Emission d’Outre Mer faisait le constat suivant.

« La consolidation de l’économie de la Nouvelle-Calédonie amorcée en 2014 ne s’est pas confirmée en 2015. Les entrepreneurs considèrent que la conjoncture s’est fortement dégradée et se disent nettement moins confiants sur leur courant d’affaires. Dans ce contexte, le marché du travail s’est dégradé, marqué par des destructions nettes d’emploi dans plusieurs secteurs. La demande d’emploi a progressé de manière continue, tandis que l’offre est restée atone. »




Il y a environ une dizaine de jours, la Chambre de Commerce et d’Industrie, après avoir consulté ses adhérents, déclarait « l’Etat d’urgence économique » en raison notamment des mauvais chiffres enregistrés et des perspectives négatives pour les prochains mois. Les élus de la Chambre demandant aux pouvoirs publics qu’un comité de crise puisse être mis en place afin qu’un plan de relance volontariste soit défini.

Nous regrettons l’absence de réponse du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie à cette demande du monde économique.

Il ne s’agit pas ici de tomber dans le catastrophisme, mais bien d’un cri d’alarme de la part des professionnels, qui veulent démontrer que si des mesures sont prises par les pouvoirs publics la machine économique peut redémarrer rapidement.

La Nouvelle-Calédonie dispose d’un immense potentiel ainsi que d’une population d’entrepreneurs qui ne demandent que à investir et à créer de l’emploi pour autant que des mesures incitatives soient prises.

Par ailleurs, en cette période de discussions essentielles pour l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, il est important de ne pas rajouter aux incertitudes institutionnelles une crise économique et sociale.

 Il n’y a cependant pas de fatalité à cette situation. Ce constat n’est pas celui de l’inaptitude de la Nouvelle-Calédonie à se réformer, mais de l’incapacité de cette gouvernance à appréhender le réel avec lucidité et discernement. Les calédoniens ont toujours ce goût d’entreprendre, il ne demande que à être stimulé.

Il y a urgence à libérer les énergies, à encourager l’initiative et l’investissement, à réduire les contraintes administratives, à supprimer tout obstacle inutile ou d’intérêt mineur, à ramener les impôts et charges à un niveau supportable pour la population.

Ce carcan administratif  et une pression fiscale trop importante ne sont plus acceptés par la population qui attend de nouveaux espaces de liberté. Il faut y substituer des mesures de relance de l’investissement et de la consommation, afin de redynamiser l’emploi et que celui-ci se transforme en richesse.

Le groupe des Républicains s’inscrit dans cette volonté de relance de l’économie calédonienne.

Depuis de longs mois, nous n’avons  eu de cesse d’alerter le gouvernement  sur cette dégradation et des risques que celle-ci pourrait engendrer sur l’emploi des calédoniens.

La préservation de l’emploi doit aujourd’hui être notre priorité collective et les Républicains sont prêts à participer toute action visant à relancer la machine économique.

Pour cette raison, nous répondons favorablement à la proposition de la CCI, de création d’un comité de crise composé des collectivités, des groupes politiques et des partenaires sociaux afin de définir ensemble un plan d’urgence de relance de notre économie.

Dans l’objectif de contribuer efficacement à ce comité et d’être une force de propositions, nous déposons sur le bureau du Congrès plusieurs mesures destinées à redonner confiance aux entrepreneurs, redynamiser l’emploi et relancer la consommation et l’investissement.

       1. Redonner confiance aux entrepreneurs :

La note de l’IEOM fait état que l’indicateur du climat des affaires, censé traduire le niveau de confiance des entrepreneurs, s’effondre et se retrouve à son plus bas niveau.

Ces statistiques inquiétantes sont bien évidemment consécutives à la crise en cours mais également d’une stigmatisation régulière des entreprises ces dernières années ainsi que d’un alourdissement considérable des réglementations et des démarches administratives.

Pour redonner confiance aux entrepreneurs calédoniens nous proposons deux actions immédiates :

Simplifier la vie des entreprises : le dépôt d’un vœu au Congrès de la Nouvelle-Calédonie afin de rendre systématique la démarche de simplification administrative dans l’élaboration des textes réglementaires. Nous proposons, par exemple, d’appliquer le principe instauré dans certains pays anglo-saxons du « One in, two out » : toute mesure nouvelle doit s’accompagner de la suppression du double de mesures existantes, en longueur de texte mais surtout en charge administrative (temps et coût) pour les entreprises et les particuliers, introduire un volet « simplification » dans les textes et enfin établir une règle comme quoi le silence de l’administration vaut « accord »
Libérer l’initiative : la loi antitrust votée en 2013 a eu pour effet de scléroser l’économie calédonienne en raison de son champ d’application à tous les secteurs d’activités. Par ailleurs, cette loi n’a eu aucun effet sur la baisse des prix et à même favorisé la destruction de certaines petites entreprises du fait que celles-ci ne pouvaient pas être rachetées par des sociétés plus importantes en raison des seuils trop bas, c’est ce que nous cessions de dénoncer au moment du vote de la loi. Par conséquent nous déposons une proposition de loi du pays visant à réduire celui-ci seulement aux secteurs où un risque anticoncurrentiel est avéré et ainsi revenir aux objectifs initiaux de la loi


      2. Redynamiser l’emploi :

Avec des destructions nettes d’emploi (première fois depuis 1995) et un nombre de demandeurs qui augmente de 9%, les chiffres de l’emploi sont particulièrement préoccupants. Si ces mauvaises statistiques sont consécutives au ralentissement de l’économie, il convient néanmoins de proposer des dispositifs permettant aux entrepreneurs d’embaucher même en période de crise :

Deux actions immédiates pour redynamiser l’emploi :

Garantir une plus grande flexibilité : en cette période de ralentissement économique, les entreprises peinent à embaucher en raison notamment de la crainte sur leur niveau d’activité. Pour cette raison nous proposons d’introduire d’avantage de flexibilité à l’embauche en déposant une délibération modifiant le chèque emploi service afin d’étendre celui-ci au secteur du BTP (fortement impacté par la crise) et le généraliser aux entreprises de moins de 3 salariés.
Favoriser l’embauche des jeunes : en concertation avec les organisations patronales nous élaborerons un texte visant à alléger les charges sociales pour les jeunes sans qualification rentrant dans le monde du travail. Par ailleurs nous souhaitons qu’un effort significatif soit fait dans le domaine du développement de l’apprentissage, pour cela nous ferons des demandes spécifiques lors de l’élaboration des prochains budgets des collectivités.
   

     3. Relancer la consommation et l’investissement :

 

 La consommation et l’investissement sont les deux piliers de l’économie, il est par conséquent urgent de les soutenir en prenant des mesures incitatives et volontaristes. Quatre actions pour relancer la consommation et l’investissement:

 Relancer le pouvoir d’achat des classes moyennes et l’activité : les Républicains ont déposé en 2015 sur le bureau du congrès une délibération visant à modifier le barème de l’impôt sur le revenu pour redonner du pouvoir d’achat aux classes moyennes calédoniennes. Nous déposons un nouveau projet afin que cette baisse d’impôt puisse être effective dès cette année, mais également une modification du code des impôts augmentant le seuil de un à deux millions des travaux déductibles de l’impôt sur le revenu afin de relancer l’activité.
 Baisser le poids du logement dans le budget des ménages : en raison de la hausse croissante du prix de l’immobilier ces dernières années, le poids du logement a considérablement augmenté dans le budget des ménages. Nous déposons un vœu pour que les durées de prêts immobiliers soient allongées à l’instar de la métropole et que les frais de notaire puissent y être intégrés.
 Orienter l’épargne calédonienne vers des projets productifs : par un vœu au Congrès de la Nouvelle-Calédonie nous demandons au gouvernement de proposer d’ici la fin de l’année un dispositif permettant d’orienter l’épargne des calédoniens vers des investissements productifs en Nouvelle-Calédonie.
Création d’un comité « grands projets » ; celui ci devra déterminer les investissements publics en collaboration avec le secteur privé qui pourraientt être lancés (Deux fois deux voies jusqu’à Tontouta, Foncier du CHT, développement énergies renouvelables, …)




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