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Le projet éducatif adopté par le Congrès

Mardi 19 Janvier 2016

Au terme d’une consultation inédite ayant associé, pendant près de dix ans, communauté éducative, groupes politiques, autorités coutumières, organisations syndicales, fédérations de parents d’élèves, associations et institutions, le projet éducatif vient d’être adopté par le Congrès. Il pose les fondations d’une École ancrée dans son environnement et adaptée à la réalité calédonienne.



La délibération s’ouvre sur l’affirmation du droit à l’éducation et sur les principes fondamentaux comme la liberté de l’enseignement, la gratuité, la neutralité, la laïcité et l’obligation d’instruction.
La délibération s’ouvre sur l’affirmation du droit à l’éducation et sur les principes fondamentaux comme la liberté de l’enseignement, la gratuité, la neutralité, la laïcité et l’obligation d’instruction.


Vendredi 15 janvier 2016, en milieu d’après-midi, après cinq heures de discussions en séance plénière, et plus de onze heures de débats en commission neuf jours plus tôt, le projet de délibération relative à l’avenir de l’École calédonienne a été voté par les 53 membres du Congrès présents, par 45 voix pour, 3 contre et 5 abstentions. Une grande satisfaction pour le gouvernement – il l’avait adopté le 15 décembre à 10 voix sur 11 –, qui récompense un énorme travail de concertation. « Ce projet éducatif, nourri de la réflexion de tous, nous l’avons écrit collectivement, se félicite Hélène Iékawé, membre du gouvernement en charge de l’enseignement. On peut même dire qu’il a été adopté à l’unanimité car les élus qui se sont abstenus ou ont voté contre y ont participé eux aussi en déposant des amendements qui ont été pris en compte ».
La Nouvelle-Calédonie se dote donc, enfin, d’une véritable politique éducative qui détermine les grandes orientations d’une École adaptée aux réalités du pays, basée sur le respect mutuel, la solidarité et la tolérance, creuset du destin commun. Fidèle aux principes essentiels que sont l’équité, l’égalité, la laïcité et la liberté de l’enseignement, la Nouvelle-Calédonie aspire à donner à tous les mêmes chances de réussite et d’insertion, à gommer les inégalités sociales, à former des citoyens engagés dans la construction de leur pays, aptes à s’insérer dans le monde.

Premières actions concrètes à la rentrée 2017

Dans sa déclaration de politique générale, en avril 2015 devant le Congrès, Philippe Germain avait insisté sur « la nécessité d’un projet éducatif, fédérateur d’énergie et véritable levier du changement concerté pour une société plus juste, plus respectueuse des cultures du pays, plus ouverte, plus solidaire ».
« Ce projet éducatif répond aux attentes et aux préoccupations de la population, confirme Hélène Iékawé. Nous n’avons fait que mettre en œuvre les conclusions du colloque de 2002 et du Grand débat de 2010 selon lesquelles il fallait définir les valeurs et les missions de l’École calédonienne ».
Composée d’une trentaine d’articles, la délibération-cadre entend aujourd’hui « donner une place plus importante aux cultures dont les élèves sont porteurs et renforcer le sens civique et moral ». Son préambule, qui sera traduit dans toutes les langues du pays et affiché, dès la rentrée, dans toutes les écoles, souligne la dimension plurielle d’une école « permettant la reconnaissance des différences ».
Reste maintenant aux groupes de travail à plancher sur les actions jugées prioritaires, à dessiner les modalités de leur mise en œuvre, pour une présentation au Congrès en juillet ou août. Certaines devraient s’appliquer dès la rentrée 2017.

Quatre ambitions principales

– Développer l’identité de l’École calédonienne pour favoriser le vivre ensemble : renforcer l’engagement des élèves dans la vie de l’établissement, ancrer le service civique, valoriser l’enseignement de la culture et des langues kanak…
– Prendre en compte la diversité des publics pour favoriser la réussite de tous : offrir un socle commun de connaissances et de valeurs, adapter le fonctionnement de l’École aux élèves dans leur diversité, donner des moyens supplémentaires aux établissements en difficulté…
– Créer un environnement de travail favorable, pour un meilleur épanouissement de l’élève au sein de l’École : adapter les rythmes scolaires, éduquer à la santé et au développement durable, valoriser les activités physiques…
– Ouvrir l’École sur la région Océanie et le monde, pour répondre aux défis du XXIe siècle : favoriser l’essor du numérique à l’école, développer les partenariats avec le monde du travail…

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Environ 200 personnes avaient participé au séminaire sur le projet éducatif les 8 et 9 octobre au Méridien de Nouméa.
Un seul conseil consultatif

Le 15 janvier, les élus du Congrès ont voté, à l’unanimité, un autre projet de délibération visant la création d’un seul conseil consultatif. Depuis le transfert de l’enseignement privé du premier degré et de l’enseignement du second degré public et privé, le 1er janvier 2012, trois instances existaient en effet : le comité de l’enseignement agricole, le conseil consultatif de l’enseignement, pour le premier degré public, et le conseil consultatif de l’éducation, pour le second degré public et l’enseignement privé.
Le nouveau CCE devra obligatoirement être consulté sur les projets de calendrier scolaire, les plans de formation des personnels et la carte des formations. Il pourra être saisi par le président du gouvernement pour toute autre question relative aux politiques publiques d’éducation. De son côté, l’enseignement agricole conserve son instance spécifique.
Par ailleurs, les élus ont également voté à l’unanimité la création du Conseil calédonien de vie lycéenne, une instance d’apprentissage de la citoyenneté, de la démocratie ou encore du vivre ensemble, à l’échelle du pays.




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