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Le discours de Thierry Lataste au Comité national IFRECOR

Mardi 19 Septembre 2017

DISCOURS DE MONSIEUR LE HAUT-COMMISSAIRE CEREMONIE D’OUVERTURE DU COMITE NATIONAL DE L’IFRECOR - lundi 18 septembre 2017 -



Le discours de Thierry Lataste au Comité national IFRECOR
 Messieurs les députés,
Monsieur le sénateur,
Monsieur le président du gouvernement,
Monsieur le directeur général adjoint de la CPS,
Messieurs les chefs coutumiers,
Mesdames les adjointes aux maires de Nouméa et de Bourail,
Mesdames et Messieurs les membres du comité national de l’IFRECOR Monsieur le représentant du parc marin de la grande barrière australienne Mesdames et Messieurs,
Je veux saluer chacune et chacun qui sont venus d'ailleurs pour prendre part à ce 12e comité national de l’IFRECOR qui se réunit en Nouvelle-Calédonie pour la première fois depuis 2006. Je tiens à remercier la Communauté du Pacifique qui nous accueille aujourd'hui, et à souligner devant vous combien ce lieu, cette case commune du Pacifique, est inspiré pour abriter vos travaux. Il figure toute la richesse de la culture océanienne, son unité, et son sol représente précisément le corail de la Nouvelle-Calédonie.


Saint-Martin, Saint-Barthélémy, devaient être parmi nous. Tous n’ont pu venir. Au moment où ces collectivités viennent d'affronter le terrible ouragan Irma, qui a durement frappé la Caraïbe, je tiens à partager avec vous une pensée pour les victimes. En saluant la mémoire des personnes disparues et en
redisant l’engagement fort de l’Etat à organiser la solidarité nationale en faveur de ces territoires sinistrés, réaffirmé par le Président de la République lors de sa visite sur place la semaine dernière, je veux aussi rappeler que les efforts consentis pour la protection de l’environnement sont également bénéfique pour les hommes et les femmes qui vivent en son sein. Les hommes aussi, en effet, ce drame en témoigne, se trouvent aujourd’hui menacés par la dégradation des équilibres environnementaux et en premier lieu par les conséquences du réchauffement climatique.
Quant à l’effort de protection d'un des éléments les plus fragiles de notre patrimoine naturel lui-même, qui nous réunit aujourd’hui, il est bien sûr conduit au service de nos concitoyens et de l’humanité tout entière.
Président aujourd'hui du comité local de Nouvelle-Calédonie, j'ai eu l'honneur également, voici 17 ans, de le conduire, aux côtés de Simon Loueckhote, et je peux mesurer les progrès accomplis comme les défis qui subsistent. Vos travaux seront un moment important pour l’IFRECOR, dont le comité national scande le cycle de travail. Je veux témoigner qu'ils le sont également pour la Nouvelle-Calédonie, pleinement consciente de l’importance de la préservation de son patrimoine récifal. Ils le seront aussi pour notre pays qui porte depuis
maintenant depuis 18 ans avec détermination par sa diplomatie comme par son action propre cet effort au service de l’impératif global de protection du patrimoine naturel de l’humanité.
Le patrimoine de la France en matière de récifs coralliens est en effet particulièrement riche. Elle possède, avec près de 10% des récifs mondiaux, l’un des plus grands ensembles récifaux de la planète soit 5000 km en tout couvrant 55 000 km2, répartis dans 10 des collectivités françaises d’outre-mer. Au sein de cet ensemble, la Nouvelle-Calédonie occupe une place de choix puisqu’elle abrite le deuxième plus grand ensemble de récifs coralliens au monde après la grande barrière de corail australienne. Cette richesse extraordinaire a d’ailleurs été couronnée en 2008 par l'inscription d'une partie des récifs et lagons de Nouvelle-Calédonie et des écosystème associés au patrimoine mondial de l’UNESCO.
C’est donc confronté à la nécessité de préserver ce magnifique patrimoine qu’en 1999, sur la décision du Premier ministre Lionel Jospin, a été lancée l’Initiative Française pour les Récifs Coralliens (IFRECOR), qui s’inscrit dans le cadre de l’initiative mondiale pour les récifs coralliens , l’ICRI dont la France est l’un des 8 membres fondateurs. J'ai en mémoire, pour y avoir participé, les
débats interministériels qui ont préfiguré cette initiative et contribué à la définir.
Depuis lors, l’IFRECOR, qui a pour objectif de promouvoir la protection et la gestion durable des récifs coralliens et contribuer au développement des transferts de connaissances, de technologies et de savoir-faire en ce domaine, a accompli un travail remarquable, dans la continuité et la durée. Je veux saluer l'engagement des personnalités qui, depuis l'origine, portent avec détermination, conviction, pédagogie et habileté cette action. Merci Pascale Joannot, Calédonienne, Bernard Salvat, Pascal Colin, et tant d'autres.
En retrouvant cette question, j’ai pu personnellement apprécier l’engagement au fil des années de la délégation locale animée jusque là par la DAFE et désormais par le GIP Conservatoire d’espaces naturels. Ont par exemple été mises en œuvre ces dernières années en Nouvelle-Calédonie la mise en place d’un réseau d’observation des récifs coralliens , des actions de sensibilisations scolaires ou l’établissement d’un guide des oiseaux marins.
Ce comité national prend cette année une importance particulière puisque la France assure, au côté de Madagascar, et au lendemain de la COP21 et de
l'Accord de Paris, le secrétariat de l’initiative internationale pour les récifs coralliens pour une période de 2 ans de 2016 à 2018. Cette situation lui confère une responsabilité de premier ordre pour répondre aux exigences internationales en la matière ainsi que l’opportunité de mettre en avant son exemplarité dans ce domaine.
En Nouvelle-Calédonie le « plan quinquennal » d’action local de l’IFRECOR pour la période 2016-2020, ambitieux, illustre d’ailleurs cette exemplarité. Il a notamment permis, dès 2016, de lancer l’établissement d’un panorama de l’état de santé des récifs coralliens, pour lequel l’appel à concurrence est en cours.
Durant ces cinq ans de nombreuses autres actions ont été retenues, portant tant sur la conduite d’études environnementales directes que sur la coopération avec les Etats de la région ou le soutien au rayonnement régional du parc naturel de la mer de corail. Je sais le gouvernement de la Nouvelle- Calédonie et son Président pleinement convaincus et porteurs de cette orientation. L’Etat sera à leurs côtés.
Cet effort coordonné s’accompagnera d’un passage de témoin sur le plan de la gouvernance des activités locales de l’IFRECOR. Un important jalon a été franchi avec le transfert progressif de l’animation et du secrétariat de l’IFRECOR au groupement d’intérêt public « Conservatoire d’espaces naturels de Nouvelle-Calédonie » qui regroupe notamment l’Agence française de la biodiversité, les institutions locales, les organismes scientifiques et la société civile. La transmission à cette structure illustre la démarche partenariale qui est celle de l’IFRECOR, en étroite coordination entre les comités locaux et le comité national.
Je ne peux terminer mon propos sans mettre en avant l'ambition que le législateur a fixée à notre pays dans l'effort de préservation du patrimoine naturel de la Nation et rappeler l’importance pour la protection des récifs coralliens de la récente loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages qui a été promulguée le 8 août 2016.
Pour stopper la perte de biodiversité en outre-mer et préserver son rôle en faveur de l'adaptation des territoires au changement climatique, l'Etat s’est dans cette loi fixé comme objectifs d'élaborer, dans le cadre de l’IFRECOR et sur la base d'un bilan de l'état de santé des récifs coralliens et des écosystèmes associés, un plan d'action contribuant à protéger 75 % des récifs coralliens dans
les outre-mer français. L’Etat se fixe en particulier pour objectif d'interdire, dans les zones sous souveraineté ou juridiction françaises, et là où il est compétent, les opérations de dragage des fonds marins dans lesquels des récifs coralliens sont présents.
A la veille des élections sénatoriales, il m'est interdit de participer à des manifestations publiques, en particulier entouré de personnalités politiques. Je tenais néanmoins à être devant vous ce matin pour vous saluer et souhaiter que le meilleur résulte des travaux de ce comité national 2017. Je vous prie de bien vouloir me permettre maintenant de me retirer en vous encourageant à porter votre ambition non seulement sur le champs de la connaissance scientifique mais aussi et surtout, de la définition des politiques publiques les plus pertinentes pour satisfaire la haute exigence que la France porte à l'international comme pour elle-même.
Merci et bonne semaine à Nouméa et à Déva.

Source Haut-Commissariat



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