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La transition énergétique adoptée au Congrès

Vendredi 24 Juin 2016

La Nouvelle-Calédonie, qui s’est inscrite dans l’Accord de Paris sur le climat, a adopté ce jeudi 23 juin son Schéma pour la transition énergétique (STENC). Une politique aux objectifs forts comme la diminution d’ici quinze ans de 10 à 35 % de nos gaz à effet de serre selon les secteurs d’activité.




Sept mois après avoir été déposé sur le bureau du Congrès, et après avis favorable du Sénat coutumier et du Comité économique, social et environnemental (CESE), le Schéma pour la transition énergétique vient d’être adopté à l’unanimité par les élus.

La Nouvelle-Calédonie importe 97,8 % de son énergie, tandis que sa production électrique n’est couverte qu’à 11 % par les énergies renouvelables. Le STENC a pour ambition de renverser cette tendance d’ici à 2030. Cet outil-cadre est articulé autour de trois grands volets : un vaste programme d’économie d’énergie, le développement des énergies renouvelables afin d’améliorer l’autonomie énergétique de la Nouvelle-Calédonie et, enfin, une réduction significative de nos gaz à effet de serre.

Une agence de l'énergie

Cette feuille de route est indispensable pour mettre en œuvre et coordonner les actions de l’ensemble des acteurs concernés par la transition énergétique. Très attendue par les professionnels de la filière des énergies renouvelables – celles-ci permettent la création d'au moins 400 emplois stables –, une programmation pluriannuelle des investissements va rapidement découler du schéma, donnant une visibilité à leur activité pour les quinze prochaines années. Autre outil de coordination essentiel, une agence calédonienne de l’énergie dont le rôle sera d’accompagner les collectivités et les acteurs professionnels dans la mise en œuvre de leurs actions, de financer des programmes de maîtrise de la consommation énergétique et des aides à l’équipement, ou encore d’être un levier pour l’innovation à travers le financement d’études sur des secteurs d’avenir.

Changer nos habitudes

Depuis qu’il a entériné le Schéma pour la transition énergétique en octobre 2015, le gouvernement a mis ce temps à profit pour d’ores et déjà prendre des mesures, notamment les tarifs d’achat de l’électricité photovoltaïque produite par les particuliers, les professionnels et les collectivités, et la modernisation de la réglementation pour dynamiser le secteur de l’hydroélectricité. Ceci afin de préparer la Nouvelle-Calédonie à relever les défis de la transition énergétique. « Quinze ans, c’est le temps fixé à ce schéma pour changer nos réflexes et nos habitudes », a souligné Philippe Dunoyer, en charge de l’énergie au gouvernement, en présentant le texte aux élus du Congrès, tout en évoquant la perspective de faire de la Nouvelle-Calédonie un « éco-territoire ».

« Ce schéma doit être un modèle qui nous tire tous vers le haut, a-t-il conclu, c'est-à-dire vers un nouveau modèle énergétique moins dépendant des combustibles fossiles et des importations, qui exploite au mieux les atouts extraordinaires de notre île et nous pousse vers la sobriété énergétique ».

Les objectifs à atteindre d’ici quinze ans

- Réduire de 20 % notre consommation énergétique primaire (avec secteur de la mine et métallurgie) et de 25 % la consommation finale (hors secteur de la mine et métallurgie)
- Doubler la part du renouvelable pour atteindre une production équivalente à 100 % de la consommation électrique de la distribution publique sur la Grande Terre et l’autonomie électrique des Îles Loyauté (100 % de l’énergie électrique produite)

- Réduire les émissions de gaz à effet de serre (de 35 % dans les secteurs résidentiel et tertiaire, 15 % dans le secteur des transports et 10 % dans le secteur de la mine et de la métallurgie).




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