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L'État conforte la Calédonie sur la scène régionale

Lundi 20 Mars 2017

La première réunion entre le réseau diplomatique français pour l’Océanie et le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie était organisée au Creipac les 16 et 17 mars, à l'invitation du haut-commissaire Thierry Lataste et du président Philippe Germain. L'objectif de ces échanges était de définir une véritable « politique partagée » entre l’État et la Nouvelle-Calédonie en matière d’intégration régionale. Objectif plus qu'atteint, tant les deux délégations ont semblé en phase durant ces journées.







Les échanges ont porté sur la politique d’intégration régionale des collectivités françaises, l'intégration économique et commerciale de la Nouvelle-Calédonie dans la zone Pacifique et les moyens que l’État peut mobiliser en ce sens, la gestion durable des océans ou encore l'élaboration d’une stratégie concertée entre les actions menées par l’État et l’Union européenne en faveur de la Nouvelle-Calédonie.

« Cette réunion, qui était une première, aura été constructive et très enrichissante, au-delà de mes espérances, s'est félicité Philippe Germain, qui conduisait la délégation calédonienne composée du vice-président de la province Nord, Victor Tutugoro et de Bernard Deladrière, membre du gouvernement en charge notamment de la francophonie. Merci à l'État d'avoir accepté de l'organiser. L'ensemble du corps diplomatique français de la région a joué le jeu, on a pu constater tout au long de ces deux jours qu'il était vraiment en phase avec nous et qu'on bénéficiait d'un véritable soutien, y compris au niveau central de l'État ».

Une visioconférence mensuelle

Les deux délégations sont en effet tombées d'accord sur la nécessité de mieux structurer leur coordination dans l’exercice de la compétence partagée en matière de relations extérieures. Elles se sont par exemple engagées à instaurer un dialogue opérationnel efficace, au travers notamment d’une visioconférence mensuelle entre gouvernement, administration centrale de l’État et haut-commissariat.

« La Nouvelle-Calédonie crée la dynamique, exprime ses besoins, et nous l'accompagnons en lui apportant notre soutien autant que nécessaire, précise Christian Lechervy, Secrétaire permanent pour le Pacifique. Des interrogations ont été exprimées dans certains domaines, et nous avons pu préciser les modalités dont nous avions parlé ensemble il y a quelques semaines ».

Renégociation des accords avec l'UE

Les principales interrogations concernaient la coordination des moyens entre Nouvelle-Calédonie, État et Union européenne, premier bailleur de fonds international de la région. D'autant que la Grande-Bretagne, qui compte elle aussi plusieurs territoires ultramarins, se retire de l'Europe, que la position d'autres partenaires comme les Pays-Bas semble évoluer, au moment où l'UE s'apprête à redéfinir ses relations avec le groupe Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP)*. Une période charnière, surtout que Philippe Germain, dont le gouvernement s'est mis « en ordre de marche en vue de la renégociation des accords avec l'UE pour être prêt en 2020 », souhaite que la Commission européenne redonne aux PTOM (Pays et territoires d’Outre-mer) un statut de tête de pont des politiques régionales européennes.

Sur ce point, les deux délégations ont confirmé qu'elles continueraient à travailler en étroite concertation pour améliorer la visibilité de l'UE et des PTOM en Océanie, favoriser l’intégration régionale des PTOM et maintenir leurs financements après 2020.

Rendez-vous à Apia en septembre

En matière de coopération bilatérale, l'État accompagnera le gouvernement calédonien dans la mise en œuvre des plans et cadres conjoints signés avec la Nouvelle-Zélande en septembre 2016 et le Vanuatu en mars 2017, et dans l'élaboration d'autres accords similaires, dont celui en préparation avec l'Australie. Et, sur le plan multilatéral, il aidera la Nouvelle-Calédonie à formaliser son adhésion au Forum des Îles du Pacifique tout en préparant le plus en amont possible les réunions politiques et techniques visant des compétences de l'État auxquelles participera la Nouvelle-Calédonie. Le prochain sommet du FIP se tiendra à Apia, aux Samoa, début septembre. Tout comme la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie y assistera pour la première fois comme membre de plein droit.

En attendant, Philippe Germain et son équipe du Service de la coopération régionale et des relations extérieures (SCRRE) peaufinent les prochaines missions diplomatiques dans la région : aux Salomon début avril, à Fidji en juin et en Papouasie-Nouvelle-Guinée au quatrième trimestre 2017. Tout en œuvrant à la candidature calédonienne au statut de membre associé de l’Unesco. Une candidature sur laquelle la conférence générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture pourrait statuer en octobre prochain. D'ici là, le réseau diplomatique en place dans les États de la région a promis de mener un travail d’information efficace.

* La Nouvelle-Calédonie a un statut de PTOM associé à l'UE, mais est également membre de l'espace océanien avec les pays “P-ACP”

Thierry Lataste, haut-commissaire

« Cette réunion a été l'occasion de faire ensemble un point de situation, de bien s'articuler sur l'action du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie en faveur de son insertion régionale et de son développement économique à l'international, et de partager de façon fluide et pertinente, dans le bon calendrier, une information à disposition de nos postes diplomatiques. Les ambassadeurs ont également pu rencontrer les forces politiques qui participent au comité des signataires et à l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. »

Jules Irrmann, chef de la mission Océanie au ministère des Affaires étrangères et du développement international

« Depuis vingt ans, l'insertion de nos territoires au sein de leur environnement est une priorité de la diplomatie française dans la région. Nous sommes heureux de voir que le président Germain est un interlocuteur très à l'écoute et engagé. L'ordre du jour de cette réunion était très dense. Beaucoup d'actions sont déjà initiées, on sent une réelle volonté de la Nouvelle-Calédonie de rayonner encore davantage dans la zone. Elle peut compter sur notre soutien, notamment par la mise à disposition de notre réseau de contacts, l'organisation de rendez-vous, etc. »


Christian Lechervy, ambassadeur de France auprès de la Communauté du Pacifique (CPS), Secrétaire permanent pour le Pacifique

« Nous travaillons ensemble de manière très intense, à l'occasion des déplacements du président du gouvernement à l'étranger, également dans les organisations internationales, au sein de la CPS, auprès du Programme régional océanien de l'environnement… Notre agenda est d'autant plus chargé que nous sommes confrontés à des défis communs dans la mise en œuvre de l'Accord de Paris sur l'environnement et à des préoccupations communes dans les enceintes multilatérales. Ce travail très concret concourt à la valorisation des compétences et des savoir-faire de la Nouvelle-Calédonie au profit de la région, en matière économique, culturelle, scientifique. Nous avons aussi des échéances ritualisées, comme, tous les deux ans, la conférence ministérielle de la CPS (la prochaine, présidée par la Nouvelle-Calédonie, aura lieu le 27 juillet prochain, à l'occasion du 70e anniversaire de l'organisation internationale), la participation, chaque année, au Forum des Îles du Pacifique ou à des conférences multilatérales (comme la Conférence des océans des Nations Unies prévue à New York début juin). Donc, à l'arrivée, de très nombreuses échéances à préparer ensemble, à court, moyen et long terme. Pour les ambassadeurs présents aujourd'hui, il était utile de comprendre les évolutions auxquelles se prépare la Nouvelle-Calédonie, institutionnelles et autres. Deux exemples, le cluster maritime qui exprime des besoins qui n'existaient probablement pas il y a quelques années, et le dispositif de soutien à l'export dont la structure a changé. »


Florence Jeanblanc-Risler, ambassadeur de France en Nouvelle-Zélande

« Notre ambassade à Wellington est la première à avoir accueilli, depuis 2012, un délégué pour la Nouvelle-Calédonie. Dans le cadre de l'extension de ce dispositif à d'autres pays de la région, le partage d'expériences a été extrêmement riche. Il a montré l'utilité de travailler de concert à la fois à la promotion de la Nouvelle-Calédonie dans son environnement régional et à la possibilité d'attirer, d'accompagner et de soutenir les entreprises des principaux pays de la région souhaitant investir en Nouvelle-Calédonie. »


Michel Djokovic, ambassadeur de France à Fidji

« Le déploiement des délégués est attendu depuis longtemps, nous l'appelons de nos vœux. Il nous donnera une liaison directe qui manque aujourd'hui. À Suva, je sens un déficit d'information dans mon pays de résidence à l'égard de la Nouvelle-Calédonie, ses évolutions, ses enjeux. Mais au-delà de l'échéance de 2018, il y a les relations humaines, économiques, commerciales, politiques. En matière d'économie bleue, le travail effectué par le cluster maritime sur les océans, cette mobilisation afin d'assurer une certaine cohérence au niveau de la gestion, nous seront très utiles pour aller de l'avant et informer les autorités locales et les entreprises. Il existe ici une vraie expertise que nous souhaitons valoriser. »


Christina Angelidis, conseillère politique à l’ambassade de France en Australie

« Nous entretenons aujourd'hui une relation bilatérale excellente avec la Nouvelle-Calédonie, le contexte est très favorable. La visite, il y a quelques mois, du président Germain et du haut-commissaire avait permis de confirmer que l'intégration régionale des territoires français dans le Pacifique était une priorité partagée. L'ambassade de France en Australie continuera de se rendre totalement disponible pour faciliter les relations entre le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et Canberra. »

 

Source gouvernement



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