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IEOM : Sortie du Rapport Annuel de l’économie calédonienne

Vendredi 23 Juin 2017

Ce document de référence présente de manière détaillée la conjoncture économique et financière de la Nouvelle-Calédonie en 2016, au travers de données chiffrées et d’analyses sectorielles.
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Avant propos du rapport 2016

IEOM : Sortie du Rapport Annuel de l’économie calédonienne
"L’économie calédonienne a fait l’objet au premier semestre 2016 de signes d’inquiétudes manifestes. Le secteur du Nickel, officiellement déclaré en crise le 16 février, a suscité les plus grandes craintes quant à la pérennité des activités métallurgiques. Sous le triple effet d’un appui important de l’État, d’une consolidation des cours et d’un effort
important sur les coûts, les majors du secteur ont cependant toutes renouvelé leurs engagements sur le territoire en cours d’année.
Paradoxalement, cette année 2016 est également celle d’un double record historique du territoire en matière de production de Nickel métal mais aussi de minerai, permettant ainsi à la Nouvelle Calédonie d’enregistrer une performance à l’exportation satisfaisante en dépit de la faiblesse des cours.
2016 apparaît ainsi comme une année de contrastes : les ménages ont confirmé une forte propension à investir dans l’acquisition de logements, en même temps qu’ils témoignaient d’un attentisme marqué en matière de consommation ; la solidité financière des entreprises s’est maintenue en dépit de la forte préoccupation de maîtrise des coûts des donneurs d’ordre ; enfin, les collectivités ont pu maintenir un bon niveau d’investissements publics malgré la contrainte croissante qui pèse sur les recettes.
Dans ce contexte incertain, le secteur bancaire a continué à développer son action de financement de l’économie et a pu poursuivre ses efforts de convergence tarifaire avec la métropole. Ainsi l’épargne détenue auprès du système bancaire calédonien a progressé de 2,2 % et le crédit distribué de 5,3 % (3,8 % si on se limite aux banques de la place).
Les fragilités économiques n’ont pas empêché l’année 2016 d’être également une année de réforme, avec en particulier le vote de la Taxe Générale sur la Consommation qui modifie en profondeur la fiscalité indirecte du territoire. Des lois portant sur la compétitivité et sur l’impôt sur le revenu des ménages ont complété cette réforme fiscale d’importance.
Face aux incertitudes du secteur Nickel, la Nouvelle-Calédonie doit impérativement rechercher de nouveaux relais de croissance tout en veillant à renforcer une plus grande cohésion sociale. Plusieurs évènements de l’année 2016, vont dans ce sens, tels que l’adoption du schéma de transition énergétique, le lancement du Cluster Avenir Export ou encore les Etats généraux de la mer.
Dans cette même volonté de préparer le futur du territoire, le Conseil de surveillance de l’IEOM a décidé de rénover la politique monétaire de la zone franc Pacifique. Ainsi, les banques calédoniennes disposeront prochainement d’instruments de refinancement modernisés et mieux adaptés aux besoins de l’économie."

Jean-David Naudet

ra2016_nouvelle_caledonie.pdf ra2016_nouvelle-caledonie.pdf  (3.02 Mo)


Synthèse : ​L’économie calédonienne en 2016 : une année de contraste


L’année 2016 marque un record historique en termes de production pour la filière nickel, qui a contribué à la nette amélioration du taux de couverture des importations par les exportations (+7 points, à 53 %). Pour autant, la faiblesse durable des cours en fait également une nouvelle année de pertes importantes pour la filière, après 2015.

Cette conjoncture du nickel constitue la première cause de l’inflexion du climat des affaires enregistrée au premier trimestre 2016. La confiance des entrepreneurs était tombée à un plus bas historique, en raison des craintes sur la pérennité d’activité des industries métallurgiques. À partir du milieu de l’année, alors que chaque métallurgiste confirmait tour à tour son engagement, le climat des affaires remontait progressivement.

Le secteur public territorial et national a cependant joué un rôle d’amortisseur des fortes variations de la confiance des opérateurs économiques, en continuant à embaucher et à mobiliser des ressources d’investissement significatives via un recours accru à l’emprunt (+27 % en encours), les recettes fiscales s’étant stabilisées. L’investissement s’est par ailleurs maintenu, soutenu par les acquisitions immobilières.

L’inflation est restée contenue en 2016, l’indice des prix progressant de 0,6 % en moyenne annuelle, comme en 2015. La baisse des prix de l’énergie a permis de modérer la progression de l’indice global. Les prix à la consommation des produits alimentaires ont progressé de 1,7 % en moyenne annuelle, et ceux du tabac de 21,5 %.

Dans ce contexte, et peut-être également en lien avec les différentes échéances institutionnelles, les ménages semblent avoir été plus enclins à l’épargne qu’à la
consommation, qui a marqué le pas en 2016, comme en témoigne le pessimisme marqué des commerçants. La progression de 8,5 % des importations de biens durables n’a pas permis de compenser la baisse de 4,6 % des biens de consommation non durables. Les importations de produits alimentaires diminuent de 4,0 %, pour partie en raison d’effets prix.

Les tensions se sont intensifiées sur le marché de l’emploi, avec un écart toujours croissant entre le nombre de demandeurs d’emploi en fin de mois (+9,7 % en moyenne annuelle) et les nouvelles offres d’emploi déposées (-13,5 %). Le nombre d’emplois salariés diminue (-0,4 % en moyenne annuelle), la destruction nette d’environ 680 emplois privés, notamment dans les secteurs de l’industrie, du commerce et de la construction, étant pour partie compensée par la création nette de 330 emplois salariés dans le secteur public.

Les échanges commerciaux avec l’extérieur se sont contractés en 2016, notamment au cours du premier semestre. Les importations ont enregistré une baisse notable de 10,2 % (-30 milliards de F CFP), en lien notamment avec des cours des matières premières toujours bas. Parallèlement, les exportations ont progressé de 3,5 % (+5 milliards de F CFP), reflétant le fort dynamisme de la filière nickel, malgré la persistance de cours particulièrement déprimés.

Les différents secteurs témoignent d’évolutions hétérogènes
La production du secteur primaire recule globalement en 2016 : les abattages de bovins diminuent, les cheptels ayant été réduits suite à la sécheresse qui a sévi en 2014 et 2015. Les abattages porcins reprennent progressivement, de même que la production de crevettes, qui repart à la hausse après le fort recul observé en 2015. La pêche palangrière, destinée surtout au marché local, est orientée à la baisse, et les volumes exportés diminuent.
Depuis mi-2015, les stocks mondiaux de nickel sont enfin orientés à la baisse (-14,1 % sur un an). En conséquence, les cours sont progressivement remontés, après un creux historique au premier trimestre. Ils restent faibles cependant, et ont conduit les opérateurs à engager d’importants efforts de compétitivité, qui se sont traduits par une baisse de 3,7 % de l’emploi dans le secteur nickel en 2016. L’extraction de minerai de nickel a progressé de 8,0 % en volume, destiné aux usines locales (62,2 %), et aux exportations (37,8 %). Ces dernières augmentent de 5,3 % en volume, mais reculent de 14,9 % en valeur. Portée par la poursuite de la montée en charge des nouvelles usines, la production métallurgique a continué à progresser de manière soutenue (+14,4 % en tonnes de nickel contenu, après +13,6 % en 2015). Parallèlement, la production de carbonate de cobalt a accéléré (+61,4 %), et devient significative. En valeur, les exportations métallurgiques ont ainsi progressé de 4,4 %.

Les entrepreneurs du secteur du BTP consultés par l’IEOM ont fait état d’un volume d’activité moins bien orienté en 2016, qui s’est accompagné d’une baisse de leurs effectifs et de leurs prix. Cette tendance globale masque des évolutions contrastées en cours d’année : après de sérieuses difficultés au cours du premier semestre, la situation s’est améliorée, avec de meilleures appréciations des entrepreneurs du secteur concernant leurs intentions d’investir, leur trésorerie, le niveau des prix et l’évolution des effectifs. Le segment de la construction privée a bénéficié notamment d’une demande toujours soutenue, portée pour partie par la progression régulière des crédits à l’habitat, et les appels d’offres sont repartis à la hausse.

Les secteurs du commerce et de l’industrie ont souffert de l’atonie de la consommation. Les professionnels du tourisme ont en revanche décrit une année globalement favorable, la fréquentation touristique et le nombre de croisiéristes atteignant de nouveaux records.

L’activité financière reste bien orientée



L’activité bancaire enfin a bénéficié d’une épargne en hausse et d’un crédit immobilier dynamique, dans un contexte de risques maitrisés.
L’encours des actifs financiers détenus par les agents économiques calédoniens a progressé de 2,2 % au cours de l’année 2016, pour un encours total de 783 milliards de F CFP. La collecte nette d’épargne s’établit à 17 milliards de F CFP sur l’année, majoritairement au profit des placements locaux. L’encours des placements hors zone d’émission (contrats d’assurance-vie essentiellement, mais aussi livrets A) progresse plus légèrement (+1,4 %), à 152 milliards de F CFP (soit 20 % de l’encours de l’épargne collectée localement). Les dépôts collectés localement ne couvrent structurellement pas les octrois de crédits, et le solde emplois- ressources clientèle s’est à nouveau dégradé.

L’encours brut total des crédits consentis à l’économie calédonienne dépasse, depuis fin 2014, le seuil de 1 000 milliards de F CFP. Il a progressé de 5,2 % en 2016, comme en 2015. Les établissements de crédit locaux y ont contribué à hauteur de 67,1 %. L’encours sain total des crédits aux entreprises a ralenti sa progression (+0,9 %, après +3,2 % l’année précédente), tandis que celle des crédits aux ménages s’est maintenue (+4,6 %, après +4,9 %), la demande de crédits à l’habitat étant toujours soutenue par le dispositif de défiscalisation du logement intermédiaire mis en place localement, et par le bas niveau des taux d’intérêts. Le financement des collectivités locales a été particulièrement dynamique (+26,6 %), dans la continuité de la tendance observée les années précédentes. Ainsi, en trois ans, l’encours des crédits aux collectivités a doublé, ces dernières recourant désormais davantage à l’emprunt pour financer leurs investissements, dans un contexte de stabilisation des recettes fiscales.

La qualité du portefeuille des établissements de crédit locaux, qui s’était dégradée en 2015 suite à une hausse sensible de l’encours des créances douteuses brutes (+7,3 % sur un an), s’est stabilisée en 2016 (+0,6 %). Cette progression, moins rapide que celle de l’encours brut total, a permis une légère diminution du taux des créances douteuses, qui s’établit à 2,8 % fin décembre 2016 (et à 3,1 % pour les établissements locaux).

Le produit net bancaire (PNB) consolidé des quatre banques implantées en Nouvelle- Calédonie se stabilise (+0,2 %, après +2,2 % en 2015), la baisse des commissions (-3,7 %, sous l’effet pour partie de la baisse des tarifs bancaires) venant compenser la hausse des intérêts nets (+2,7 %). Le coefficient d’exploitation des banques calédoniennes se dégrade légèrement, mais reste, à 50,3 %, globalement meilleur qu’au niveau métropolitain. Le coût du risque double quasiment, suite à l’enregistrement en pertes de créances irrécouvrables et à des dotations importantes pour risque et charges. De ce fait, le résultat net consolidé des quatre banques locales s’établit 7,7 milliards de F CFP, en baisse de 12,8 % par rapport à 2015.

Les perspectives
L’inquiétude des acteurs économiques a fortement pesé sur la conjoncture en 2016, sous l’effet des évolutions du marché mondial du nickel.
Le volume record de nickel produit, le maintien de la dépense publique, les bonnes performances de l’immobilier dopées par le crédit ont cependant permis de minimiser l’effet de cette poussée d’inquiétude sur la croissance. L’économie s’est trouvée d’ailleurs mieux orientée à partir de la mi-année. Le retour progressif d’un climat des affaires moins défavorable annonce ainsi un meilleur départ pour l’année 2017, si toutefois les attitudes attentistes, notamment face aux échéances institutionnelles, ne l’emportent pas. Les évolutions récentes des cours du nickel, à nouveau orientés à la baisse, risquent par ailleurs de ternir l’amélioration attendue.

Source IEOM



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