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Hommage aux donneurs d’organes

Lundi 26 Juin 2017

À l’occasion de la 17e journée nationale de réflexion sur le don d’organes et de reconnaissance aux donneurs, un lieu de mémoire a été inauguré au Médipôle. Composé d’une sculpture et d’une stèle, cet espace rend hommage aux donneurs d’organes et à leurs familles.





« Dons d’organe, vous avez dit oui. Merci ». C’est le message que l’on peut lire sur la stèle dévoilée jeudi 22 juin, lors de l’inauguration du lieu de mémoire du CHT Gaston-Bourret. Un espace créé à l’initiative de la coordination hospitalière de prélèvement et de greffe de l’hôpital « afin d’inscrire au cœur du Médipôle, la reconnaissance des receveurs  pour les donneurs et leurs familles », indique Véronique Biche, infirmière de cette cellule. Situé dans le Jardin des traversées de l’établissement, le site arbore également une sculpture de Loïc Castellucio représentant le don, la mort et la continuité de la vie.

« Nous ne pouvons pas remercier ces personnes de vive voix. Au mieux, nous pouvons envoyer une lettre à l’Agence de la biomédecine… C’est pourquoi cet espace est très important pour nous qui devons nos vies à nos donneurs », témoigne, très émue, Christine Rakotoarivelo, greffée d’un rein et présidente de l’association des insuffisants rénaux et transplantés de Nouvelle-Calédonie (AIRTNC).

24 donneurs décédés et 47 donneurs vivants pour 71 greffes

À l’instar des 71 patients calédoniens greffés du rein depuis 2013, Christine, qui souffre d’une maladie auto-immune depuis son enfance, a retrouvé goût à la vie après avoir reçu un rein en 2005. « Personne dans mon entourage n’était compatible et, à cette époque, la liste d’attente calédonienne n’existait pas. J’ai donc patienté très longtemps en Métropole avant d’obtenir un greffon. » Un délai lié essentiellement aux nombreux obstacles à franchir.

« En l’absence d’un donneur vivant compatible, les patients sont d’abord inscrits sur une liste d’attente, explique Véronique Biche. Jusqu’en 2013, l’attente, le prélèvement et la greffe se passaient en Métropole. Depuis trois ans, les deux premières étapes peuvent être réalisées localement. » Mais sous certaines conditions : « Les greffons sont prélevés après confirmation de la volonté du défunt et uniquement sur des patients en état de mort cérébrale. » Soit 1 % des décès hospitaliers, ce qui en fait un évènement rare. Vient ensuite l’analyse des greffons pour s’assurer de leur qualité (des contre-indications médicales peuvent apparaître), l’identification des receveurs compatibles et enfin la greffe, réalisée à Sydney dans un délai maximum de 15 heures après le prélèvement.

« Parler du don, ce n’est pas parler de la mort, c’est parler de la vie… »

Les conditions du décès, la bonne santé du greffon, la compatibilité donneur-receveur et surtout, l’opposition de la famille (68 % de refus en 2016, contre 32,5 % en Métropole) sont les principales difficultés qui grippent la chaine du don en Nouvelle-Calédonie. « Pourtant, parler du don, ce n’est pas parler de la mort, c’est parler de la vie… », souligne Christine.

« C'est pourquoi il est indispensable de poursuivre les actions de sensibilisation et d'information afin de lever les appréhensions des donneurs ou de leurs proches, a déclaré Valentine Eurisouké, membre du gouvernement en charge notamment de la santé, lors de l’inauguration de la stèle. D’autant que la Nouvelle-Calédonie est très concernée par ce sujet, puisque sa population est particulièrement touchée par l’insuffisance rénale, dont le meilleur traitement est précisément la greffe de rein. » À ce jour, près de 600 patients calédoniens atteints d’insuffisance rénale sont traités par dialyse. Une cinquantaine d’entre eux sont en attente d’une greffe de rein.

Pour ou contre, dites-le !

L'opposition au don, très élevée en Nouvelle-Calédonie, s'explique par le manque d'information du public, la méconnaissance de la volonté du défunt, la difficulté pour la famille de décider à la place du défunt, le souhait de conserver l’intégrité du corps, mais aussi par des appréhensions culturelles. « Dans la culture océanienne, notamment Kanak, l’identité de la personne est duelle, souligne Claude Gambey, chef du projet Do Kamo au gouvernement. Si le nom de la personne appartient à son clan, le corps et le souffle de vie sont, quant à eux, la propriété de la mère et de sa famille. ». Il importe donc de respecter certains préalables, auprès de la famille de la maman, pour que ce don de vie soit accepté et partagé.

Faire connaître à vos proches votre position sur le don d’organes est donc le meilleur moyen de vous assurer que votre choix sera respecté et d’épargner votre entourage de cette prise de décision d’autant plus difficile dans un contexte de fin de vie.

Si vous êtes favorable au don de vos organes après votre décès, dites-le à vos proches. Si vous n’êtes pas favorable au don de vos organes après votre décès, dites-le à vos proches et inscrivez-vous sur le Registre national des refus.  

Source gouvernement



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